‹ Considérations sur la valeur globulaire dans les cardiopathiesChapitre 8 sur 16 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Jeanne D..., dix-sept ans. Domestique.

Entre avec tous les signes d’une scarlatine généralisée à la période d’éruption. Plus abondante au niveau des plis articulaires du côté de la flexion.

La température est à 40°,5. Le pouls rapide dépressible. Adynamie et subdélire.

Rien aux poumons.

12 octobre. — La température bonne. Le délire a cessé. La

SEVRES

langue qui était blanche se dépouille et prend l'aspect framboisé.

L'éruption n’est plus apparente qu'aux plis articulaires, mais ceux-ci au niveau du carpe, du méfacarpe et des doigts sont le siège d'une tuméfaction légère et un peu douloureux à la pression.

Pouls 120.

Quinine (0,75). 2 grammes d’antipyrine.

14 octobre. — Température normale. Desquammation commence au niveau du cou, par petites écailles.

Les urines à l'entrée contenaient de l’albumine en notable quantité avec des urates. Bains de sublimé.

15 octobre. — La température après s'être élevée les deux derniers jours est normale.

Les bruits du cœur sont énergiques, La pointe bat dans le quatrième espace au-dessous du mamelon. À ce niveau roulement présystolique. Souffle systolique intense en jet de vapeur. Pas de dédouble du 2° temps.

Pouls régulier,

Pas de palpitation.

20 octobre. — Urines 1100 grammes, pâles, jaunâtres, claires.

Pouls 9,6.

24 octobre.— La malade se plaint d’avoir eu, la veille au soir, quelques palpitations et un peu de dyspnée.

Numération globulaire.

20 octobre 5.160.000.

24 — 5.370.000 On remarque une grande quantité d’hématoblastes.

28 — 5.840.000 La dyspnée devient de plus en plus forte. Le souffle de la pointe est de plus en plus intense. On perçoit des râles aux deux bases des poumons.

Administration de digitale.

5 novembre 4.600.000.

sueur 107% amme

9 novembre 5.700.000 A jeun.

— 5.070.000 Après le repas.

10 — 5.800.000 Le cœur a faibli de nouveau, administration de digitale.

12 = 5.030.000 — — — 15 — 4.500.000 Laldyspnée a disparu. La malade sort.

OBsERVATION [I (Résumée)

Eétrécissement mitral et insuffisance, Insuffisance tricuspide. Foie cardiaque.

Rachel M... quarante-cinq ans, — Parents ni rhumatisants ni cardiaques. Bonne santé jusqu’à vingt ans. À l’âge de vingt ans, rhumalisme articulaire aigu, ayant siégé surtout au coude, au poignet, à l’épaule des deux côtés,

Deux mois après scarlatine. Deux mois après sa scarlatine Ja malade prit de l’ædème de la face, des membres, qui dura environ trois mois, en même temps elle avait des démangeaisons et probableinent de l'urticaire. Elle n’eut pas à ce moment d’oppression marquée.

La santé revient rapidement et se maintient jusqu'à J’âge de vingt-cinq ans. De vingt-cinq ans jusqu'aux quatre derniers mois la malade eut de temps à autre de l'œdème des membres inférieurs, des maux de tête, quelques troubles de la vue et de l'oppression. Il y a quatre mois à la suite d’un excès de travail, l'oppression s’est rapidement accrue, les battements du cœur sont devenus plus violents et pour cette affection la malade à fait un séjour aux deuxièmes Femmes, d’où elle est sortie il y a quinze jours,

Actuellement, la malade a un facies cyanosé, Les lèvres sont violacées, les veines jugulaires dilatées, avec du pouls veineux, Les pupilles sont un peu dilatées, de temps en temps la malade est assoupie et a la téte lourde, Dyspnée assez vive, toux et expectoration visqueuse.

Es

Œdème marqué des membres inférieurs.

