‹ Considérations sur la rupture précoce de la poche des eauxChapitre 17 sur 22 · NES · texte numérisé non relu

NES

+2 Go & ë ©

la bd M oO Oo

Temps écoulé jusqu’à dilatation complète

mn DR D D EN RS

Co O9 ©

mn or à

Multipares

Re

Durée totale du travail

heures

Durée de la période d’expulsion

heures

JB

En résumé : 140 primipares, avec rupture précoce des membranes ont eu une durée moyenne de travail de dix-huit heures trois minutes et une durée moyenne d'expulsion de une heure dix-neuf minutes.

Les 89 multipares ont eu une durée moyenne de travail de treize heures six minutes, et une durée d'expulsion de vingt-deux minutes.

Disons tout de suite que, pour les primipares comme pour les multipares, cette durée moyenne du travail est beaucoup plus longue que celle qui se produit avec la rupture prématurée ou avec les ruptures à dilatation complète.

Cette prolongation du travail, par les accidents qu’elle amène chez la mère ou chez le fœtus, doit provoquer un plus grand nombre d’interventions, de même elle doit exposer à l'infection, c’est ce que les chiffres nous ont aussi démontré.

Nous avons condensé en un tableau le résultat de toutes ces recherches : on y verra les nombres relatifs des diverses ruptures chez les primipares et chez les multipares, mais surtout la comparaison particulièrement éloquente de la durée du travail dans les quatre catégories de ruptures. Le pourcentage des applications de forceps, des versions ou des infections est ensuite indiqué.

EE ELLE Parité Catégories Durée | ne Forceps 5 Infecti "LR ATNE de ruptures Jomre Fa ve période 007 ES : 60 né d’expulsion > Primi- |Rupture précoce..| 140 |18h.3 |rh. 19° |13 o/o » |2 oJo pares [Rupture prématu- POP RD ORAN 100 |12h.35'|r1h. 5 » » [4 »

Rupture spontanée ÉD Pa NE Ro D 215 |11 h.40? Gb 50 » |r »

Rupture artificielle CR DR D AE 108 |10 h.30’ 5o’ | 6 » » »

Multi- |Rupture précoce..| 89 |13 h.6’ 2. » 80o/o| » pares |Rupture prématu- NA PE 114 | 9h.10 24 | 2 » » |5,7 oo Rupture spontanée A DCS ORNE 341 | 7h.5 23 | 0,550/0| » »

Rupture artificielle DAC. 195 | 8h.3’ 25° | 0,50 » |20/0| »

Ces chiffres nous montrent, d’une façon très nette, que chez les femmes qui ont eu une rupture précoce des membranes, la durée moyenne du travail est beaucoup plus longue que si la rupture est prématurée ou à dilatation complète ; les interventions nécessaires pour mettre fin à ces accouchements laborieux sont beaucoup plus fréquentes.

De plus nous remarquons que les infections ne se rencontrent pas uniquement après les ruptures prématurées, mais bien aussi et de notable façon avec les ruptures précoces, tandis qu'elles sont infiniment rares avec les ruptures à dilatation complète.

Häâtons-nous d'ajouter que nous n’avons pas eu la prétention d'établir le pourcentage exact des interventionsou des infections dans les diverses rup-

tures, mais bien seulement celui que nous avons rencontré au cours de notre statistique; ce n’est là qu’une indication. Le nombre d'infections et d’interventions observé par nous est trop restreint, pour pouvoir en tirer une moyenne d'une valeur absolue. Il aurait fallu pour cela faire porter nos investigations sur un assez grand nombre d’années.

Nous avons pourtant cherché à vérifier nos chiffres, et pour cela nous avons étudié les six premiers

mois de l’année 1906. Voici le résultat :

D On TU

Prim.sp.àD.C.| 100 à 3 0/0 2 2 o/o Mult. sp.à D.C.| 173 2 1,2 D 3 1,7 »

TJ art,àD.C. 48 41) 26 I 2 »

Mult. art.à D.C. 58 » » »

I précoces. 52 3 6 » 4 8 »

Mult. précoces... 60 2 Sp

I prématur. 4x s 7,300 6 15 »

Mult. prématur. 47 I 20 9 6 »

Cette première notion de prolongation du travail, par la rupture précoce, nous avons cherché à la préciser encore, soit par d’autres renseignements tirés

de notre statistique, soit à la lumière d’un certain

1. Il est à noter qu'artificiel n'implique point ici une rupture volontairement précoce, dans deux cas la rupture a été faite immédiatement avant l’application du forceps et pour introduire celui-ci.

nombre d'observations que nous publions plus loin.

