‹ Considérations sur le Diagnostic et le Traitement des recto-colites hémorragiques et purulentesChapitre 11 sur 24 · FORMES · texte numérisé non relu

FORMES

A) Forme hémorragico-purulente.

Dans cette forme les évacuations hémorragiques et purulentes constituent le fait dominant. Les malades évacuent avec ou entre les selles une quantité plus ou moins grande de liquide muco-purulent mélangé de sang; ce sont des selles panachées dans lesquelles tantôt le sang, tantôt le pus prédominent. Quelquefois les produits inflammatoires sont évacués seuls, sans

matière, c'est le crachat intestinal de Mathieu.

Les troubles de la défécation se traduisent tantôt et le plus souvent par de la diarrhée, tantôt par une constipation tellement opiniàtre que le pus sanguinolent est évacué seul. La fréquence des selles est très variable allant de deux à dix et même vingt-cinq par jour. Les douleurs, qui sont nombreuses, mais supportables, s’éveillent surtout dans les poussées aiguës; ce sont habituellement : ténesme, épreintes, petites coliques abdominales et sensation de pesanteur périnéale. Il est pourtant de nombreux sujets chez lesquels la recto-colite reste complètement indolore.

Les symptômes généraux sont très variables, tantôt l'état général reste excellent, les malades ne présentent aucun phénomène gastrique et continuent de vaquer à leurs occupations; chez d’autres un amaigrissement et une asthénie importants, une évolution fébrile, des signes anémiques, des symptômes d’intoxication gastro-intestinale les obligent à s’aliter.

(Chez de tels malades, l'examen physique montre un abdomen légèrement distendu avec une corde colique tendue douloureuse, mais ce sera uniquement la rectoscopie qui fera le diagnostic.

La durée de ces recto-colites se compte par années; sur cent dix-sept malades, Logan n’en mentionne que dix-huit dont la maladie n’ait pas déppassé un an. Cette longue évolution est maintes fois entrecoupée par des poussées aiguës et des rémissions prolongées qui constituent l’un des faits les plus intéressants de cette affection.

Le pronostic sera toujours réservé, car à côté des

PC (es

guérisons, à côté des formes prolongées durant de nombreuses années, il est des formes plus ou moins rapides qui évoluent en quelques semaines ou quelques mois.

A côté de cette forme chronique de recto-colite hémorragico-purulente il existe une forme aiguëe réalisant le tableau complet d’une dysenterie bacillaire aiguë : douleurs intenses, évacuations hémorragiques et purulentes incoercibles, température oscillant entre 38 et 40.

Parfois l'évolution est favorable, plus même que dans les formes chroniques, et l’affection guérit en quelques jours ou quelques semaines. Plus souvent cette forme aiguë n'est qu'un épisode dans l’histoire traînante et incertaine d’une recto-colite chronique.

B) Forme hémorragique.

Cette forme est considérée par certains auteurs comme la plus fréquente. Les malades rendent une quantité plus ou moins grande de sang pur ou dilué dans de la sérosité et paraissant hémolysé. C’est généralement ces symptômes qui les décident à consulter.

Deux éléments caractérisent cette forme, l'absence habituelle de phénomènes douloureux et l’importance des hémorragies qui, par leur abondance et leur répétition, entraînent un état anémique inquiétant. Plus que dans tout autre forme, la prédominance des hémorragies fait croire à la simple existence d’hémor-

rot

roides, fait craindre le cancer du rectum, et, seul l'examen endoscopique tranche le diagnostic.

C) Forme purulente.

Cette forme est beaucoup plus rare que les précédentes; le pus peut être rendu pur mais le plus souvent il est mélangé aux matières. Il est crémeux, bien lié ou granuleux et grisàtre; il est parfois en telle abondance que l’on a pu croire à l'ouverture d’un

abcès dans l'intestin.

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