Au cœur, la pointe bat dans le sixième espace un peu en dehors du mamelon. À la main on a un léger frémissement qu’il est difficile de localiser. Choc peu énergique. Battements au niveau du creux épigastrique. Le cœur bat rapidement avec quelques irrégularités et quelques faux pas. On entend un souffle dont il est impossible de préciser le siège par rapport à la révolution cardiaque. Ce souffle s’entend aussi au niveau du creux épigastrique.

L’abdomen est ballonné avec des lacis veineux.

Il y a de l’ascite dans les parties déclives. Le foie dépasse d’un travers de main le rebord des fausses côtes. Par une palpation brusque on le sent très nettement et on a la sensation d’un corps qui ballotte dans un liquide. La pression à son niveau n’est pas douloureuse.

Poumons. — Matité aux deux bases. Respiration observée avec quelques râles fins. Pas d'égophonie.

Urines. — Précipité assez abondant d’albumine.

3novembre. — La cyanose et l’œdème ont beaucoup diminué.

31 décembre. — Suppression de la digitale.

La malade sort de l'hôpital bien améliorée, ne conservant qu’un peu de dyspnéeet des palpitations.

Chez elle, elle s’est remise à tousser, l'oppression est revenue et elle revient en asystolie.

Les membres inférieurs sont le siège d’un gros œdème mollasse, blanc.

Il y a aussi de l’œdème du membre supérieur droit.

L’abdomen est ballonné avec ascite se déplaçant facilement par le changement de position.

Le foi est hypertrophié et descend jusqu’à trois travers de doigt au-dessous du rebord des fausses côtes. Il est dur et douloureux. Pouls hépatique très net. Pouls jugulaire.

48 février. — Sous l'influence de la digitaline de Nathivel, diminution progressive de l’œdème.

{ 31 mars. — Le foie est toujours très volumineux et très dur, il descend jusqu’à cinq travers de doigt au-dessous du rebord des fausses côtes.

= Pc

9 avril. — Depuis trois jours, l’urine est plus abondante, le ventre plus souple.

La malade a de la caféine depuis trois jours, on lui avait donné un peu de digitale il y a six jours.f

4 mai. — Les urines sont toujours abondantes,

Le cœur est dans le même état. On n’a jamais constaté de signes du côté de l'aorte. L'état du foie reste stationnaire.

16 juin. — Le foie est énorme, bosselé.

Poumons cardiaques.

On donne 150 grammes de glucose. Glycosurie ‘expérimentale.

Violentes démangeaisons. Urines 1.300 grammes,

3 septembre. — Polyurie à la suite de digitale. L’anasarque a beaucoup diminué. Ventre très tendu.

7 octobre. — Au cœur, souffle systolique, dédoublement du

deuxième bruit. Souffle diastolique.

12 octobre, — Œdème considérable, on fait une ponction. On retire 10 litres de liquide citrin.

22 octobre. Ponction de10 litres de liquide citrin.

24 octobre. — Arythmie. Toujours mêmes signes au cœur.

Numération globulaire.

20 octobre 5.460.000

23 — 5.060.000 3 novembre 5.250.000 8 — 6.140.000 19 — 6.020.000 14 — 5.260.000 Examen fait le soir après le repas. 16 — 5.390.000 20 — 5.460.000 27 — 5.380.000

Durant toute la période pendant laquelle nous avons examiné cette malade, la concentration du sang s’est maintenueet souventdans une forte proportion, puisque le nom-

LR bre des globules a dépassé plusieurs fois 6.000.000. IL est tres utile de rapprocher de cette hyperglobulie, l'existence d’œdèmes considérables et de voir que la numération la plus faible correspond à une ponction par laquelle on a retiré 13 litres de liquide du péritoine.

OBSERVATION IV (Résumée)

Catarrhe et emphysème. Dilatation du cœur droit, Asystolie.

