ENFANTS NÉS
OBSERVATIONS
ENTRÉES
MORTES
ENTRÉS
MORTS
Fièvre puerpérale.
Fièvre puerpérale.
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La mortalité est de 1 sur 68.94.
En d’autres termes : sur cent femmes en couches on compte 1.45 décès ; pendant les cinq dernières années, 1.75.
Enfants nés : sur cent enfants, on en compte 6.55 morts-nés.
Il y a eu, en 1845, une épidémie de fièvre puerpérale; on n’en avait point vu pendant les dix années précédentes. Cette même épidémie devait nécessairement se reproduire sous la maligne influence de la constitution médicale de 1847, dont les effets désastreux, très évidents à l’Hôtel-Dieu, ne le sont pas moins à l’hospice de la Charité, ainsi que vous pourrez bientôt vous en assurer.
Pendant les cinq premières années, de 1840 à 1844, la mortalité est représentée par des chüBfres sur lesquels on ne doit pas se faire illusion : plusieurs accouchées, atteintes d’accidents consécutifs, de métro-péritonites, par exemple, terminées par la mort, furent transportées dans une infirmerie voisine, dont le mouvement reste étranger à celui des salles d’accouchement. Ces cinq premières années n’ont donc pas été plus favorisées que les cinq dernières. Quoi qu’il en soit, on peut dire que, malgré cette légère différence, la mortalité se maintient bien au-dessous de celle qui règne dans les hospices de maternité, en général.
Cet heureux résultat doit être attribué à deux causes : la salubrité du local, et la patience de nos sœurs hospitalières chargées du soin des accou-
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chements. Expérimentées et prudentes, elles savent attendre et laissent à la nature le temps de déployer ses ressources. Elles se contentent d’aider avec réserve le travail^ sans vouloir hâter, par les moyens de l’art, le cours normal de l’acte de la parturition (1).
Si, en embrassant d’un coup d’oeil le mouvement comparatif de ce bel hôpital dans les deux périodes mises en regard, vous avez à vous applaudir de la diminution de la mortalité ramenée de 1 sur 7 à 1 sur 9, vous devez éprouver le désir dé faire plus. Les améliorations opérées ne sont qu’un motif d’encouragement à de nouvelles entreprises.
Dans plusieurs de nos salles, les lits des malades Sont trop serrés; c’est une nécessité dé les espacer, en laissant entre eux un intervalle d’un mètre. On ne saurait se faire une idée de l’effet salutaire que peut produire la soustraction de quelques lits dans une salle de malades. En voici un exemple : Dans les hôpitaux militaires de Metz et de Strasbourg, on avait à déplorer une mortalité qui dépassait les proportions ordinaires. L’intendance finit par se rendre aux conseils des médecins : ils demandaient la suppression de deux rangs de lits dans les salles peu aérées, qui en contenaient quatre
(i) Voir le Traité de la Salubrité dans les grandes villes, par MM. Monfai.con et de PotmtÈRE. 1846, in-8.
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rangs. Depuis l’exécution de cette mesure intelligente, le chiffre de la mortalité diminua" d’un quart et presque d’un tiers.
Les salles de l’Hôtel-Dieu de Lyon n’exigent pas une réforme aussi radicale. Dans la plupart, il est vrai, les lits sont trop serrés ; ils devraient tous être séparés, disons-nous, par un intervalle d’un mètre. Ce plus grand espacement est fort désirable pour lebienêtre des malades, comme pour la facilité du service, notamment dans les salles de chirurgie. On arrivera plus tard, nous n’en doutons pas, à réaliser ce vœu exprimé depuis longtemps. Mais, en attendant, les conditions actuelles sont-elles aussi mauvaises que le pensent les étrangers à la vue de nos bts trop serrés? Cette question est tellement importante, que , sans chercher à faire ici un traité d’hygiène, je crois nécessaire de m’y arrêter quelques instants.
Je n’ai jamais pu lire sans en être frappé un passage du savant Pringle, conçu en ces termes : « A l’égard de la disposition des hôpitaux, pour y conserver la pureté de l’air, la meilleure règle est d’admettre dans chaque salle si peu de malades, qu’une personne, qui ne connaît pas le danger du mauvais air, croirait qu’elle en pourrait contenir le
double ou le triple.Une expérience constante
démontre qu’en peu de jours l’air se corrompt dans
des salles trop pleines et où l’air est renfermé.
