MALADIES DUES A UN RÉGIME HYPERAZOTÉ
Selon Mouriquand et Marcel Labbé, de nombreuses manifestations pathologiques sont imputables au régime hyperazoté de l’armée, régime riche en purines et générateur d'acide urique.
1° Lithiase rénale ou hépatique. Mouriquand en rapporte une vingtaine de cas et Marcel Labbé plusieurs. Il s'agissait surtout d'hommes ou d'officiers d’un certain àge qui d’ailleurs accusaient à juste titre leur alimentation. La gravité de ces manifestations nécessita l'évacuation de Ia
plupart d’entre eux.
2° Néphrites. Mouriquand en signale plusieurs ayant aboutit dans certains cas à l’urémie. Marce! Labbé rapporte quelques cas de néphrites aggravées par le régime hyperazoté et pense que l'alimentation est également responsable de nombreux cas de « néphrites des tranchées ». Il a vu «des néphrites chroniques maintenues banales pendant des années grâce à un régime convenable, être aggravées par les excès de viande et se transformer en mal de Bright dangereux et même mortel ».
3° Goutte. Marcel! Labbé en cite plusieurs cas causés par l'excès de nourriture carnée.
4° Ictère catarrhal bénin. I] est loin d’être exceptionnel.
5° Troubles d'entérite et de colite chronique survenus en dehors de toute infection digestive.
6° Troubles fréquents de la secrétion gastrique. On a rapporté quelques cas d’'hypochäorhydrie et d'hyperchlorhydrie et de nombreux ulcères gastriques. Dans la pathogénie de ces troubles, l'alimentation hyperazotée jouerait un rôle important.
7° Constipation. C’est la grande maladie de l’armée ; elle est due à la nourriture trop carnée et à l'absence de légumes et de fruits. Elle s'était, au cours de la précédente guerre, installée avec beaucoup de persistance chez beaucoup de soldats et donna par la suite, des réactions d’entérocolite et des phénomènes d’'artointoxication. Ces accidents acquérirent dans plusieurs cas une gravité telle qu'elle mena les hommes à la réforme.
Marcel Labbé et Mouriquand concluent que c’est l’excès de viande qui est responsable de ces diverses affections. Ils réclament donc une diminution de la ration carnée de l'ordre d’une centaine de grammes que l’on remplacerait par des légumes frais et des fruits. Cette solution serait, disent-ils, bien accueillie par les officiers et par les hommes.
Cependant la majorité des soldats échappent à ces divers troubles, ce qui n’est pas une raison pour négliger leur prophylaxie.