Christophe B.. âgé de soixante-dix ans, crocheteur, entre à l'hôpital le 13 octobre 1892.

Rien à noter dans les antécédents héréditaires du malade.

À eu six enfants, sont morts d’affection inconnue.

En 1859, opéré d’un abcès de l’aisselle gauche.

En 1871, maladie aiguë semblant être du rhumatisme.

Depuis quatre ou cinq ans le malade tousse et crache tous les hivers. Il n’a jamais eu de palpitations de cœur.

Cet hiver il a eu de l’œdème à plusieurs reprises.

Actuellement le malade est envoyé à l'hôpital comme asystolique.

Œdème énorme généralisé remontant aux membres supérieurs et au thorax. Dyspnée marquée, cyanose des lèvres très marquée et légère cyanose des extrémités.

Au cœur, on ne perçoit pas le choc de la pointe, les battements sont sourds, lointains et irréguliers, pas très rapides. Très léger souffle systolique doux prolongé, à gauche de l’appendice xiphoïde Rien à la base.

Le pouls est très petit, dépressible, irrégulier.

Pas de pouls veineux.

Le malade n’a pas d’ascite, Le foie n’est ni hypertrophié, ni douloureux à la pression.

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Aux poumons emphysème des plus marqués.

20 octobre. — Au bout de quatre jours de digitale, deux jours à 60 centigrammes et deux jours à 30, il existe du ralentissement du pouls, on la supprime.

14 novembre. — L'œdème est toujours aussi généralisé et la cyanose aussi marquée, le cœur se relève difficilement.

Numération globulaire.

23 octobre 5.600.000 29 — 5.640.000 prise le matin.

— 5.580.000 prise le soir 4 novembre 5.200.000

8 — 5.700.000 — 5.140.000 après le repas

14 — 5.520.000 — 5.090.000 après le repas

Le 5.320.000

OBsERVATION V (Résumée)

Insuffisance mitrale. — Dilatation du cœur droit. — Rétrécissement aortique. — Emphysème pulmonaire. — Péricardite.

Louise F..., cinquante et un ans, garde-malade, entre à l'hôpital le 3 septembre 1892. Père mort à soixante-dix ans d'affection inconnue. Mère morte à cinquante-deux ans d'affection cardiaque. Deux sœurs en assez bonne santé. *

Antécédents personnels. — Rougeole pendant l’enfance. Etait chétive, s’enrhumait facilement.

Réglée à quatorze ans, toujours assez régulièrement.

= Mariée, deux enfants bien portants, trois morts en nourrice deux de la coqueluche et un de convulsions.

Am RS

Depuis quinze ans a fréquemment des palpitations, essoufflement, etc. Souvent œdème péri-malléolaire.

Toux assez fréquente.

Anémie il y a douze ans.

Jamais de rhumatisme articulaire.

La ménopause est survenue il y a un an et demi.

Depuis palpitations. Suffocations plus fréquentes. :

Œdème des membres inférieurs remontant jusqu’au milieu de la cuisse. Examen du.cœur,

La pointe n’est pas localisable à la palpation. On sent une impulsion vigoureuse et en masse de la région précordiale.

Le maximum des bruits du cœur paraît être dans le sixième espace à trois travers de doigt en dedans du mamelon.

Le premier bruit est le siège d’un souffle systolique vibrant, se produisant plus particulièrement à la fin de la contraction cardiaque.

Ce souffle s’entend plus nettement avec un timbre plus clair dans le creux épigastrique qui est le siège de battements. Il se propage dans l’aisselle. :

A la base dans le troisième espace sur le bord gauche du sternum, souffle systolique d’un timbre plus aigu que celui de la pointe et s’entendant également bien dans le troisième espace du côté droit.

La malade est pâle, amincie, maigre, légèrement cachectique.

Pas de pouls veineux.

Les urines ne contiennent pas d’albumine.

Aux poumons, sonorité exagérée, inspiration humée.

