CONCLUSION
Nous ne pensons pas devoir étendre davantage ces observations d'artiste. Des écrivains d'un mérite supérieur ont publié récemment d'excellents ouvrages sur les principes fondamentaux des beautés de Tart. Nous applaudissons à leurs nobles efforts, & nous souhaitons vivement que les jeunes artistes se pénétrent des enseignements dont ces ouvrages abondent;. La clarté des démonstrations, l'intérêt donné aux développements du sujet, l'élégance du style, offrent par un heureux concours une
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lecture attrayante autant qu'instructive. Les beautés de Tart & son but élevé, également compris par les artistes & le public, établissent ainsi entre eux cet harmonieux équilibre, éminemment favorable aux progrès des Beaux- Arts.
D'accord avec les préceptes ainsi préconisés, les artistes fidèles à la mission d'élever les cœurs en charmant l'esprit sont dignes des hautes sympathies que la société éclairée doit alors justement leur accorder.
Parmi les auteurs qui, par leurs écrits sur les Beaux-Arts, méritent les éloges des gens du monde & des artistes, citons : l'ouvrage de M.Ch. Lévêque*, intitulé : la Science du beau (ouvrage couronné par l'Institut, 1861) ; par MM. Ménard : Tableau historique des Beaux- Arts (couronné par l'Institut, 1865); par M. Sutter : V Esthétique générale; par M. le vicomte Henri Delaborde : Des Opinions de
I. M. Ch. Lévêque, membre de l'Académie des sciences morales & politiques.
Conclusion, i8i
M, Taine ^ Etudes sur les Beaux '-Arts & Mélanges sur Vart contemporain^ Sur Part italien; par M. le docteur Duchenne (de Boulogne } : la Physiologie appliquée aux arts plastiques^ livre qui révèle à Tattentive observation de l'artiste les secrets mécanismes des phénomènes multiples, expression des sentiments de rame.
Nous ne terminerons pas ce recueil d'observations sur les Beaux-Arts, sans rappeler de belles paroles que nous extrayons du livre du moine Théophile, intitulé : Essai sur divers arts. — Nousjr lisons : « Notre premier père perdit pour une faute de désobéissance le privilège de son immortalité; mais il transmit à sa postérité la prérogative de la science & de Tintelligence, à tel point que quiconque y joindra des soins & de l'application peut acquérir comme par un droit héréditaire les capacités de toute espèce d^art ou de talent. »
Plus loin, cet autre passage :
« L^étude & la méditation découlent des sept dons de PEsprit-Saint : par le don de la force
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tu secoues Tengourdissement de nonchalance, & sans rien entreprendre avec des essais paresseux, tu mènes vigoureusement toutes choses à exécution ; par le don de science ton génie déborde & domine, tu en répands sur le public* les trésors & les perfections. L^art émane de Dieu même ; &, en se livrant à un labeur assidu & fructueux , l'homme accomplit une tâche divine. Que celui qui aura reçu ce noble héritage ne s'en glorifie pas en lui même; qu'il n'enveloppe pas ce bienfait d'un silence jaloux; mais qu'écartant toute jactance il en fasse part aux disciples avec une gracieuse simplicité ; qu'il craigne le jugement porté par l'Evangile contre cet intendant qui, n'ayant pas fait en sorte de rendre avec intérêt la somme à lui confiée, fut privé de tout bénéfice & flétri par la bouche du maître.
« Ainsi, mon fils bien-aimé, n'hésite pas, crois fermement que l'Esprit de Dieu a rempli ton cœur quand tu as orné son sanctuaire de tant d'embellissements & de riches travaux. »
C'est avec ce langage élevé, avec cet
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enthousiasme, que s'exprime ce vénérable artiste, le moine Théophile, qui vivait au xjui® siècle.
Nous devons le tribut de notre admiration au souvenir du grand homme qui , dès longtemps, avait ainsi mis en lumière les diverses connaissances qui développent & perfectionnent les Beaux- Arts , cette éloquente manifestation des élans de Pâme.