‹ Considérations sur le but moral des beaux-arts (volume 2)Chapitre 8 sur 15 · SERMENT DES HORACES · texte numérisé non relu

SERMENT DES HORACES

L'exemple des grands ar cistes est un puissant stimulant pour ceux dont le cœur est susceptible d'être animé du beau feu de la gloire.

Louis David^ le grand peintre^ le régénérateur de l'école française^ est le maître dont les œuvres & la docte parole ont rouvert la voie aux intelligences assez heureusement douées pour comprendre un tel maître & s'élever jusqu'à lui.

Dès sa jeunesse on le voit, dédaignant de frivoles dissipations, se livrer avec ardeur aux

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études sérieuses^ se pénétrer des grands faits de l'histoire^ s'inspirer des beautés des meilleurs poëtes. Par l'intelligente contemplation des œuvres des peintres célèbres^ il s'applique à saisir les secrets d'une ordonnance pittoresque, il observe l'expression des caractères, & se pénètre de la dignité du style, A l'aspect des monuments antiques sa jeune imaginadon, frappée de leur beauté sévère, pressent déjà cette régénération qui devait caractériser les œuvres qu'il projetait. Il préludait ainsi à la transformation par laquelle il cherchait à s'affranchir de la fausse & funeste facilité qui. en général, dominait alors dans les errements de l'école.

Mais c'est à Rome que David devait réaliser ces vagues aspirations. Au sein des merveilles que renferme la ville éternelle, ébloui autant que ravi, il reconnaît qu'il ne sait rien, ou du moins il a le courage de vouloir oublier pour apprendre à nouveau. Le succès couronne ses efforts ; il entrevoit déjà la possibilité d'atteindre le but vers lequel il aspire. Dès lors^.

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marchant d'un pas ferme^ on le voie montrer ime force intelligente^ une volonté perse vérante^ cachet de prédestination & résultat d'une conviction profonde. Enfm^ parvenu à se dégager de la routine où naguère il errait encore^ tandis que son esprit^ remontant à la source du vrai^ guidait sa main incertaine , le principe fondamental de l'art antique lui est révélé^ savoir : que le beau est inséparable du vrai ; que le vrai, déchu de sa pureté originelle, a besoin d'être choisi & que, pour arriver à bien faire, il faut apprendre à bien voir ^

I . Rappelons en ce moment le souvenir des premiers temps de l'art italien ; on le voit d'abord soumis à l'influence des idées religieuses qui proscrivaient alors toute beauté corporelle, comme entachée d'impureté païenne. Vers le xvi^' siècle, l'art se dégagea enfin tout à fait des étroites entraves qui l'avaient longtemps retenu à se complaire dans l'image d'un âpre ascétisme, de scènes de douleur, de pénitence, ou le ciliée & le suaire affligent la vue en attristant l'esprit. Sous le règne du pape Léon X, l'art italien, par d'heureux emprunts à la statuaire antique, parvint

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Voilà le secret que David a su mettre en pratique. Ajoutons que le réformateur esc d'autant plus grand qu'il arrivait de plus loin.

N'est-il pas équitable aussi de lui faire honneur de l'apparition merveilleuse sur le sol français de l'art grec^ de la conquête pour notre pays du genre épique^ genre inconnu jusqu'alors^, depuis les anciens^ & que David était destiné à immortaliser.^ A la gloire d'avoir ouvert cette carrière il joignit celle non moins grande de l'avoir brillamment parcourue.

Par ces faits incontestables, ne doit-on pas respect & reconnaissance à l'homme qui nous a ramenés ainsi aux grandes choses del'art.^.. Et ne suffit-il pas de rappeler un si haut mérite, pour accepter franchement de justes cri-

à une perfection dont Raphaël est l'exemple suprême.

Suivant les mêmes errements, David a pu saisir dans l'art antique le caractère de dignité mâle & fière propre aux héros de l'histoire, s'ouvrent ainsi luimême une voie nouvelle, dont il a su victorieusement atteindre le but.

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tiques portant sur les défauts qui peuvent ternir l'éclat des œuvres du grand peintre?' C'est le droit & le devoir du critique. Mais il serait injuste de poursuivre avec une passion haineuse^ de déchirer^ de nier une des gloires dont nous devons être le plus fiers !

Nous convenons donc que David^ si grand qu'il soit, a pu faillir sous le poids de sa propre création, mais en bonne justice on n'est point autorisé pour cela à contester l'immense part de gloire qui lui est due.

Il serait assurément superflu de rappeler ici les œuvres de David : citons seulement le tableau du Serment des Horaces. parce qu'il touche particulièrement à notre sujet.