4e" octobre. — Au niveau du deuxième espace intercostal sur le bord gauche du sternum, double bruit de frottement produisant un bruit de galop.

13 octobre. — Les frottements s’accentuent (pointes de feu).

18 octobre. — Vomissements. Impulsion cardiaque est excessivement énergique.

A l’auscultation, à la pointe on perçoit un rythme de galop et un souffle systolique très intense se propageant vers l’aisselle. Dans

Sn Pour tout le reste de la région mésocardiaque bruit de frottement avec mouvement de va-et-vient, maximum d’une part en haut au niveau de la baseet d’autre part en bas au niveau de l’appendice xiphoïde. Il est aussi très intense au niveau de la pièce moyenne du sternum, On trouve au niveau des scalènes de la douleur des phréniques à la pression.

Pouls 120, régulier, moins faible, dépressible.

20 octobre. — La malade à eu ces trois ou quatre derniers jours un accès d’asystolie très amélioré par la digitale (0,25).

Le matin elle est calme et n’a pas de dyspnée.

Ce qui domine à l’auscultation, c’est le bruit de frottement dans le troisième espace gauche, il est très râpeux.

En outre, à la pointe, souffle doux propagé du côté de l’aisselle,

23 octobre. — Même état du cœur.

8 novembre. —- La malade se trouve bien, pas de trace d’asystolie.

Numération globulaire :

18 octobre 5.609.000 accès d'asystolie

14 — 4.900.000 asystolie a disparu.

26 — 4,400.000 — 29 — 4.900.000 — 5 novembre 4.800.000 avant le repas.

— 4.300.000 à 3 heures du soir. AS 8 — 4.190.000 —

9 — 4.500.000 avant le repas.

— 3.700.000 à 3 heures du soir.

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OBSERVATION VI (Résumée)

Rétrécissement mitral. — Hémiplégie gauche.

Antoinette L..., âgée de quarante-quatre ans, lingère, entre à l’hôpital le 26 août 1892.

Mère morte à vingt-cinq ans, de fièvre cérébrale. Pêre soixantedouze ans, se porte bien.

À onze ans, première attaque de rhumatisme articulaire aigu sans cause appréciable. Plus d’autre manifestation articulaire avant cette dernière année.

Réglée à quatorze ans, très régulièrement, pas de chlorose.

Jusqu'à il y a onze ans la malade ne s’est jamais ressentie de son affection cardiaque. Elle était cependant facilement essoufflée. après une marche rapide ou l’ascension d’un escalier, — Il y a onze ans, après une course rapide, elle a de fortes palpitations et prend une syncope.

Influenza, il y a deux ans, légers crachements de sang à cette époque. Vive dyspnée, palpitations.

Au mois de juin 1891, nouvelle attaque de rhumatisme. On diagnostique à cette époque un rétrécissement mitral.

Le 14 août, elle a une attaque, La face est déviée et il existe une hémiplégie droite.

Au cœur, à la palpation on sent un frémissement au niveau du cinquième espace intercostal, en dedans du mamelon. La pointe n’est pas nettement localisable.

A l’auscultation : arythmie énorme, faux pas du cœur.

Roulement présystolique, dédoublement du deuxième bruit.

Pouls petit, intermittent, pas de pouls veineux.

Rien aux poumons.

La malade a les lèvres et les pommettes cyanosées.

25 octobre. — Le cœur qui avait été soutenu à l’aide de la

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digitale a de nouveau faibli. Palpitations intenses, dyspnée violente. Un peu d’œdème des malléoles.

8 novembre.— La malade est bien mieux ; elle conserve toujours les lèvres un peu cyanosées.

16 novembre. — Elle quitte l’hôpital.

Numération globulaire.

25 octobre 6.500.000 palpitations, dyspnée.

4 novembre 5.130.000

9 — 4.330.000 examen, après période de digestion. 12 — 4.960.000

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