‹ Considérations sur le génei du christianisme. "Les beaux-arts." Introduction aux mélodies grégoriennesChapitre 13 sur 22 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

tienne. Une chose banale en restait, la correspondance trop négligée d'un homme jeune qui se laissa rêver, une semaine, dans les paysages inoubliables de Solesmes et qui devait, au retour, traduire au maître ses faibles impressions sur un art merveilleux que le style de Gounod illustrerait de ses couleurs et de son charme. Si le sapin grossier, sans le riche velours qui le recouvrira, peut faire un trône, le traducteur de ces légères impressions de voyage sera heureux d'en avoir du moins construit la charpente où des ornemanistes plus habiles prépareront après lui à l'art chrétien et musical, qui renaît parmi nous, le siège d'honneur où il présidera bientôt, — espérons-le ! — au concert univocal et grandiose que LéonXlII restaure et que Grégoire-le-Grand inaugura, comme une aurore éblouissante dans un siècle de nuit affreuse où sa musique avait suffi à charmer et à convertir les Barbares.

Et quand ce trône, ainsi dressé, serait condamné à ne pas recevoir la séculaire et magnifique hôtesse qui revient de l'exil et demande asile ; du moins la place vide puisset-elle servir à honorer cette grande figure du patriarche saint Benoît dont les fils pieux et savants méritent louange et gloire pour le père : ces fils hospitaliers dont l'inutile écrivain de ces lignes regrette la demeure ; ce père aux œuvres colossales dont les bras bienfaisants s'étendent sur les sociétés de tous les âges, le corbeau symbolique à ses pieds et. dans les plis de sa bure, un de ces petits oiseaux de passage que j'ai vus se blottir au fond du capuce du saint pour y passer la nuit, à la fin de ces jours si dorés et si mélancoliques d'automne où nous

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