‹ Considérations sur le génei du christianisme. "Les beaux-arts." Introduction aux mélodies grégoriennesChapitre 8 sur 22 · XVI PREFACE · texte numérisé non relu

XVI PREFACE

jusqu'à ces pierres de ruines où la vieille abbaye veut vivre encore et fait chanter une troupe d'oiseaux endormis, que le chasseur a oubliés dans les lierres.

C'est à la même résurrection joyeuse que, mélancoliquement assise dans les débris séculaires de ses anciens couvents, la France catholique de nos jours assiste sans trop y croire, tant cette renaissance était inattendue pour elle. Mais voici qu'au signal jeté dans le ciel de l'Eglise par ce bel astre des Institutions liturgiques que son admirable auteur avait, vers le milieu de ce siècle, rappelées du royaume des morts dans le royaume des vivants, l'histoire ensevelie des premiers siècles chrétiens a reçu un rayon de cette providentielle lumière dont elle a tout à coup éclairé ses tombeaux et ses ruines. Les cloîtres abandonnés et les bibliothèques désertes ont revu le soleil et révélé leurs antiques secrets, et, autour de ce flambeau rénovateur, tout le cycle chrétien de reprendre son annuelle et solennelle évolution, vieille déjà de dix-neuf siècles. Un moine, — de la race de ceux auxquels saint Bernard adressait dix pages, quand il envoyait au roi de France dix lignes, — un simple restaurateur d'abbaye de village, Dom Prosper Guéranger écrit Thistoire et le poème de V Année liturgique^ et voici que le pape l'écoute, que les cardinaux l'approuvent, que les évêques cassent des crosses sur son dos et les réparent ensuite pour le bénir, que les prêtres lui battent des mains, qu'au son des cloches réveillées et jubilantes tout le peuple chrétien s'assemble, et que l'Eglise entière réapprend

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