‹ Considérations sur le Diagnostic et le Traitement des recto-colites hémorragiques et purulentesChapitre 12 sur 24 · FORMES ÉVOLUTIVES · texte numérisé non relu

FORMES ÉVOLUTIVES

L'évolution des recto-colites est extrêmement variable, et ce n’esti pas le fait le moins curieux de voir poser un même diagnostic de recto-colite hémorragique et purulente chez un sujet apparemment bien portant, qui, de temps à autre se présente à une consultation externe et chez un malade hospitalisé, grabataire, fébrile, qui se cachectise malgré tous les efforts thérapeutiques.

C’est pourquoi il est nécessaire de distinguer trois formes dans l’évolution de cette affection

a) Dans une forme bénigne la santé reste parfaite, les selles sont normales et les évacuations hémorragiques et purulentes toujours modérées. Le malade arrive à mener une vie presque normale et la guérison peut être espérée en un temps variable.

Il nous paraît d’ailleurs certain que les formes bénignes de recto-colite hémorragique et purulente sont relativement nombreuses et qu’elles passent le plus souvent inaperçues prises pour des crises d’entérite banale.

b) Dans une forme moyenne la recto-colite prend un caractère franchement plus sévère, soit par suite de la répétition et de l'intensité des poussées, qui ne retentissent cependant que modérément sur l'état général, soit par suite de la chronicité des troubles qui rendent la guérison problématique.

Il nous est arrivé souvent de voir à la consultation de M. Bensaude, à l'Hôpital Saint-Antoine, des malades présentant une forme moyenne de rectocolite hémorragique et purulente dont le début remontait à quatre, cinq et même dix ans chez l’un d'eux.

c) Il existe enfin une forme grave à évolution trop souvent fatale malgré tous les efforts thérapeutiques. En quelques semaines, cinq à six mois au plus, les hémorragies, la suppuration continuelle, l’hypersensibilité gastrique se traduisant par des nausées et des vomissements, la température élevée et oscillante entraînent la mort par cachexie ou complications pulmonaires. La gravité de ces formes est souvent marquée par l'apparition d'érythème toxique et de stomatite infectieuse.

A plusieurs reprises, dans le service de M. Bessaude, nous avons vu de tels malades chez lesquels toutes les méthodes thérapeutiques mises en œuvre étant impuissantes à enrayer l'évolution de l'affection, l’appendicostomie ou l’anus iliaque gauche tentés en dernier ressort ne donnaient pas de résultats plus

satisfaisants,

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