‹ Considérations sur la rupture précoce de la poche des eauxChapitre 5 sur 22 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Durant la période prolongée où nous avons fréquenté la clinique de la rue d’Assas nous avons été frappé de ce fait que dans un assez grand nombre d'applications de forcerps, l’inertie utérine et la longueur de la période d’expulsion qui avaient motivé cette intervention paraissaient avoir une étiologie indéterminable. Le bassin était normal. la femme jeune et bien portante, la présentation favorable et l'enfant qui naiïssait, d’un poids moyen. Mais nous remarquions que dans ces accouchements laborieux les membranes s'étaient souvent rompues d’une façon précoce.

La rupture précoce des membranes, c’est-à-dire

la rupture pendant le travail mais avant dilatation complète serait-elle donc un danger ? Faut-il chercher par tous les moyens à éviter la rupture spontanée précoce ? Faut-il proscrire d’une façon absolue la rupture précoce artificielle ?

Les classiques indiquent formellement que la rupture des membranes ne doit avoir lieu qu’à dilatation complète, mais ils semblent plus constater par là une loi physiologique qu’énoncer une règle absolue d'abstention.

Le professeur Paul Dubois par réaction contre une terreur exagérée des ruptures précoces ou prématurées cherchait à prouver à M"° Lachapelle leur relative innocuité et Tarnier se range à son avis :

« Cet écoulement prématuré des eaux n'a pas d'influence fâcheuse soit sur la santé de la mère, soit sur la santé de l'enfant quand la femme est à terme et qu'il s’agit d’une présentation du sommet.

Me Lachapelle redoutait cependant beaucoup cette rupture anticipée des membranes mais P. Dubois s'éleva le premier contre les craintes de l'illustre sage-femme et nous partageons absolument son opinion à cet égard » (1).

Mais Tarnier mentionne ensuite la possibilité de la putréfaction du fœtus mort par la pénétration de l'air. Aujourd'hui la crainte de l'infection amniotique agit puissamment pour rendre plus sombre le

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