Nous avons cru voir que chez les primipares, chez lesquelles se produit la rupture précoce, la période de dilatation était de beaucoup prolongée, mais également la période d'expulsion.

Chez les multipares, au contraire, la période d’expulsion est à peu près normale le plus souvent, mais la période de dilatation est considérablement accrue.

Y a-t-il une cause physiologique qui puisse expliquer cette lenteur de la période de dilatation ou d'expulsion ? Nous formulons à ce sujet une simple hypothèse.

Si l’on admet avec Ribemont-Dessaignes, qu’à partir d’un certain moment l’ampliation de la cavité utérine n’ayant plus lieu que par distension (et non plus par hypertrophie) et l’extensibilité de la paroi utérine ayant des limites, son contenu presse davantage au niveau du col, y provoque par voies réflexes des contractions utérines qui deviennent douloureuses et finissent par provoquer l’accouchement, on peut croire que la brusque décompression par rupture des membranes arrête, ou du moins ralentit le travail.

Avec rupture prématurée, on a vu le travail s’arrêter complètement pour ne reprendre qu’au bout de plusieurs jours, de plusieurs semaines parfois. Avec la rupture précoce, surtout si elle a lieu vers le début du travail, la période de dilatation devient extrêmement lente et laborieuse, d’autant plus que

l’action mécanique de la poche des eaux fait alors défaut.

L'épuisement de l’utérus durant cette première période, provoque, dans certains cas, l’inertie au moment de la période d’expulsion.

Anomalies dans les contractions utérines

La rupture précoce des membranes, crée une anomalie dans le mécanisme physiologique de l’accouchement, et à ce titre apparaît sinon comme le facteur principal, du moins comme un puissant facteur d’un certain nombre de troubles dans les contractions utérines ; troubles portant sur la qualité ou sur la localisation des contractions.

Inertie uterine

Âgissant probablement par brusque décompression, la rupture précoce provoque l’inertie utérine.

L’inertie utérine se traduit par l'insuffisance ou l’absence des contractions de l’organe, et cela aux trois périodes de l'accouchement ; le signe pathognomonique qui permet de distinguer l’inertie vraie c'est la mollesse, le défaut de durcissement de la paroi utérine.

Les complications à redouter sont l'infection, l’œdème et la rigidité du col, l’état de souffrance du fœtus, au moment de la délivrance des hémorragies seront à craindre.

L'arrêt du travail par inertie peut aller jusqu’à la rétrocession, à la reformation du col.

Rigidité spasmodique du col.

La rupture précoce peut provoquer un accident diamétralement opposé à l’inertie. Par l'appui direct de la présentation sur le col, les réflexes normaux sont exagérés, mais troublés. C’est ainsi que se produit la rigidité spasmodique du col.

Ce terme s’applique au col « qui au début ou à un moment donné du travail, au lieu de rester souple dans l'intervalle des contractions résiste d’une façon continue, l’orifice cervical donne au doigt la sensation d’un cercle mince qui serait formé par une corde de contrebasse ou par un fil métallique. 1l est en outre chaud et douloureux au toucher » (Maygrier in Traité Tarnier Budin).

Quant à la rigidité anatomique elle peut reconnaître comme cause également la rupture précoce : la dilatation normale n’ayant pu être faite par la poche des eaux, c’est la tête fœtale qui appuyant directement sur le segment inférieur y produit une infiltration sanguine de toute la portion du col située au-dessous de la zone de compression.

Autres troubles de contraction

A l’opposé de l’inertie se place la tétanisation de

l'utérus qui peut être provoquée également par la

Desclozeaux 5

rupture précoce. L’appui direct de la présentation sur le col le traumatise plus ou moins et provoque des réflexes exagérés.

