SECOND ÉTAGE
SALLE St-BRUNO. — 140 Lits.
SALLE St-CHARLES. — 120 Lits.
ANNÉES
RESTANTS
ENTRÉS
MORTS
ANNÉES
RESTANTS
ENTRÉS
MORTS
RESTANTS
ENTRÉS
MORTS
; Premier étage. .
Second étage. . .
Sur 100 malades , il y a eu 13.95 morts.
C’est 1 mort sur 7.16.
Sur 100 malades, il y a eu 13.11 morts.
C’est 1 mort sur 7.62.
adm' ■** ®* 1835, réparations dans la salle St-Bruno, ce qui explique la diminution des
petit nombre des malades restants au 31 décembre de l’année 1835. femm °etobre 1840 , les hommes fiévreux sont remplacés , dans la salle St-Charles , par les
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Ces deux tableaux donnent lieu à plusieurs remarques : on Yoit d’abord une diflFérence assez sensible dans la mortalité des femmes fiévreuses réparties en quatre salles du premier étage, bien que celles-ci paraissent être dans des conditions hygiéniques semblables.
Cette mortalité, différente dans quatre salles égales du premier étage, est-elle moindre que dans la salle St-Charles, située au second ? Non, puisque c’est évidemment tout le contraire.
Il est vrai que, dans le second tableau relatif aux hommes fiévreux, la salle St-Charles ne conserve pas son avantage sur la salle St-Bruno. Alléguerat-on que la différence, dans ce cas, est l’effet de l’influence de l’étage ? Mais cette supposition serait gratuite; car, dans les quatre salles du premier étage comparées entre elles, on observe parmi les femmes fiévreuses une mortalité différente et à un degré plus marqué. Nous pouvons ajouter que dans la salle St-Paul (femmes blessées), sise au second étage audessus de la salle St-Louis (hommes blessés), il n’y a pas la moindre apparence d’une influence morbifique produite par des émanations venant de l’étage inférieur.
Les résultats de nos recherches sur une question qu’il était important d’étudier, et à laquelle nous avons consacré du temps et des soins, nous mettent en mesure d’affirmer que, dans l’Hôtel-Dieu de Lyon, 1 influence des étages sur les chances de guérison ou de mort ne saurait être constatée.
S.4LÜBRITÉ DE l’hÔTEL-DIEÜ. 77
Dans un grand hôpital, les causes de la mortalité sont multiples, complexes et parfois obscures à tel point quelles échappent à l’observation la plus sévère. Nous nous bornerons à dire que, indépendamment des influences bonnes ou mauvaises produites par le régime hygiénique et thérapeutique, il faut compter pour quelque chose l’activité plus ou moins grande que le médecin donne au mouvement de la salle qui lui est confiée. Pour ceux qui ont, comme vous. Messieurs, l’habitude des hôpitaux, cet aperçu n’exige aucun commentaire.
Quoique nous ayons acquis cette conviction consolante, que, dans notre Hôtel-Dieu, les malades admis au second étage, ne se trouvent pas dans des conditions plus défavorables que ceux qui occupent le premier, nous avons voulu confirmer nos observations par celles que pouvait nous fournir l’Hôpital militaire de notre ville. Remarquable par sa bonne tenue et la régularité de son service, cet établissement a des salles sises à des étages différents, égales d’ailleurs entre elles, et qui reçoivent des nialades à peu près du même âge, soumis au même genre de vie.
Les officiers de santé en chef de cet hôpital, qui ont tous parcouru une longue carrière éclairée par l’étude et l’observation, MM. Peysson etDelocre, MM. Brée et Angelot, ont toujours reconnu dans l’Hôpital militaire de Lyon, comme dans les autres hôpitaux régulièrement installés où ils ont passé leur vie, que, les salles des différents étages étant dotées
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de conditions hygiéniques également bonnes, les chances de guérison se montraient tout aussi favorables au second étage qu’au premier. Ils n’adoptent donc point une théorie que leur longue expérience n’a jamais vue sanctionnée par des faits.
Mais un renseignement que je tiens de MM. Peysson et Delocre, doit être mentionné : la mortalité, en général très faible parmi les militaires admis dans cet hôpital, a pris quelquefois des proportions si effrayantes dans les salles du deuxième étage, que ces salles, vides une partie de l’année, donnaient tout-à-coup un chiffre de mortalité plus grand que celui des salles du premier étage, toujours habitées par les malades. Cette disproportion était tellement extraordinaire qu’elle dépassait toutes les suppositions. Ainsi, par exemple, si une salle du premier étage, toujours occupée, avait donné un chiffre de mortalité représenté par vingt-cinq, la salle supérieure , quoique inoccupée pendant un ou deux trimestres , présentait un chiffre égal à quarante ou cinquante-cinq.
U est évident que, si l’on se bornait à faire ici de simples calculs d’arithmétique, d’étranges inductions conduiraient à d’étranges erreurs. Voici l’explication bien simple de l’énorme différence qui, de prime abord, parait incompréhensible : les salles du deuxième étage, surabondantes en temps ordinaire, restent vacantes une partie de l’année; elles ne s ouvrent et ne s’emplissent que lorsque des épidémies viennent à sévir sur la garnison : dans ces
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circonstances elles sont envahies par des masses de malades qu’on y transfère de tous les quartiers, et dont les affections ne sont pas seulement graves, mais souvent foudroyantes. Or, c’est dans la première période des épidémies que la mort frappe ses coups les plus prompts et les plus multipliés. Qui ne se rappelle que les mille premiers individus atteints du choléra en 1832, et apportés dans les hôpitaux de Paris, succombèrent presque tous, soit en peu de jours, soit meme en peu d’heures (1)? et à Lyon, lors de l’inondation de 1840, ne vit-on pas une épidémie catarrhale, accompagnée de symptômes d’une malignité violente, décimer notre garnison? L’hospice de la Charité devint une succursale de PHôpital militaire, insuffisant aux besoins. Eh bien ! pendant le premier mois la mortalité fut terrible parmi nos braves soldats; des hommes jeunes et vigoureux expiraient après quelques jours ou seulement quelques heures de souffrances, comme sous le coup d’une intoxication (2). Cette première
(1) Rapport sur le choléra-morbus de Paris, présenté à M. le Maire et au Conseil municipal de Lyon par MM. Trolliet , DE PoLiNiÈRE et BoTTEX , médecins des hôpitaux, formant la Commission envoyée à Paris par la ville de Lyon, et désignés par l’Intendance sanitaire et la Société de Médecine. In- 8 ', mai 1832.
(2) Rapport fait, en 1841, à la Société de Médecine de Lyon par M. de Polinière , médecin de l’hospice de la Charité. — Voir les Mémoires de la Société médicale d’émulation. In-8’, Lyon, 1841.
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période de l’épidémie, une fois passée, les malades affluaient toujours, les symptômes de la maladie étaient toujours du même caractère; mais l’art avait retrouvé sa puissance, et la mortalité rentrait dans ses limites ordinaires. Tel est le tableau qu’ont présenté quelquefois, mais à un moindre degré d’intensité, les salles du deuxième étage de l’Hôpital militaire de Lyon. Ce n’est donc pas une influence méphitique provenant des étages inférieurs qu’on pourrait accuser de tels ravages.
Revenons à notre Hôtel-Dieu. Les salles de femmes en couches offrent un mouvement trop remarquable pour n’être pas mis sous vos yeux.
SALUBRITÉ DE l’hÔTEL-DIED.
C'emmes en couches et naissances , de tS40 à i.853.
FEMMES EN COECBES.