Lorsqu'en 1781 on vit à Rome le tableau du Serment des Horaces, cette création d'un caractère si nouveau & si véritablement antique frappa d'étonnement & transporta d'admiration les Italiens & les étrangers, qui tous enviaient à la France le bonheur de posséder un si grand peintr'e. En France, le succès de ce tableau fut tel, que son effet le plus immédiat

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fut un changement subit dans nos goûts^ nos usages & nos habitudes. Dès ce moment d'enthousiasme général, tout fut nécessairement modifié dans nos ateliers , nos fabriques & notre industrie. Tout le monde voulut avoir des habitations, des ameublements^, des costumes à l'antique, & cette révolution du goût transmise par tous les étrangers qui viennent chez nous prendre nos produits, notre ton & nos modes, devint bientôt universelle. Tel fut le succès mémorable de cette superbe peinture.

Mais, comme on ne le sait que trop chez nous, les choses tombent aussi vice qu'elles s'élèvent; il n'en demeure pas moins constant, quelle que soit d'ailleurs la mobilité de la mode, que de si prodigieux retentissements ne résultent d'ordinaire que de la puissante influence d'un grand talent.

Le défaut qui a pu exciter la sévérité de la critique, c'est la disposition théâtrale qu'on remarque dans les compositions de David. A cela nous répondrons que, dans les arts libéraux, le caractère du génie français exige d'à-

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bord l'éloquente signification intellectuelle jointe à la beauté de la forme.

C'est ce qu'on appelle aujourd'hui école spiritualiste, en opposition aux écoles réalistes. Or^ pour nous^ l'art étant un magnifique moyen d'exprimer les idées plutôt que de se borner à l'imitation pure & simple des objets, il en résulte que nous mettons plus de recherche au choix d'un sujet, plus d'importance à l'action, à la pantomime, au respect des convenances, à l'intérêt de situation, en un mot qu'en général nos œuvres sont plus dramatiques. Mais en peinture, du dramatique au théâtral il n'y a qu'un pas,... & l'artiste entraîné par le sujet peut aisément franchir cette délicate limite.

Malgré son éminente supériorité, David n'avait pas la conception prompte ; c'était par des tâtonnements vagues qu'il préludait à l'expression définitive de sa pensée. Pour lui la lumière ne se faisait que par degrés. Ainsi, un jour que l'un de ses élèves s'appliquait à reporter sur la toile le dessin de la figure de

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l'exécuteur qui , dans le tableau de la Alort de S ocra te. présente la coupe de ciguë^ il se trouva que par une erreur de mesure la main de Socrate ne rencontrait pas la coupe... David averti arrive, considère le prétendu défaut, cherche vers quelle partie il portera le changement ; puis, tout à coup il s'écrie : (( Eh non ! c'est bien plus beau ! Socrate va mourir, mais, tout à sa conviction de l'immortalité de l'âme, il ne porte qu'une main distraite vers la coupe fatale. »

Ce sont là de ces heureux hasards où, seul, le génie sait découvrir une beauté sublime.

Cependant, si l'on en croit quelques critiques, David aurait perverti l'école par une influence funeste imposée despotiquement. Ceux-là ignorent apparemment que, par amour pour son art, David avait refusé la suprême direction des Beaux-Arts, que lui offrit le premier consul; David ne voulait pas, disaic-il, jouer le rôle deCh. Lebrun jadis investi par Louis XIV de ce pouvoir absolu qui avait pesé sur les artistes contemporains. On sait d'ailleurs en

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quelles mains ce pouvoir résida pendant le Consulat & l'Empire (M. Denon). Néanmoins, si l'on considère comme une influence imposée, irrésistible, cette respectueuse déférence pour les conseils du grand artiste, cet empressement général à les recueillir, à les propager,... qu'on s'en prenne donc alors à l'enthousiasme qu'éprouvaient les artistes, qu'ils fussent peintres, graveurs, statuaires ou architectes; car tous briguaient l'honneur d'un encouragement auquel la justesse concise de la parole ajoutait une si grande autorité ^

I . Dans le vaste atelier que David occupait vers 1804 dans la chapelle du collège de Cluny, place Sorbonne, quelques amateurs admis à y pénétrer ne se lassaient pas d'admirer le tableau de&Sahines&LceXm de Léonidas aux Thermopyles. Dans son exaltation, l'un des spectateurs proclame David l'égal de Raphaël. Tressaillant aussitôt, David saisit un crayon & trace rapidement les traits caractéristiques de l'admirable figure de femme qui, dans le tableau de la Transfiguration, agenouillée devant les apôtres, leur indique du geste le jeune possédé.

