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Tarnier-Chantreuil, Traité de l’art des accouchements

pronostic de la rupture prématurée ou précoce des membranes.

Garipuy dans une thèse de 1873 a étudié la fréquence de la rupture prématurée aux divers moments du travail (car il confond comme bien des classiques la rupture précoce et la rupture prématurée). De son travail il ressort que contrairement à l’opinion généralement admise l'écoulement prématuré du liquide amniotique ne rend pas le travail plus lent, au contraire !

Cette opinion n’a pas manqué d’être écoutée et suvie et € nombre de médecins et de sages-femmes lorsque le travail se prolonge, rompent la poche des eaux pour abréger les souffrances... et leur séjour ». (Ribemont)

Comme nous le disait un de nos maîtres, la plupart du temps en clientèle, lorsque l’accoucheur est appelé par une sage-femme pour un accouchement difficile, la poche des eaux a été rompue artificiellement et souvent avant dilatation complète. N'est-ce pas là, pour la sage-femme, son intervention à elle, la seule qui lui soit permise ?

Nous espérons montrer par notre travail et par nos statistiques, à quel point de telles pratiques sont dangereuses. En dehors des complications graves ou la rupture précoce apparaît souvent comme un facteur puissant, sinon essentiel, cette rupture, qu'elle soit spontanée ou artificielle, amène une prolongation considérable du travail.

Or, dans cette prolongation, il faut voir, en dehors

des quelques heures de souffrances surajoutées, l'infection menaçante pour la mère et le fœtus, et l’état précaire de ce fœtus dans un utérus. vide durant un travail qui s’éternise.

Il nous a paru intéressant de faire ressortir cette vérité, que la rupture précoce des membranes ne doit jamais être considérée comme un moyen banal et inoffensif d'augmenter la célérité du travail. Doitelle donc être proscrite d’une manière absolue ? Non, certes, et dans un certain nombre de cas nettement définis, elle est une intervention légitime et nécessaire, efficace contre les accidents menaçants, mais alors la présence armée de l’accoucheur est nécessaire pour intervenir au moment opportun dans toute complication qui se présenterait.

Après une brève étude de la poche des eaux, du liquide amniotique et de leur rôle physiologique, nous étudierons les ruptures spontanées ou artificielles des membranes, leurs causes et leurs effets aux différents moments du travail.

Puis, d’aprèsles auteurs, nous nous efforcerons de faire l’'énumération limitative des cas, tous pathologiques, hâtons-nous de le dire, où la rupture artificielle précoce est légitime.

Enfin, et ce sera là plus particulièrement l’objet de cette thèse, nous chercherons par un ensemble d'observations et de statistiques à faire ressortir les inconvénients ou les dangers de la rupture précoce pour la mère ou pour son fruit.

Si nous avons limité notre étude aux ruptures

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précoces en les différenciant nettement des ruptures prématurées, c'est que nous avons cru voir qu'au point de vue du pronostic, des différences essentielles séparent ces deux genres de rupture trop souvent confondues sous le nom général de prématurées. Les complications à redouter ne sont pas les mêmes, mais surtout la durée du travail est très différente. Lors de la rupture, le travail n'est-il pas commencé, la rupture prématurée ne le prolonge pas. Au contraire la rupture n’a-t-elle lieu qu'après les premières douleurs, est-elle précoce en un mot, alors elle élève considérablement au-dessus de la moyenne la durée du travail, et cette prolongation entraîne la

possibilité de graves conséquences.

MCE nr 1 EU

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