Considérations sur le gouvernement des Pays-Bas
Cependant Tarchidncq Albert et Tinfante, sa femme, estant sortis d’Espagne, le 5* de juin et ayant passé à Gennes, Milan, Bourgoigne et Lorraine, oii ils furent par tout receuz avecq l’honneur qui convenoit à leur naissance et grandeur, arrivèrent, à Bruxelles le 5* de septembre 1599, où ils furent receuz, comme aussy par tout le pays, avecq autant de pompe et magnificence que de joye, d’affection et de contentement, que tous les peuples eurent d’avoir des princes naturels, résidens prèz d’eux et encore
6 COMSIDéSATIONS
ceux-cy qui estoient douez de vertus autant excellentes que rares.
La première chose qu’ils firent à leur advènement à cette seigneurie, ce fut de tenter de réduire amiahlement les réhelles à leur domination, leur ayant fait proposer toutes les conditions que raisonnablement ils pouvaient désirer; mais ce fut en vain^ ayans de leur costé faict des propositions extravagantes, et entre autres qu’avant d’entrer en aucun traitté, on fisse sortir tous les estrangers du pays, conditions que firent proposer ceux qui estoient intéressez dans la rébellion, par les charges et honneurs qu’ils y possédoient, qu’ils appréhendoient devoir quitter, au cas qu’ils se fussent réduict*,ce qu’il ne faut attendre des héréticques, qui sont ennemys jurez de la monarchie. Les archiducqs estant désespérez de ces voyes amiables®, se résolurent de continuer celles de la guerre, qu’ils trouvèrent en mauvais estât, par di-
> L'archiduc, avant son départ pour l'Espagne, avait fait part aux provinces du Nord, de la donation des Pays-Bas, consentie par Philippe II, et leur avait demandé de se réunir aux provinces du Sud; ses lettres restèrent sans réponse. A son retour, il était disposé à continuer la guerre, mais les Etats généraux, assemblés le 28 avril 1600, lui présentèrent requête, afin d'étre autorisés à traiter eux-mêmes avec la Hollande et la Zélande, soit de la paix, soit an moins d'une trêve. Us étaient secondés par les envoyés de l'empereur. L'archiduc finit par y consentir. Une députation , composée de trois membres des Etats, se rendit, dès le 8 Juin, à Anvers, puis à Berg-op-Zoom, ou des conférences furent ouvertes, mais eUes n'aboutirent pas. Actes des États généraux de 1600, 125, 127, 131, 143, 157, 169; Négociations avec les Provinces unies, lettres et relations ; Actes des États généraux de 1600, 757-782. Bbntivoolio, IV, 241, 275.
* Soumis.
3 N'espérant plus d'obtenir la paix par les voies amiables.
verses grandes mutinations des soldats, dont les uns firent perdre les forts .de Saint-André et de Crèvecoeur, comme j’ay dit, se rendant à l’ennemy, en nombre de plus de douze cents , et les autres, après s’estre mutiné en Aumont ^ entre Grave et Venlo et à Carpen, eurent Diest pour retraicte, jusques à ce qu’ils fussent payez; ce qui donna l’occasion etl’asseurance au comte Maurice de mettre pied à terre en Flandres, auprès du Sas-de-Gand, avecq une année ■V de 17,000 hommes de pied et 2,500 chevaux, ayant pris les forts de Phihppine et de Buschoire*. Il print sa marche vers Bruges, à dessein de se saisir de l’Escluse, s’il pouvoit, d’où il estoit fort incommodé sur la mer, par les galères de don Augustin Spinola^.
L’archiducq estant informé de ce dessein, ramassa, en grande diligence, le plus de gens qu'il fut possible et ayant fait donner satisfaction aux mutinez, les fit joindre à son armée, qu’il fit aussytost marcher après l’enenmy ; il fut trompé de se voire si bien suivy, n’ayant pas cru que les mutinez deussent le faire, faute que font souvent les plus grands capitaines, qui se règlans suivant des oppinions qu’ils croyent bien fondées, bâtissent sur ce leurs desseins, qui, pour ce, réusissent au contraire de ce qu’ils avoient pensé, n’y ayant paroUe plus laide en la bouche d’un général que celle-ci : « je n'y avais pensé » , puisqu’ils doivent avoir pensé à tout, aussy bien à ce qui peut arriver sans raison qu’avecq
• Haumont.
* BiervHet.
3 Aurèle Spinola. Montplkinchamp, 354.
CONSIDÉIiATIONS
raison, selon laquelle les ennemys ne se règlent pas tousjours et doivent estre préparez à tout.
Le comte Maurice se voyant une armée sur les bras, qui estoit plus grande que la sienne, se résolut de passer entre Ostende etNieuport, avecq espérance de pouvoir encore emporter laditte ville*, qui estoit foible et avecq petitte garnison, avant que l’arcbiducq la pourroit secourir ; et en cas qu’il ne le put, il auroit sa retraitte par le canal de Nieuport, au-devant duquel, il avoit fait venir ses batteaux, ayant mis garnison à Audembourg, par ou ledit archiducq devoit nécessairement passer, et aux forts de Wasquercque® et d’Albert; et pardessus ce trois mille de ses meilleurs soldats, escossois et zelandois qu’il eût, en son armée, derrière une digne, estant un chemin , où ils s’estoient fortifiez. Mais ces précautions servirent peu, d’autant que l’archiducq, picqué de la bravade que lui faisoit ledit comte Maurice, d’estre entré ainsy armé dans son pays, à son nouvel advènement, le suivant avecq ardeur, prit en fort peu de temps, lesdits postes et tua tout ce qu’il y rencontra. Ce qui estonna de sorte le comte Maurice, qu’il se résolut de passer le canal de Nieuport, à basse marée et s’y fortifier, pour favoriser sa retraitte en ses batteaux. Mais l’archiducq, amorcé de ces premiers bous succès, ayant tenu tumultuairement son conseil de guerre, se résolut au pire advis qui y fut donné, par les Espagnols et Italiens, qui estoit qu’il falloit poursuivre la victoire et ne donner temps à l’ennemy de se reconnoistre, contraire à celuy des Walons, qui
■ Nieuport.