Nous avons vu la contracture se localiser au col, ce n’est pas là le seul point de l’organe qu’elle peut choisir comme siège. On a décrit sous le nom de contracture utérine ou plus particulièrement de rétraction de l’anneau de Bandl, une anomalie danslaquelle le col étant dilaté, et le segment inférieur restant flasque, l’anneau de Bandl se rétracte sur une partie fœtale mince qui se trouve alors à son niveau. Cette localisation peut sans doute se localiser autre part qu’au niveau précis de l’anneau de Bandl.

Les deux observations que nous rapportons, ont certainement trait à une contracture utérine. Nous n'avons pas la prétention d'affirmer qu’elle se localise anatomiquement au niveau de l’anneau de Bandl.

La rupture précoce n’est que l’un des facteurs de ces contractures dans lesquelles on retrouvera en même temps divers traumatismes au niveau du col, comme dilatation forcée par exemple, ou l’influence de l'infection.

Voici une première série d'observations dans lesquelles la rupture précoce des membranes semble avoir eu une influence directe sur la prolongation de la période de dilatation, ou sur la période d’expulsion.

Ces observations recueillies soit directement soit indirectement à la Clinique Tarnier ont été à dessein

simplifiées et ne contiennent que les renseignements utiles pour nos recherches. Nous avons soigneusement éliminé tous les cas où une dystocie maternelle ou fœtale, un état pathologique grave ou l’âge avancé de la mère auraient pu expliquer la durée anormale du travail ou de l'expulsion.

Cette prolongation semble sans cause à moins que l’on admette l'influence de la rupture précoce. Nous y avons joint deux intéressantes observations recueillies dans Mauriceau (1).

1. Mauriceau. Observations sur la grossesse et l’accouchement, 1719.

LA

GT AA m4 AE

OBSERVATIONS

Periode de dilatation prolongée à la suite de rupture précoce

OBSERVATION I

(Mauriceau, p. 38.)

D'une femme qui eut un laborieux travail, à cause de l’écoule-

ment prématuré des eaux de son enfant

Le 7 octobre 1671, j'ai accouché une femme qui avait vuidé toutes les eaux de son enfant, qui s'étaient écoulées subitement sans aucune douleur, trente heures auparavant, et sans aucune manifeste dilatation de la matrice, qui ne commença à s'ouvrir qu'incontinent après leur entier écoulement, comme il arrive ordinairement en ces sortes d'occasions, où le travail de la femme est prolongé, et rendu beaucoup plus laborieux dans le premier accouchement que dans les suivans ; car les eaux de l’enfant s’ecoulant ainsi prématurément, à cause de la faiblesse des membranes qui les contiennent, devant que les douleurs qui contribuënt à la dilatation de la matrice, ayant précédé, pour lors l’enfant y restant enfermé à sec, en est bien plus difficilement expulsé par les douleurs, qui ne deviennent

ordinairement bonnes, qu'après l’entier écoulement des eaux

joint à cela que l'orifice interne de la matrice, qui n’a pas

encore été jamais dilaté, s'ouvre alors bien plus mal-aisément.

OBSERVATION II (Personnelle)

Primipare. — très longue période de dilatation.

Rapidité d'expulsion.

M... Sidonie, vingt-cinq ans, [-pare ; bassin normal, dernières règles le 21 septembre 1905 ; est présumée à terme.

Présentation et position: O. I. G.T.; bruits du cœur nor maux.

Les premières douleurs commencent le 7 juillet 1905 à 10 heures du matin, mais le travail reste stationnaire, et le 8 juillet, à 2 heures du matin, se produit la rupture de la poche des eaux, dilatation 3 centimètres. |

La dilatation progresse avec une excessive lenteur, car ce n’est qu’à 10 heures 1/2 du soir qu’elle est complète.

Un quart d'heure après, la parturiente accouche d’un enfant vivant du sexe féminin du poids de 3.680 grammes.

La délivrance est spontanée, le placenta pèse 770 grammes.

Le travail a duré trente-six heures, dont vingt heures et demie après la rupture des membranes. Les suites de couches sont

normales.

