CONCLUSIONS
1° A côté des dysenteries classiques, on observe assez fréquemment une entité clinique : les rectocolites hémorragiques et purulentes, qui s'en rapprochent par leur symptomatologie, mais qui s’en distinguent par leur étiologie encore inconnue,
2° L'étude de ces recto-colites, définies par exclusion (syndrome dysentérique aigu ou chronique dont l’amibe ou aucun parasite actuellement identifié, non plus que le bacille dysentérique, ne peut être rendu responsable », présente un gros intérêt au point de vue diagnostic. Nombreuses sont les erreurs auxquelles elles peuvent donner lieu; on ne prendra Pas pour une recto-colite hémorragique des hémorroïdes qui saignent ou un cancer recto-sigmoïdien ; de même on ne confondra pas une recto-colite purulente avec des suppurations banales relevant d’un rétrécissement du rectum ou provenant d’une fistule, d'abcès péri-coliques ou péri-rectaux.
En principe, quand on se trouve en présence d’un
syndrome dysentérique on pratiquera avant tout, si les recherches du laboratoire restent négatives, une rectoscopie, seul moyen que nous ayons actuellement à notre disposition pour diagnostiquer d’une façon certaine les recto-colites,
3° L’étiologie encore inconnue de cette affection et la diversité de ses formes lévolutives, en font une maladie difficile à traiter et contribuent à rendre les échecs thérapeutiques fréquents. Il n'existe pas. en effet, de traitement spécifique des recto-colites, et, ce n’est que par tâtonnement qu'il nous est possible de trouver la thérapeutique efficace, variable d’un sujet à l’autre.
C'est toujours par un traitement anti-amibien que l’on débutera; celui-ci étant sans effet dans les rectocolites hémorragiques et purulentes vraies, l'on devra alors essayer successivement : les lavages,
les pansements locaux, la vaccination et les traitements arsenicaux sans oublier que d'institution d'un régime sévère est un adjuvant indispensable au traitement de cette affection.
Nous conclurons donc que nous ne connaissons aucune méthode dont nous puissions affirmer la constante efficacité; chacune d'elle connaît en effet des échecs et des succès. C'est œuvre d’éclectisme et de patience que de guérir une recto-colite hémorragique et purulente, mais il est encore des formes graves par leur tenacité, leur récidives et l'atteinte