‹ Considérations Sur La Structure De Quelques Espèces Du Genre HOLCUSChapitre 2 sur 2 · SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

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faisante de ce phénomène, si nous n’avions étudié l’organisation de VHolcus setiger.

VHolcus setiger est une plante du cap de Bonne-Espérance, réunie récemment par M. Steudel, mais bien à tort, à YHolcus annuus. C’est un nouvel exemple qui prouve que deux espèces peuvent avoir un port, un faciès presque identiques, et cependant présenter dans leur structure intime des différences telles qu’on puisse les ranger dans deux genres différents. Cet Holcus setiger a, comme VHolcus lanatus, mais d’une manière moins apparente, la fleur hermaphrodite de ses épillets supportée par un axeappendi-

culé à la base, et se dédoublant à la maturité des caryopses; mais la division opposée à la glume supérieure, au lieu d’être nue, comme dans VHolcus lanatus , porte à son sommet une fleur mâle dont la glumelle inférieure est bicarénée et regarde la glume supérieure, de sorte que dans le même épillet on a deux fleurs naissant presque au même niveau et ayant toutes deux les mêmes rapports avec la glume inférieure.

Pour expliquer le diagramme de cet épillet, il faut admettre que la glume supérieure de cet Holcus a émis à sa base un axe secondaire terminé par une fleur mâle, et soudé plus ou moins intimement avec l’axe primaire. Cette manière de voir nous parait seule expliquer le diagramme de Y Holcus setiger, car elle est en tout conforme à la loi qui règle la disposition des feuilles sur la tige des Graminées.

Supposons, en effet, que de l’aisselle d’une feuille de Graminée parte un axe secondaire. La première feuille qui naitra sur cet axe sera tournée du même côté que la feuille qui, sur l’axe principal, alterne, en lui étant superposée, avec la feuille de l’aisselle de laquelle est né cet axe secondaire lui-même. Nous voyons que dans ce cas, il y a la plus grande analogie

avec ce qui se passe dans VHolcus setiger. L’axe secondaire est la division qui supporte la fleur mâle; la glumelle inférieure de cette fleur représente la préfeuille; elle regarde la feuille-mère du rameau (la glume supérieure), et tourne par conséquent son dos à l’axe principal de l’épillet.

Si, daus VHolcus setiger , on est forcément amené à considérer le pédicelle qui supporte les deux fleurs inférieures de l’épillet comme formé de la réunion et de la soudure dç l’axe primaire et d’un axe secondaire, par la même raison, il faut considérer le pédicelle de la fleur inférieure de VHolcus lanatus , de VHolcus annuus, et d’autres especes du même genre, comme composé de deux axes ; seulement la fleur mâle, qui devrait se trouver au sommet de l’axe secondaire, aurait avorté. On croirait eu effet difficilement que les fleurs d'espèces aussi voisines que VHolcus setiger et VHolcus annuus aient été formées sur deux types différents.

G t’st In première fois que, dans les Graminées, on observe un axe secondaire partant de l’aisselle de la glume supérieure.

Cette observation peut être riche en résultats; elle servira sans doute a

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expliquer de nombreux diagrammes anormaux observés dans les Graminées, surtout dans les tribus des Andropogonées et des Rottbœlliacées.

Il est bon de remarquer que, dans la ileur mâle de Vfioleu* setiger, la préfeuille est représentée par la gluinelle inférieure, au lieu de l’étre, comme dans pi esque toutes les fleurs des Graminées, pur la glumelle supérieure. Cette préfeuille ou glumelle inférieure est bicarénée, par la pression sans doute que l’axe de la fleur hermaphrodite a exercée sur elle, pression analogue à celle qui rend si méconnaissable la glumelle supérieure de la fleur des Graminées, ce qui a fait dire a plusieurs organographes qu’elle était formée de la soudure de deux feuilles, opinion en désaccord avec In phyllu-

taxie de ces plantes et l’analogie existant entre la structure des cpillets et celle des rameaux (1).

M. Planchon fait observer que chez les Marantacées, notamment dans le genre Calathea, les bractées présentent la même structure et les mêmes nervures que chez les Graminées.

M. Ménière fait à la Société la communication suivante :

;,’OTE SUR LA FÉCONDATION' DES ORCHIDÉES, par M. MÉVIFRF

Dans la séance du 24 novembre 1854 (voy. le bulletin, page 285), M. Bâillon, membre de la Société, a communiqué à l’assemblée quelques observations relatives au mode de fécondation du Cataactum luridum, l.indl. D’après M. Bâillon, il aurait constaté le phéuomène suivant :

Par suite de lu position du labeile a l’égard du pynosteme, le rétinoïde se détachant tout à coup du sommet delacavité du stigmate, irait, en vertu du ressort du caudieute recourbé, s’attacher au labeile eu entraînant avec lui les deux niasses polliniques. Ainsi placé, cet appareil se trouverait dans des conditions telles, que ces masses en contact avec le stigmate, opéreraient

la fécondation.

M. Bâillon a constaté dans cette espèce un fait qu’il n’entend pas généraliser j il pense que les memes fonctions peuvent s accomplii d une maniei e différente, que la nature multiplie les moyens d arriver à un même lésultat,

la propagation de l’espèce.

J’ai examiné avec soin le Ccdaselum luridum, ainsi que plusieurs aubes, et tout récemment encore, le serniupertum, saus pouvoir reconnaitie la

(1) Pendant que cet article était sous presse, M. Grœnland a eu l’occasion d examiner plusieurs échantillons d'Holcus setlger envoyés de Hambourg par .M. le docteur Sonder. 11 compte communiquer à la .Société, dans une prochaine séance, le résultat de ses observations, d’après lesquelles la fleur mâle supplémentaire, dont la présence a été constatée sur quelques échantillons d llolcus selujer , ne

serait qu’une anomalie.

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