PREFACE XVII
sur le calendrier des premiers âges cette procession de jours, de semaines, de mois, que l'Epouse mystique et exilée sur terre conduit autour de son divin Epoux qui l'attend dans le royaume des étoiles, de l'éternelle lumière et de l'intarissable amour. Et quand cette procession incomparablement majestueuse, se renouvelant des rituels primitifs et de l'hagiographie traditionnelle, a rencontré dans ce moine moderne le restaurateur scrupuleusement érudit du cérémonial des premiers âges ; quand, depuis l'humble crucifère jusqu'au souverain porte-tiare, toute la hiérarchie et tout le peuple semblent sortir des Catacombespour apporter, sans une altération de forme et sans une omission de fond, à notre siècle présent le cumulât sacré des siècles antérieurs ; là donc, en cet ensemble harmonieux et grandiose où l'Eglise d'aujourd'hui retrouve son même culte d'autrefois et son imposante unité des premiers âges, — pas une voix chantante n'interprétera ces silencieuses prières, pas une hymne rhythmée et sonnante ne marquera le pas de ces processions et le transport de ces triomphes ?
Qu'est la forêt, sans l'oiseau ? Ou, si l'oiseau en est l'âme, pensez-vous que l'Eglise puisse longtemps vivre sans ses chants ? Attendez seulement que le lever de ce mélancolique et majestueux soleil d'automne réveille d'autres oiseaux, endormis depuis des siècles dans les lierres de l'abbaye en ruines. Dans celle que le génial Guéranger a fait ressusciter d'un coup de sa baguette monacale, aux bords fleuris de la riante et douce Sarthe, du même coup de cette baguette de magis-