OBSERVATION III (Personnelle)

Rupture précoce chez primipare. — Période de dilatation prolongée

GC... Blanche, vingt-deux ans, primipare, enceinte de huit mois et demi, présente des varices aux membres inférieurs et à la vulve, son bassin est normal, Présentation et position O. I. G. A. Le cœur fœtal est bon.

Elle ressent les premières douleurs le 10 décembre 1906 à 9 heures du soir, et perd les eaux le lendemain 11 décembre à 4 heures du matin. Cependant le travail avance si peu qu’on ne l’amène à la salle de travail que le 12 décembre à r heure du matin, la dilatation est alors de 4 centimètres.

À 3 heures la dilatation est complète. À 3 h. 5o la tête apparaît à la vulve mais ne progresse pas, on fait de l’expression, et l’accouchement se termine enfin à 4 h. 20 du matin.

L'enfant est un garçon vivant de 2.200 grammes.

La délivrance est naturelle, le placenta pèse 450 grammes.

La durée totale du travail a ‘été de trente et une heures, dont vingt-quatre après la rupture des membranes, l'expulsion a

duré une heure vingt minutes.

OBSERVATION IV (Personnelle)

Multipare. — Rupture précoce. — Très longue période de dilatation. — Rapidité d'expulsion

L... Virginie, trente-sept ans, IV-pare, a eu trois enfants à

terme, ses antécédents personnels sont nuls, son bassin normal.

Les dernières règles ont eu lieu le 25 septembre 1904 ; elle est à terme.

Présentation et position O. I. G. À., bruits du cœur fœtal bons.

Les premières douleurs apparaissent le 27 juin 1905 vers 2 heures du matin.

La dilatation est à peine de 2 centimètres le même jour à 3 heures du soir lorsque la rupture des membranes se produit.

Le travail cesse alors de progresser, les contractions utérines étant faibles et espacées. Enfin, le 28 juin dans l’aprèsmidi les douleurs deviennent plus efficaces et à 8 heures du soir la dilatation est complète.

Un quart d'heure après la parturiente accouche d’un enfant vivant du sexe féminin de 3.500 grammes.

La délivrance est naturelle, le placenta pèse 640 grammes.

Le travail à eu une durée totale de quarante-deux heures dont vingt-neuf heures entre la rupture de la poche des eaux et la dilatation complète.

La période d'expulsion a été, au contraire, extrêmement rapide.

Les suites de couches sont normales, la femme a une tem-

pérature de 37 degrés.

OBSERVATION V (Clinique Tarnier)

Multipare. — Rupture précoce dès le début du travail. — Prolongation de la période de dilatation. — Expulsion rapide.

P..., Louise, vingt-sept ans, V-pare, a eu trois enfants à terme et un à sept mois, tous sont vivants, elle est conformée normalement.

Elle est enceinte de huit mois et demi.

Elle est admise à la Clinique, le 27 novembre à 9 heures du soir, au début des douleurs, à ce moment les membranes se rompent.

Examinée le lendemain 28 novembre à 8 h. 30 du matin elle présente une dilatation de 3 centimètres ; le sommet mobile en D. P., les battements du cœur fœtal bons.

On réduit, et de façon définitive une longue anse de cordon pendante dans le vagin.

Le travail progresse lentement, la dilatation n’est complète qu’à midi 45. À 1 heure l’accouchement est terminé.

L'enfant est une fille de 3.250 grammes.

La durée totale de l’accouchement à été de seize heures.

OBSERVATION VI (Clinique Tarnier)

Rupture précoce chez une grande multipare. — Longue période de dilatation. — Expulsion prolongée

A... Rose, quarante ans, XIII-pare a eu huit enfants à terme,

et quatre avant terme, a perdu plusieurs de ses enfants de

méningite, les accouchements précédents ont eu lieu sans difficultés au second une hémorragie assez grave, elle est enceinte de neuf mois, son bassin est normal.

” Elle entre à la Clinique le 6 décembre 1905.

Présentation et position : O. I. D. P.

À 5 heures du soir elle ressent les premières douleurs, et une heure après, à 6 heures, il y a rupture des membranes, puis le travail avance avec une remarquable lenteur, puisque la dilatation n’est complète que le lendemain 7 décembre à 1 heure du soir.

