PRÉFACE
Le lecteur bienveillant, qui va lire ces humbles notes d'art chrétien, a-t-il assisté à un radieux lever de soleil dans les ruines d'une antique abbaye ? C'était par une matinée brumeuse et froide de l'automne. Le deuil de quelque grande chose morte était aux branches. Celles qui portaient encore à leur faîte anudi un dernier lot de feuilles jaunes, comme un débris de couronne, n'indiquaient, en tremblant sous le vent qui les décimerait à leur heure, que la royauté déjà morte delà bella stagione dont parle Dante, qui dit plus loin, de cette fin d'empire :
Corne d'autunno si levan le foglie.
L'una appresso dell'altra, infin che l'ramo
Rende alla terra tutte le sue spoglie.
Mais tout à coup, au bout de l'horizon creusé comme un tombeau dans le vide glacé de l'espace, un lampadaire inattendu s'allume, s'arrondit, s'élance vers le ciel, dissipe les brouillards, perce la futaie noire et , de ses rayons plus dorés que l'automne , illumine et réchauffe toutes les choses de la campagne,