‹ Considérations sur la Révolution françaiseChapitre 1 sur 24 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

PREFACE

En relisant les diverses œuvres de Ronald que la Librairie Nationale réédite ici, ce qui m'a frappé particulièrement, c'est l'actualité extrême de ces pages, qui datent pourtant d'il y a environ un siècle. Ce n'est point •seulement celui qui est curieux de philosophie politique à qui il faut conseiller la lecture de ce recueil. Celui qui ne vise qu'à la pratique peut aussi y chercher des lumières. A chaque pas on rencontre, en effet, de profondes pensées qui nous éclairent sur les causes de notre décadence et sur nos moyens de

relèvement. Et cela n'a d'ailleurs, quand on \

réfléchit, rien d'étonnant. Maintenant comme

autrefois la lutte est, en effet, engagée entre les mêmes idées révolutionnaires que synthétise le mot « démocratique ». et les idées opposi d'ordre, d'autorité, de hiérarchie qui ont trouvé dans Bonald un si puissant défenseur.

VI PRÉFACE

De cette actualité de Bonald je citerai quelques exemples. Ainsi cette page (1), où Bonald écrit : « Le plus grand danger et le plus prochain dont « les gouvernements à plusieurs pouvoirs et à « assemblées délibérantes et législatives menacent « un Etat, est la facilité qu'ils offrent aux étran- « gers d'intervenir dans ses affaires par leur « argent ou leurs intrigues. On connaît l'affreuse « vénalité qui régnait dans les diètes de Pologne « ou le sénat de Suède avant sa dernière révo- « lution. Sous Louis XIV, l'argent de la France « soldait les républicains d'Angleterre contre les « Stuarts, et jusqu'au fameux Algernoon Sydney, « le coryphée des têtes rondes, modèle, disait-on, « de patriotisme et de désintéressement. C'est ce « que les mémoires secrets du temps et les « propres dépêches de nos ambassadeurs nous « ont révélé, et qui sait ce que de pareils docu- <( ments révéleront un jour à nos neveux? L'in- « Quence des guinées anglaises sur les premiers « événements de notre Révolution fut plus que « soupçonnée, et l'on peut affirmer que les enne- « mis de la France, jaloux de sa prospérité, « n'auraient jamais cru pouvoir trop payer le mal « que lui ont fait nos jacobins et nos libéraux. »

(1) Page 149.

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