Se retournant alors : « Messieurs, dit-il, celui dont

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Cette influence^ acceptée de tous volontairement^ en toute liberté, a-t-elle donc été aussi funeste qu'on s'efforce de vouloir le persuader.^... Comment! on lui doit Gérard, Gros, Girodet^. Hennequin^. Isabey. Granet^ Pagnest, Léopold Robert, on peut même, sans blesser la vérité, ajouter le nom de Guérin & d'autres qu'il n'est pas encore permis de nommer ici; sont-ce donc là des victimes de cet enseignement prétendu fatal, tyrannique, absolue... Non assurément, car la diversité même de ces beaux talents prouve que le maître savait discerner la vocation naturelle & particulière de chacun de ses élèves, l'y encourager & en déterminer le développement.

Et si, après avoir admiré dans les monuments publics les œuvres de ce grand artiste, on considère dans les galeries, à l'Ecole des Beaux- Arts, la suite nombreuse des grands prix de

« le génie, entre autres chefs-d'œuvre, a su créer une « telle figure, plane au-dessus de tous et ne connaît « pas de rivaux possibles. »

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Rome^ les tableaux de Drouais, de Gauffier, de Fabre, de Girodet^ de Bouillon, de Guérin, de Langlois, de Drollmg. &c., &c., &c., l'on reconnaîtra avec justice les preuves éminentes du talent de ces jeunes artistes tous animés de l'exemple & de la parole du maître, lesquels sont autant de témoignages éloquents, & certainement irrécusables d'un enseignement dégagé de toute espèce de routine, d'un enseignement dirigé avec connaissance & amour des diverses beautés de l'art.

Pour stimuler davantage ceux de ses élèves qui montraient de réelles dispositions, le maître n'exprimait souvent qu'une partie de sa pensée, laissant aux efforts intelligents du jeune homme à découvrir plus tard & par luimême le grand sens renfermé ainsi énigmatiquement dans ses paroles. D'autres fois, pour éprouver la constance de caractère de tel autre ayant faibli dans un concours, il lui déclarait qu'après un si mauvais ouvrage il l'engageait à abandonner l'étude de la peinture... Et de son œil pénétrant, abrité d'un épais sourcil.

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considérant la rougeur subite & l'indignation contenue par le respect empreinte sur le visage du jeune délinquant^ il lui saisissait aussitôt la main^ & d'un sourire bienveillant l'encourageait à prendre une prochaine revanche..

Enfin, le moyen infaillible de captiver son afiPection paternelle, c'était l'ardeur & les succès de l'émulation ; pour ceux-là, il lui arrivait parfois de les emmener au Musée ; ce n'était pas sans un certain étonnement que l'on voyait le peintre austère & fier, l'auteur d'œuvres du plus haut style, apprécier le mérite, admirer les beautés d'art de peintres tels que Van Ostade^. Téniers^ Rembrandt, &, parmi les peintres français, tels que Subleyras & autres, tous si opposés pourtant à son propre talent. David savait découvrir & goûter les diverses beautés de l'art, si cachées qu'elles fussent, tant il aimait tout ce qui est beau & tant il était loin d'être exclusif.

Sa parole toujours brève, mais remplie de sens, était écoutée religieusement, & son afFec-

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tion répondait au respect dont il savait ses élèves pénétrés pour sa personne.

A la grandeur^ à la £erté de sa pensée sur l'art , dans ses entretiens avec ses élèves , il joignait la bonhomie de la forme ; ainsi^ pendant son exil, les succès de ses derniers élèves l'intéressaient encore vivement ; à ceux de sa dernière fournée , comme il disait familièrement, il écrivait souvent pour les encourager à soutenir de plus en plus l'honneur de Técole.

Voici une de ses lettres :

(c Mon cher monsieur C,

(( Je trouve en partie les moyens de m'ac- (( quitter envers vous des marques d'atta- (c chement que vous m'avez souvent expri- (( mées; je me sers de l'organe de deux « habiles peintres, MM. Horace Vernet & (( Géricault, qui m'ont ravi de joie par leur (( présence. Ils sont venus à Bruxelles dans « l'intention de m'embrasser. Nous avons bu à

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u la santé de ceux de mes élèves qui n'ont ja- (( mais refroidi pour moi leur attachement (y filial. Vous êtes du nombre, mon ami, je ne (( dois pas en être surpris. Vous avez un bon (( cœur, j'en ai eu la preuve pour un de vos (( amis qui ne vit plus ; ce qui me convainc de (( plus en plus que les hommes reconnaissants (( sont ceux qui ont le plus de talent. Ne vous (c refroidissez pas, mon ami, vite un beau (( tableau.

