‹ Considérations sur le génei du christianisme. "Les beaux-arts." Introduction aux mélodies grégoriennesChapitre 14 sur 22 · XXII PREFACE · texte numérisé non relu

XXII PREFACE

réciiions, devant la statue du Patriarche d'Occident, notre prière du soir :

— Noctem quietam etfinem perfectum concédât nobis Dominus omnipotens !

Ainsi, à monteur, de mon nid, malgré la faiblesse de ma voix, je vais interpre'ter le cantique et la complainte de ces millions de poitrines chrétiennes que j'ai entendues s'ouvrir autour de moi, dans la nuit du passé et le silencedes bibliothèques, telsquedessouffletsd'orgues gigantesques sur les antiphonaires et les cartulaires antiques où je cherchais leurs miserere et leurs alléluia. Ils me disaient, les bons aïeux, les doux chrétiens, les rudes hommes: — Ecris! Nous sommes l'âme de tes pères, et nous voulons dicter à nos enfants le testament harmonieux, le plus humain et le plus consolant qu'aucune histoire, aucune philosophie, enregistra jamais. Depuis les Mamertines de nos premiers Césars jusqu'aux Mazas de vos derniers Démagogues, notre vie de vic- -times ne fat qu'un combat sans merci, et tant de larmes coulèrent sur nos visages que le monde ancien, lavé par elles, en fut purifié. Vous pleurerez, comme nous, car l'injustice n'est pas morte ; et les chrétiens ont, de tout temps, eu moins de goût au rôle de bourreaux qu'à celui de victimes. Comme nous, aussi, vous chanterez et vous enchanterez vos douleurs. Voici la harpe et voici les cantiques. Sur les ondes rhyihmiques des hymnes que nous vous avons conservées, nos millions de cœurs meurtris bercèrent leurs souffrances et naviguèrent du fini de la terre à l'infini du ciel. Montez après nous sur la vague harmonique et, voyageurs en route vers l'éter-

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