‹ Considérations sur la prophylaxie des brucellosesChapitre 2 sur 10 · LÉ TER · texte numérisé non relu

LÉ TER

Ces trois espèces se confondent les unes avec les autres. Seule leur origine animale permet de les différencier.

ETIOLOGIE & EPIDÉMIOLOGIE

Le pouvoir pathogène de ce bacille semblait, il y a une trentaine d'années seulement, devoir se localiser dans les pays du proche Orient.

C’est, en effet, en 1908 seulement, que sont publiées par DaxLos et Tanox les premières observations de fièvre de Malte en France.

C’est en 1911 CANTALOUBE qui relate l'épidémie actuellement classique de Saint-Martial survenue en 1909 dans le Gard, et où, 106 personnes, sur une population de 693 habitants, furent gravement atteintes à la suite d’ingestion de lait cru ou de fromages frais et où 6 décès eurent lieu.

Depuis cette époque les cas se succèdent en France avec une extrême rapidité.

En 1938, 76 départements français sur 90 rapportent des cas bactériologiquement constatés.

Les départements du Midi, le Gard surtout, sont affectés par cette fièvre ondulante d’origine caprine.

Quant aux cas de fièvre ondulante d’origine bovine, ils ont d’abord été signalés par MAGaLLoN dans l'Isère.

Il nous a été personnellement possible de constater une notable proportion de ces cas dans le Dauphiné et plus particulièrement dans l’Oisans, tous cas dont le diagnostic . bactériologique s’est révélé en corrélation avec le diagnostic clinique.

Une statistique récente de Dugois signale en France 3.000 cas annuels de fièvre ondulante.

Une propagation aussi rapide à déterminé les recherches de nature à déceler les modes de contamination.

1° C'est d’abord par du sang infecté que l’homme peut se contaminer, notamment au moment de la délivrance des brebis

et des vaches..

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2° Le lait des animaux contaminés élimine aussi le virus : cette constatation s'appuie sur l'observation faite à bord du navire (Joshua-Nicolson » qui transportait de l’Ile de Malte aux Etats-Unis des chèvres laitières; sur les 12 hommes d’équipage, 8, qui avaient consommé du lait, furent malades, et 4 autres qui n’en consommèrent pas furent indemnes.

Les chèvres furent reconnues atteintes de mélitococcie.

Une mesure qui eut un effet éprouvé sur les hommes de la garnison de Malte fut de faire préalablement bouillir le lait de chèvres ; après cette précaution, on constata une diminution brusque des cas de fièvre ondulante et certaines années on ne constata plus aucun cas.

D'une façon générale, on admet en France que le lait est la cause de la fièvre ondulante dans 1/8 des cas.

3° Les écoulements vaginaux récèlent en abondance des Brucella notamment dans la période d’avortement.

4° Il est à remarquer que pour les matières fécales les recherches faites par le centre de Montpellier ne permirent pas d’y déceler des Brucella.

La constatation que la contamination se produit pendant la période d’avortement des brebis et des chèvres et par l’absorption du lait cru, doit être retenue pour les règles à suivre dans la prophylaxie. -

L'homme peut être contaminé par la voie digestive à la suite d’ingestion de lait cru; il peut l’être également au moment de la traite ou de la délivrance d’un animal infecté ou du nettoyage des étables.

— Par la voie cutanée, la contamination est très fréquente; on l’a observé chez les bergers, les vétérinaires, au moment de la délivrance des femelles et dans le transport des viandes contaminées.

— Le déplacement des litières souillées et des fumiers provoque des poussières virulentes qui, inhalées, peuvent aussi contaminer, par la voie pulmonaire.

— Enfin, la voie génitale paraît aussi, dans certains cas qui ont été observés, un mode de transmission de la maladie.

— Ïl est probable que par la voie conjonctivale, à la suite de projection de lait ou de contact des mains, souillées avec les yeux, et par la voie nasale, se produisent également des contaminations chez l’homme.

En somme, les contaminations urbaines sont rares et devraient même être inexistantes puisque le lait et ses dérivés, s'ils ont été traités par la chaleur, ne sont plus porteurs du microbe, tandis que, dans les campagnes, les modes de conta-

minations sont nombreux.

Pour clore cet aperçu sur les modes de contamination, indiquons rapidement que les animaux les plus réceptifs sont les caprins, les ovins et les bovidés qui vivent en troupeaux et qui peuvent être spontanément infectés.

L’expérimentation dans les laboratoires a surtout porté sur le singe qui peut être contaminé par les mêmes voies que l’homme et sur le cobaye chez qui les oscillations thermiques que l’on rencontre dans la maladie humaine font défaut.

Ces données rapides sur l’étiologie et l’épidémiologie de la maladie permettent de déterminer les mesures de prophylaxie qu'il convient de prendre en ce qui concerne la prophylaxie tant celle des animaux que celle de l’homme.

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