V. - SURPRESSION PULMONAIRE
Cet accident se produit quand un plongeur inexpérimenté remonte en retenant sa respiration. Comme la pression. ambiante diminue, l’air contenu dans les poumons se trouve en surpression. Quand la pression différentielle entre les poumons et l’eau atteint 0,450 kg. (35 mm. de mercure), l'expansion de l'air intrathoracique rompt les alvéoles. [13] Il y a pénétration gazeuse dans le système vasculaire, le médiastin, le péritoine (à travers l'orifice diaphragmatique de l’œsophage). Il y a une sorte d’analogie entre cette embolie gazeuse, provoquée par la surpression pulmonaire, et celle causée par une décompression rapide. Mais dans le deuxième cas, le gaz naît sur place, alors que dans le premier, il provient des alvéoles. Le tableau est le suivant : le plongeur sort de l’eau, cyanosé, saignant abondamment du nez et de la bouche, et
LE
tombe en collapsus. On peut hésiter sur la cause de cet accident, si l’on ignore que la plongée n’a pas été profonde, ou qu’elle n’a pas duré longtemps : est-ce un accident de décompression ou un accident de surpression pulmonaire ?
[8] Behnke rapporte l'accident suivant : un sujet quitte une cloche à plongeur à 5 mètres de profondeur; il remonte d’un trait à la surface sans expirer pour équilibrer la pression intra-thoracique avec la pression ambiante. À la surface, l’air dans ces poumons était en surpression de 0 kg. 500 par cm?. Ce plongeur mourut aussitôt. L’autopsie montra des hémorragies dans les poumons.et dans tous les autres viscères; les alvéoles, pulmonaires étaient éclatées et il y avait des bulles gazeuses dans tout le système circulatoire, le médiastin et la cavité péritonéale.
Mécanisme :
Expérimentalement, quand on élève la pression intrathoracique, on provoque une chute de la T.A., une élévation de la tension veineuse; le cœur droit reçoit moins de sang que normalement. Si cette élévation de pression est faible, le sujet en est quitte pour un vertige, une perte passagère de conscience. Si l’élévation de pression est forte, l’air surdistend les ‘alvéoles, les déchire et passe dans le sang en provoquant des embolies gazeuses [31].
Traitement :
La prophylaxie de cet accident tient à l’importance que le plongeur doit attacher à sa respiration : ne pas se retenir de respirer, remonter assez lentement en expirant souvent. Le traitement de l’accident constitué est le même que celui des accidents de décompression : la recompres-
On /ONES
sion. Bien que le gaz se trouvant dans la circulation provienne de la surdistension pulmonaire et non de son dégagement du sang et des liquides organiques, la compression peut arriver à faire dissoudre les bulles. En même temps que l’on comprimera, on fera des toni-cardiaques et l’on donnera de l'oxygène [13].