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partielle de lazote: 3 kgs. 200 à 4 kgs.). Ces signes consistent en euphorie avec sensation d'assurance, de stimulation, de bien-être, tendance à rire et à parler. Le danger de cette euphorie réside dans le fait qu’elle risque d’entrainer, chez le plongeur non prévenu une activité motrice exagérée, amenant rapidement l’essoufflement et ses conséquences désastreuses, ou qu’elle incite le plongeur à s’enfoncer davantage. Alors survient la seconde phase de cette intoxication : l’incoordination psycho-motrice. Le plongeur se sent devenir de plus en plus étrange, lassociation et la fixation de ses idées sont difficiles; incapable d’un effort intellectuel, il ne peut juger objectivement sa situation; des hallucinations peuvent survenir et entraîner des actes irraisonnés risquant de causer la mort ([14] on a vu un scaphandrier à casque essayer d’ouvrir son hublot par grands fonds pour tenter de s'échapper de son scaphandre). La coordination motrice devient déficiente : les gestes lents, paresseux et incontrôlables du plongeur l’empêchent de mener un travail efficicient. Puis, à mesure que l’intoxication progresse, soit que le plongeur ne remonte pas, soit qu’il s'enfonce davantage, survient une somnolence de plus en plus forte, béate ou angoissée, qui aboutit finalement à une narcose complète.
La profondeur à laquelle débute cette intoxication varie d’un sujet à l’autre, selon leur intelligence et leur stabilité émotionnelle. La plupart des plongeurs commence à la ressentir à partir de 40 mètres; mais, conscients des dangers que cette intoxication peut provoquer, ils ne se laissent pas dominer par l’euphorie du début. [19] Après 60 mètres, l’incoordination mentale et motrice qui succède à la phase d’euphorie rend les plongées du ressort des spécialistes. Leur stabilité émotionnelle et la parfaite conscience des effets de l’intoxication par l’azote leur font résister à cette ivresse. Pratiquement, 90 mètres représentent la profondeur extrême qui puisse être atteinte par un scaphandrier autonome respirant de l'air pur. Au-delà,
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il est indispensable d'utiliser des mélanges respiratoires ne contenant pas d’azote. (L'accident survenu à un spécialiste de la Marine Nationale, qui tentait d'effectuer une plongée à 120 mètres en respirant de l'air pur, semble imputable à l'ivresse des grands fonds, associée à une asphyxie par le CO?)
L'étude en caisson de la toxicité de l’azote révèle que l’intoxication commence déjà pour une pression de 4kgs. d'air chez les sujets les moins résistants, et qu’elle va augmentant à mesure que le temps s'écoule ou que la pression augmente. [14] Cette narcose disparaît instantanément et sans séquelles quand la pression s’abaisse.
Les examens mentaux montrent ‘un ralentissement des grandes fonctions cérébrales : lenteur à effectuer des tests; fautes et oublis allant croissant à mesure que la pression monte; [36] les sujets intelligents défaillant moins vite que les autres. Les réactions affectives provoquées par l’intoxication par l’azote se rapprochent de celles que provoque l'ivresse alcoolique : euphorie puis béatitude ou angoisse. Les temps de réactions psycho-motrices s’allongent : lenteur de la réponse aux excitants visuels et sensiüifs. Le contrôle neuro-musculaire fin est déficient, ainsi que le montrent les tests de copies et de reproduction de figures complexes. Les mouvements deviennent lents, paresseux et de moins en moins Contrôlables.
Mécanisme de l’intoxication par l'azote :
On rapporte cette narcose à la tension augmentée de l'azote. [25] En effet, si on remplace cé gaz par un autre gaz inerte, comme l’hélium ou l'hydrogène, l’intoxication nette n'apparaît pas après 60 mètres, mais à 180 mètres il se produit une narcose brutale (avec l’hélium). :
L’azote ayant une très grandé sélubilité dans les lipoides
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nerveux doit jouer un rôle anesthésiant comparable à celui de l'alcool ou de l’éther, qui se fixent également sur les centres nerveux. Les modifications de la cinétique de la ventilation pulmonaire dûes à l’augmentation de la densité de l'air, etc…., jouent aussi un rôle en brassant insuffisamment l’air alvéolaire et en éliminant incomplètement le CO?2. [14] Le gaz carbonique ajoute son effet à l’action propre de l'azote : les centres nerveux anesthésiés réagissent moins facilement à l’hypercapnie. Ainsi, à l’intoxication dûe uniquement à l’azote s’ajouterait celle dûe au CO?; de même que dans l’intoxication par l’O2 s’ajoutait l'intoxication par le CO?.
L’oxygène sous pression (1 kg. 400 de tension à 60 mètres de profondeur) n’a pas encore grand effet sur l’organisme; de plus, ses signes d’intoxication sont différents de céux de l'azote : l'oxygène est convülsivant, l'azote est narcotique.
L’azote semble donc responsable de cette ivresse, et cela davantage par sa densité que par sa nature chimique propre.
En effet, l’hélium et l’hydrogène, gaz inactifs dans la respiration, comme l'azote, ont une densité moindre et reculent le seuil de la narcose. Au contraire, le krypton, dont la densité est élevée, rapproche ce seuil : un mélange de 20 % d’02 et de 80 % de krypton respiré à la pression atmosphérique, fait apparaître des signes pré-anesthésiques.
L'analyse de la toxicité de l’azote montre qu’il est possible pour tous de descendre jusqu’à 40 mètres sans ressentir les effets de l’intoxication par l’azote. De 40 à 60 mètres, il conviendra de se méfier de l’euphorie pouvant amener une activité motrice exagérée de l’essoufflement brutal. Au delà de 60 mètres, la plongée est du ressort du spécialiste.