À ce moment les contractions expulsives sont plus violentes et l'accouchement est terminé À 1 h. 4o.

Le travail n'en à pas moins duré vingt heures.

L'enfant du sexe féminin est né vivant et est du poids de 3.300 grammes.

La délivrance a été naturelle, et le placenta normal du poids

de 540 grammes.

OBSERVATION VII (personnelle)

Rupture précoce chez multipare. — Lenteur de dilatation.

M... Marie, trente-quatre ans, Il-pare. — Le premier accouchement a eu lieu à terme et a été normal.

Cette femme n'a rien de particulier dans ses antécédents personnels ou héréditaires, elle est bien conformée, son bassin normal. Elle est enceinte de neuf mois.

Présentation et position O. I. G. A. Les battements du cœur normaux.

Le 24 décembre à 8 heures du soir elle entre en travail, le

lendemain 25 décembre à midi elle perd les eaux, mais elle ne monte à la salle de travail que le 26 à 5 h. 1/2 du soir.

Ge n'est qu'à 6 h. 1/2 du soir que la dilatation est complète. L'accouchement se termine à 6 h. 45.

L'enfant vivant est du sexe masculin et pèse 3.120 grammes.

La délivrance a lieu par extraction manuelle, le placenta pèse 490 grammes.

L'accouchement a duré quarante-sept heures dont trente et

une heure après la rupture des membranes.

OBSERVATION VIII

(Clinique Tarnier.)

Rupture précoce chez multipare. — Lenteur de la période de dilatation.

Alexandrine G..., âgée de quarante ans, V-pare. Les quatre premières grossesses ont été normales, à terme. Accouchements et délivrances spontanées, les enfants sont vivants.

La grossesse actuelle est à terme.

Les premières douleurs ont lieu le 8 février 1906 à 11 heu-res du matin, à ce moment il y a rupture précoce de la poche des eaux. |

Le 9 février elle entre à la salle de travail à 3 heures du soir.

La dilatation n’est que de 3 centimètres.

Présentation et position O. I. D. P., les bruits du cœur bons.

La dilatation est complète à minuit. Expulsion à 1 heure en OP:

L'enfant est une fille vivante, du poids de 2.870 grammes.

Délivrance spontanée à 1 h. 15.

Membranes complètes : poids 450 grammes.

La dilatation dure trente-sept heures après la rupture des

membranes.

OBSERVATION IX (personnelle)

Multipare. — Fœtus petit. — Rupture précoce. — Très longue période de dilatation.

N..., vingt-sept ans, Il-pare, bien portante, bassin normal, première grossesse normale et accouchement spontané.

Elle est à terme, présentation et position O. I. G. A., les battements du cœur fœtal bons, les urines normales.

Les premières douleurs apparaissent le 6 janvier 1906 à 3 heures du matin ; immédiatement a lieu la rupture de la poche des eaux. Elle entre à la salle de travail le 6 janvier à 7 heures du soir, la dilatation n’est alors que de 3 centimètres, mais elle est complète à 9 h. 4o du soir.

L'accouchement se termine rapidement et, à ro heures du soir, naît un garçon du poids de 2.600 grammes.

Délivrance spontanée, placenta de 480 grammes.

La période de dilatation dure dix-huit heures quarante

minutes.

OBSERVATION X

(Clinique Tarnier, 1905.)

Rupture précoce dès le début du travail chez multipare. — Lenteur extraordinaire de la période de dilatation. — Expulsion

rapide.

M... Laure, vingt-huit ans, V-pare, (dont trois enfants à

en Fu

terme), bassin normal, a eu de l’albumine, grossesse à terme. OIVD--P.

Apparition des douleurs le 14 mars, à 3 h. 30 du soir, au même moment, rupture des membranes ; le travail se prolonge alors jusqu'au 17 mars, et la dilatation n’est complète qu’à 3 h. 15 du soir, grâce à l'application des écarteurs Tarnier.

L'expulsion est alors rapide et quinze minutes après naît un enfant du sexe masculin de 3.850 grammes.

La délivrance est naturelle, le placenta pèse 600 grammes.

Le travail a duré soixante-douze heures et demie.

OBSERVATION XI (Clinique Tarnier, 1905.)

