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Ce qu'il importe surtout, c'est pour éviter l'accoutumance el la résistance de la flore microbienne, d’alterner les différents médicaments. De plus, Oury conseille, à l’encontre des auteurs étrangers, de n'employer que des lavements de, 100 à 150 grammes, parce qu'ils sont mieux tolérés, peuvent être conservés de longues heures par les malades et irritent moins
les muqueuses.
[Ai + B) Pansements rectaux.
Devant les insuccès fréquents des lavages, Bensaude et Oury sont revenus en ces derniers mois à l'emploi des pansements rectaux, méthode classique utilisée antérieurement par Friedel, Carnot et surtout par Mathieu.
Si les résultats obtenus ne sont pas constants, du moins nous avons pu constater à la consultation de M. Bensaude, à l'Hôpital Saint-Antoine, que souvent les troubles présentés par les malades ont été manifestement atténués par l'emploi des pansements.
De nombreuses formules ont été proposées par Mathieu et Rosenheim; voici celle que nous avons vu employer dans le service de M. Bensaude et qui paraît donner des résultats intéressants :
Pour un pansement rectal. de 150 à 200 em? (dose habituelle) mettre une cuillère à soupe de coréine en paillettes diluée d’abord avec un peu d’eau froide et ajouter progressivement et par petites quantités de l’eau chaude; tourner doucement le mélange jusqu’à obtention d’une bouillie fluide.
Ajouter à ce moment une cuillère à café d'oxyde de zinc finement pulvérisée et une cuillère à café de sous-nitrate de bismuth ou de dermatol; bien mélanger. La bouillie à ce moment plus épaisse doit continuer à couler facilement de la cuillère. On y incorpore 4 à 5 gouttes de laudanum pour faire conserver le pansement le plus longtemps possible (au bout de 2 à 4 pansements le malade le garde facilement et le laumanum peut être supprimé). On y ajoute enfin à ce moment les substances médicamenteuses qui doivent agir sur la muqueuse. Classiquement ce sont l’iodoforme (à 1 %), l’ichtyol (à 1 %), l’eau oxygénée, le bleu de méthylène, le goménol, le collargol (1,2%), le sulfate de zinc (0,02 %).
Dans les essais faits actuellement dans le service de M. Bensaude l’on se sert volontiers de : bleu de méthylène ou violet de gentiane (une cuillère à soupe d’une solution à 1 %), solution de Ziehl (une cuillère à café) gonacrine (une ampoule). L’adjonction de 15 à 45 centigrammes de novarsénobenzol à paru, chez quelques malades, présenter une réelle efficacité. Nous avons vu également incorporer aux pansements des ampoules de 5 à 10 ce. de vaccin (soit autosoit stock-vaccin).
Le pansement ainsi terminé on peut y ajouter un peu d’eau chaude si au moment de mettre la pâte dans la seringue la consistance est devenue trop épaisse.
Pour injecter le pansement dans le rectum l’on se sert d’une seringue de Guyon de 150 cc. que l’on remplit en dévissant le piston et à laquelle l’on adapte une sonde de Châtel Guyon. La pâte est lentement injectée dans le rectum.
Au début de leur emploi le malade garde le pansement cinq à six heures, puis progressivement il arrive à le conserver 18 à 24 heures.
C'est là une méthode utile mais nous n’avons pas
assisté, sous son influence, à de véritables guérisons définitives. |
Deux observations de malades vont cependant
nous permettre d'illustrer l’action de cette thérapeutique.