‹ Considérations sur la ration alimentaire du soldatChapitre 17 sur 18 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

19 En raison de son influence capitale sur la santé et le moral des troupes, l'Alimentation du Soldat nous apparaît comme une des tâches les plus utiles qui incombent au Service de Santé, L'état de guerre actuel donne à cette étude une importance accrue et que viennent encore souligner les diverses manifestations pathologiques dues à une alimentation irrationnelle.

L'histoire des guerres, et celle de 1914 à 1918 en particulier, nous a montré la fréquence de ces troubles qui sont surtout des carences alimentaires et principalement des avitaminoses, de la sous-alimentation en général, et des accidents dus à un régime hyperazoté. D'où l'intérêt qu'il y a à déterminer de manière précise si la ration alimentaire actuelle du soldat français est établie sur des bases rationnelles.

20 Il ressort de notre étude que, dans l’ensembe, cette ration est satisfaisante, sans cependant être à l'abri de tout reproche. j

Au poini de vue calorique, elle est largement suffisante.

Au point de vue plastique el équilibre des divers principes alimentaires organiques : glucides, lipides, protides, elle est satisfaisante, sauf pour les protides où elle est un peu trop élevée, surtout en ce qui concerne les vivres de réserve. D'autre part, le rapport optimum entre les protides animales et les protides végétales, n’est pas respecté, en particulier dans les rations de guerre, ce qui, de l'avis de tous les auteurs, constitue une erreur.

Au point de vue éléments catalyseurs, la ration est nettement insuffisante, principalement en vitamine C et un peu faible en vitamines À et B. Cette observation prend une ampleur particulière quant aux vivres de réserve.

Au point de vue boissons, la quantité de vin nous apparaît satisfaisante, et celle d’alcool un peu élevée. Quant au café, il pourrait avec avantage être supprimé.

Au point de vue préparalion des repas, l'alimentation du soldat laisse à désirer en raison de la monotonie des menus, de la préparation culinaire fréquemment défectueuse, et des plats trop souvent servis froids.

30 En conclusion, il semble que de légères modifications suffiraient à équilibrer la ration alimentaire du soldat : légère diminution de la portion de viande et de pain, augmentation de la quantité de légumes frais, introduction de fruits et de lait dans les menus, plus de diversité dans les légumes et dans la viande (d’une part, consommation de mouton et de porc à côté du bœuf, d’autre part, de viscères à côté de muscle). De plus, la création d'écoles de cuisiniers. devrait permettre de résoudre le problème de la préparation des repas.

Quant aux vivres de réserve, l'introduction de vitamines pharmaceutiques nous semble le moyen le plus pratique d'améliorer cette ration.

En résumé, le problème à résoudre n’est nullement une question de quantité, mais de qualité, de variété de la ration et de préparation culinaire. Il exige une large collaboration du Service de santé, de l’Intendance et des commandants de détachement.

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