Rupture précoce. — 11-pare. — Lenteur de dilatation.

G..., trente-deux ans, [l-pare (un enfant à terme), bassin normal, vaginite granuleuse, grossesse à terme. O. I. G. A.

Entre en travail le 21 avril 1905 à 9 heures du matin, et perd les eaux à ce moment.

La dilatation n’est complète que le 22 à 6h. 20 du matin ; la période d'expulsion est alors très rapide et l'accouchement a lieu à 6h. 35, un quart d'heure après.

Le travail a duré vingt-deux heures cinquante minutes.

Garçon du poids de 3.250 grammes. Délivrance naturelle,

placenta : 450 grammes.

OBSERVATIONS

sur la prolongation de la période d'expulsion après ruplure précoce

OBSER VATION XII

Rupture précoce à la fin de la période de dilatation

Lenteur d'expulsion. — Forceps

Mme P... Marie, vingt-quatre ans, I-pare, entre à la Clinique le 29 septembre.

Ele est enceinte de neuf mois. Présentation et position O.I.G, A.on a trouvé de l’albumine dans ses urines. Elle a ressenti, dit-elle, les premières douleurs depuis deux jours déjà.

La rupture des membranes se produit à 3 heures du soir et la dilatation complète et atteinte à 4 heures.

Mais la période d'expulsion se prolonge, et à 6 h. 45 (deux heures quarante-cinq minutes après la dilatation complète) on fait une application de forceps pour inertie utérine.

L'enfant extrait estun garçon de 3.300 grammes la délivrance

est naturelle.

ia

OBSERVATION XII

(Mauriceau, p. 12)

De l'accouchement d’une femme qui eut un très laborieux travai

Le 25 novembre 1662 je fus appelé pour secourir une femme, âgée de vingt-huit ans, qui était en travail de son premier enfant depuis deux jours entiers après l'écoulement de ses eaux, sans pouvoir accoucher, quoyqu'elle eût eu durant dix heures de très fortes douleurs, qui avaient bien fait avancer son enfant jusques au passage, où il était resté depuis douze heures entières, sans pouvoir être poussé dehors par les douleurs de la mère, qui après s'être ralenties peu à peu, avaient entièrement cessé, quoique sa sage-femme luy eût donné deux clystères assez forts, pour tâcher de luy exciter de nouvelles douleurs et qu’elle l’eut fait aussi saigner au bras suivant mon conseil, pour luy rendre plus libre la respiration qu’elle avait engagée par l’émotion de son travail. Ayant trouvé cette femme en cet état je luy fis prendre une infusion de 2 drachmes de sené dans peu de liqueur, y mêlant le jus d’une orange aigre et deux heures après je luy fis donner un clystère un peu fort ; afin que ces deux remèdes agissans en mesme temps, les douleurs de l'accouchement qui étaient entièrement cessées, ne pussent être plus facilement réveillées et provoquées, comme elles furent aussitôt qu'ils commencèrent à faire leur effet : de sorte qu'étant survenu de nouvelles douleurs assez fortes à cette femme, elle accoucha heureusement une heure ensuite, d’un gros enfant

mâle qui était encore vivant,

uk, SA 2

OBSERVATION XIV (personnelle)

Ruplure précoce chez primipare, lenteur d'expulsion, forceps Œdème du col

M"° A... Augustine, vingt-six ans,l-pare, ne présente aucun signe de rachitisme, bassin normal, bonne santé. La grossesse est à terme.

Présentation et position OIDP.

Elle entre à la clinique le 10 décembre 1906, à 5 heures du matin, le travail a commencé à 1 heure du matin.

La rupture de la poche a lieu à 6 heures du soir, mais à 9 heures la dilatation n’est que de 5 centimètres, et à 10 heures

de 8 centimètres. La lèvre antérieure est œdématiée, | À 11 heures du soir, la dfatation est complète.

Les bruits du cœur sont accélérés, les douleurs espacées (tous les quarts d'heure).

À 5 heures du matin, le 11 décembre, application de forceps pour lenteur dela période d'expulsion qui dure depuis six heures. L’extraction présente des difficultés par suite du défaut de flexion de la tête.