« Votre ami,

(( L. David. »

L'illustre professeur se complaisait parfois à s'exprimer en aphorismes; car il voulait que l'élève eut le mérite de conquérir lui-même les secrets de son art, & il se bornait à lui indiquer avec une précision magistrale la route à parcourir.

Un jour, le sujet des études étant une tête

peinte d'après nature, im des élèves, D g,

avait exécuté cette peinture avec une habi-

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lecé remarquable. David arrive, adressant à chacun les observations nécessaires ; il voit

d'un coup d'œil que la peinture de D g a

sans douce obtenu parmi ses camarades un grand succès. Pour donner à tous une leçon profitable^ il loue d'abord le mérite du coloris^ la. Justesse du modelé, la. facilité du pinceau;... mais y remarquant l'absence de caractère^ il dit : (( Mon ami^ regardez le modèle^ ne voyez- vous pas dans ce jeune garçon un petit Caligula ?... & vous en ayez fait un JSicolasf... 0

A tel autre^ sur lequel il fondait de grandes espérances^ il l'encourage pendant un certain temps^ puis^ jugeant le moment venu de le lancer plus haut^ le félicite du talent dont il fait preuve^ mais^ tout en louant sa peinture^ ajoute : (( C'est à la Gérard; tout bien que cela soic^ c'est français. » Persuadé que ces paroles du maître renferment im sens profond^ l'élève s'applique à le pénétrer ; il n'y parvient pas. Ses camarades^ consultés, ne savent pas mieux deviner l'énigme... Les mois se suc-

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cèdent & toujours mêmes paroles, même leçon du maître. Le désespoir s'emparait du persévérant jeune homme, lorsque enfin, devant une nouvelle étude, le maître, montrant un visage épanoui de satisfaction, s'écrie : (( A la bonne heure, ce n'est plus français ; c'est italien! ))

Il agissait ainsi pour ses élèves de prédilection & veillait tellement à développer en eux les qualités d'originalité qui pouvaient les distinguer, qu'il répétait selon l'occasion : « Ne regardez ni à droite, ni à gauche, suivez l'impulsion de votre sentiment naturel, sans risquer imprudemment d'y joindre des quahtés qui vous seraient étrangères & qui sont propres aux talents de vos émules. )) D'autres fois, prenant le crayon ou le pinceau, il disait : « Le chemin est long avec le précepte : il est court avec l'exemple. )> Puis il ajoutait : « Soyons vrai d: abord, beau ensuite. )> Il exigeait surtout le caractère du style.

Gros, son illustre élève, conservait un tel culte pour la sagacité du maître, qu'il ne

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manquait pas de citer son autorité dans renseignement qu'il professait à ses élèves & pour y donner une plus forte conviction : (( M. David, disait- il, dans la circonstance présente, vous aurait fait telle ou telle observation. »

Ces rapides aperçus suffisent à redresser cette erreur que l'enseignement du maître aurait été funeste, & à faire reconnaître que David était aussi excellent professeur qu'il était grand peintre.

Mais ce discrédit qu'on s'est plu à jeter sur les œuvres du maître date déjà d'assez longtemps. Sous le dernier règne, lors d'une exposition rétrospective, un célèbre personnage qui avait alors en main la direction des Beaux- Arcs, à la vue du tableau si justement renommé, la Mort de Socrate , dit avec dédain, en s'éloignant : (( Est-il possible que l'on ait admiré cela ! »

Doit-on s'étonner que de telles paroles tombées de si haut aient porté fruit, & que naguère quelques jeunes artistes, dans la naïveté de leur bonne foi, ainsi autorisés à ne recon-

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naître à David ni style , ni couleur, ni dessin, aient cru cependant lui rendre quelque justice en convenant modestement que peutêtre eux-mêmes n'auraient pas mieux fait 'dans ce temps-là.

L'immortalité de la gloire^ ambitieuse espérance des grands hommes, n'est-elle donc qu'une illusion r^ Marc-Aurèle la définit : Un souvenir plus ou moins prolongé, qui, dans un temps donné, doit, allant de plus en plus s 'effaçant, finir par tomber enfin en oubli.

Il est assurément superflu de défendre la juste renommée de notre éminent peintre. Ses œuvres sont, a nos yeux, le plus éloquent panégyrique, & la gloire de David, l'illustre régénérateur de l'école française, est un précieux héritage que nous léguons à la postérité.

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