J’ai toujours remarqué que les salles dont on ne pouvait exclure l’air extérieur à cause que les
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fenêtres étaient brisées, se trouvaient les plus saines (!)• «
Les réflexions judicieuses de ce profond observateur ne doivent jamais être oubliées. Bien que le médecin anglais eut surtout en vue les hôpitaux improvisés pendant la guerre et à l’occasion des épidémies, il plaide également la cause des hôpitaux réguhèrement installés. Cependant l’ordre, l’économie, la nécessité de pourvoir à de nombreux besoins au moyen d’un service facile, exigent qu’on ne perde pas inutilement l’espace et que les lits soient rapprochés ; telle est la force des choses. Jusqu’à quel point ce rapprochement des hts est-il permis pour concilier l’intérêt des malades avec la régularité et la promptitude du service ? c’est là ce qu’il importe de déterminer.
D’après les travaux de l’Académie des sciences, les expériences et les calculs de Lavoisier, de Tenon, de Guy ton de Morveau, de Carmichaël Smith, de Hœberl, etc., un malade doit avoir à respirer 52 mètres cubes d’air pur, et un convalescent 48 mètres cubes (2). Tenon demandait sept toises cubes pour chaque malade, c’est-à-dire 56 mètres cubes,
(1) Baronnet Pringle , Observations sur les maladies des armées , 1. 1 , p. 201-202 , trad. sur la 7* édition anglaise ; 2 vol. in-12,.1771.
(2) Baron de Gérando , De La bienfaisance publique, t. ir, p. 336. 4 vol. in-8, 1839..
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et six toises et demie pour chaque convalescent.
Ces calculs, souvent controversés, ont été singulièrement réduits par suite d’expériencesplus récentes. « Si le même air ne doit être respiré qu’une seule fois, dit M. Péclet, la quantité d’air nécessaire à un seul individu est, pour une heure, de 787 centimètres cubes, et pour 24 heures, de 18 mètres 88 centimètres cubes. Si l’on ne voulait pas user pour la respiration l’air saturé par la transpiration cutanée, il faudrait, dans les mêmes conditions et pour le même temps, 166 mètres cubes ; mais c’est là une limite extrême qu’il est rarement nécessaire d’obtenir (1). >î On peut donc prendre pour base les premiers chijQfres, c’est-à-dire 18 mètres 88 centimètres cubes.
L’Administration de la guerre parait les avoir adoptés, puisque le règlement pour le service des hôpitaux militaires du avril 1831, ne denaande, selon les idées de M. le docteur Bégin, inspecteur général, que 20 mètres cubes pour chaque malade fiévreux ou blessé , et 18 mètres cubes pour chaque galeux, vénérien ou convalescent. Mais ce volume, suffisant en thèse générale, nous semble exiger le renouvellement firéquent et facile de l’air confiné (2).
(1) Tenon, 4 ^ Mémoire, page 193. —M. Péclet, Traité du calorique et de ses applications. — M. Lamothe , Nouvelles études, sur la législation charitable. In-8 , 1850.
(2) M. Michel Léty , Traité d'hygi'ene publique et privée; 2 Yol. in-8, Paris , 1859.
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Ceci posé, examinons quelles sont les conditions de nos salles, par rapport au volume d’air attribué à chaque malade et au renouvellement de l’atmosphère confinée.
Le tableau qui suit répond à la première partie de cette demande (1) .
(1) Ce tableau, dressé par M. l’architecte des hôpitaux et modifié depuis peu, par suite de quelques diminutions dans le nombre des lits et de la création récente de deux salles de malades, figure dans l'intéressant ouvrage de M. le professeur Pointe, intitulé : Histoire topographique et médicale du grand HÔtel-DUu de Lyon. 1843, grand in-8.
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Tableau comparatif des salles de rHôtel-Dieu, considérées sons le rapport de la quantité d’air dont les malades dis. posent dans cbacnne.