À 5 h. 35 l'accouchement est terminé après une durée de vingt-huit heures.

L'enfant, du sexe masculin,naît étonné, il est ranimé et pèse 3.270 grammes,

La délivrance est naturelle, le placenta pèse 530 grammes.

MOTS RE TN PO SE A Oe PAS an ie D bn dt Je Le dé ec dé LS SC A ad

PTT CAO

- OBSERVATION XV

(Clinique Tarnier.)

Rupture accidentelle précoce chez une primipare ayant de l’hydramnios — Le résultat n’est pas favorable. — Longue

période de dilatation. — Expulsion lente. — Forceps.

Mne G..., vingt-six ans, [-pare, enceinte de neuf mois, bassin normal, bonne santé, présente un ventre d’un développement considérable dû à l’hydramnios, Par le palper on arrive difficilement au diagnostic de position à cause de la tension de la paroi ; on reconnaît pourtant un sommet en D. T.

Les bruits du cœur fœtal sont très réguliers.

La parturiente ressent les premières douleurs mais faibles, le 28 novembre à 8 heures du soir. À 11 h. 30, elle entre à la salle de travail.

Le 29, à 5 heures du soir, la dilatation est de 6 centimètres, la poche des eaux peu saillante, les contractions augmentent d'intensité.

À 10 heures du soir la dilatation est de 8 centimètres:

Mais, le 30 novembre, à 1 h. 20 du matin, la sage-femme de garde rompt accidentellement la poche des eaux, 1.200 grammes de liquide s’écoulent alors.

Les douleurs deviennent plus faibles et plus espacées, et toute la journée du 10 se passe sans amener l'accouchement.

À 9 heures du soir on fait une application de forceps dans l'excavation pour inertie utérine, car la période d'expulsion dure depuis trois heures.

Desclozeaux 6

HT

L'enfant est un garçon de 3.950 grammes qui naît étonné. La délivrance est naturelle et complète.

La durée du travail a été de quarante-neuf heures.

OBSERVATION XVI (Personnelle)

Rupture précoce à 7 centimètres. — Lenteur d'expulsion .

Forceps.

Mme L..., I-pare, vingt ans, enceinte de neuf mois, bassin normal. Présentation et position O. I. D. P.

Elle ressent les premières douleurs le 7 février 1906, à 10 heures du matin. À son entrée à la salle de travail, à 3 heures du soir, la dilatation est de 7 centimètres, les membranes viennent de se rompre.

À 4 heures la dilatation est complète, les bruits du cœur bons, Mais les contractions utérines deviennent de plus en plus espacées et s’affaiblissent. |

Les bruits du cœur deviennent irréguliers.

À 7 heures du soir, après trois heures de période d'expulsion, application de forceps à la vulve,

L'enfant extrait est un garçon vivant de 3.200 grammes.

Délivrance naturelle à 7 h. 45, placenta de 4oo grammes.

OBSERVATION XVII (Personnelle)

Rupture précoce, deux heures après le début du travail. — Lenteur

de la période de dilatation. — Lenteur de l'expulsion. — Forceps

Mr P... Clémentine, vingt et un ans, I-pare, bassin normal, enceinte de huit mois. Présentation et position O. I. DA

Début du travail, le 18 février à midi.

Rupture des membranes le 18 février à 2 heures dusoir,

Dilatation complète le 20 février à 3 heures du matin.

À ce moment inertie utérine, la période d'expulsion se prolonge, et l’on fait une application de forceps à 7 h. 5 du matin.

L'enfant extrait est un garçon de 2.450 grammes.

Délivrance naturelle, placenta de {450 grammes.

OBSERVATION XVIII (Clinique Tarnier)

Rupture précoce à la fin de la période de dilatation. — Lenteur

d'expulsion. — Forceps.

Mme G... vingt-neuf ans, [l-pare, bassin normal, aucune maladie.

La grossesse est à terme. Présentation et position O. I. G.A avec engagement assez prononcé du pôle fœtal.

Les premières douleurs apparäissent le 3r janvier à 8 heures du matin pour n'être vraiment efficaces qu'à 8 heures du soir.

À 10h. 30 la malade entre à la salle de travail,

Page 1