* Snaeskerke.
sus LE GOUVERNEMENT DES l'AYS-BAS.
estoit de se fortifier entre Ostende et l’ennemy, qui seroit constraint de mourir de faim , ou de s’embarquer, ce qu’il ne pouvoit sans confusion et sans exposer plus de la moictié de son armée, à la boucherie, ou de les venir attacquer, avecq un très grand desadvantage, dans leurs fortifications; et en cette résolution, attacqua Tarmée des ennemys, qui s’estoit retranchée aux Dunes y prenant l’advante^e du lieu, du vent et du soleil, qui ne sont pas de peu de conséquence aux batailles, et principalement pour son artillerie, qui fit un très grand effect, ayant fait retirer ses batteaux en pleine mer, affin d’oster tout espoir de retraicte ; n’y ayant moyen plus puissant pour vaincre, que le désespoir; comme il n’y a sagesse, en l’art militaire, plus grande, que de n’y pousser son ennemy ; lequel animé de cette nécessité de vaincre ou de mourir, se défendit avecq tant de courage, qu’il emporta la victoire; qui fut plus grande pour le danger infaillible de se perdre, qu’il eschappa, que pour autre advantage qu’il y eut, ayant perdu plus de gens que l’archiducq, et n’ayant gaigné un seul pouce de terre ; ayant esté repoussé de la ville de Nieuport, où le coronel de la Bourlotte * s’estoit jetté, avecq quinze cents hommes, comme aussy du fort sainte Élisabeth*, où ledit la Bourlotte, après la retraitte de l’ennemy, arrière de Nieuport, estoitentré. Tant il importe, après une bataille perdue, d'avoir des hommes qui n’ayent perdu le courage et la résolution, ny aussi le jugement, pour reconnoistre
1 Voyez sur ce brave colonel wallon, Montpleinchamp, 84, note 2, 211, note 2, 219, 220, 406-409.
* Fort Isabelle.
CONSIDÉBATIONS
OÙ on peut apporter le remède et empescher le progrès de l’ennemy, et le faire, comme le fit la Bourlotte,qui a esté un des meilleurs soldats de son temps, mais qui, par un grand malheur, fut tué dans ledit fort, en regardant par une trosnièreS la disposition du camp de l’ennemy, recevant un coup à la teste.
L’archiducq aussy neperdit courage, ayant monstré dans cette bataille, qu’il en avoit, veuqu’ilyfut blessé d’une hallebarde auprès de l’oreille, qui estoit une asseurance qu’il s’estoit meslé parmy les ennemys ; et ramassant le debry de son armée, qu’il accrut par quattre mille Allemands, qu’amenoit don Louys de Velasco, contraignit l’ennemy de s’embarcquer à Ostende, minutant de s'en venger bientostbautement.
Cette bataille arriva le 2 de juillet 1600 ; les curieux, ou plutost les envieux de la maison d'Austriche ayans remarcqué que par un mesme jour, trois cens ans auparavant, Albert d’Austricbe avoit défait, en bataille, Adolphe de Nassau et luy esté l’empire, sçavoir le 2 de juillet 1298.
L’année après cette bataille, l’arcbiducq estant sollicité des Flamands, de leur tirer du pied cette espine lavilled’Ostende,pour laquelle entreprise ils ofifroient défaire touslesfraix,il s’y résolut, aprèsavoir, l’hiver précédent, fait toutes les provisions nécessaires, et y mit le siège le 5 juillet 1601 ; siège des plus mémorables qui ayent jamais arrivé en Europe ! Lequel siège ayant esté entrepris, contre la maxime de guerre, qui défend de siéger une place à laquelle on
I Ouverture pratiquée dans les batteriês et les attaques des places, pour tirer le canon.
ne peut ester le secours, comme on ne pouvoit à celle-cy, estant presque au millieu de la mer, de laquelle les plus grands vaissaux y entroient, à toutes les marées ; à quoy toutesfois , on travailla dèz le commencement, avecq diverses inventions et macliines de guerre, que la violence de la mer rendit inutiles, ce qui contraignit, à la fin, le marquis Spinola, (à qui son Alteze avoit donné le commandement de son armée), de Tattacquer pied à pied, suivant le conseil de monsieur de Catris et autres colonels walons, qui n’avoient esté d’advis de combattre cet élément de la mer , duquel la furie n’estant pas tousjours esgale, ne permet pas de pouvoir entreprendre avecq asseurance aucune chose, h cause qu’il y arrive des esmotions, quelques fois non préveues, si violentes, qu’elles rompent, en un jour, ce qu’elles ont souffert par années, spécialement od la mer est en sa pleine force, comme elle estoit à Ostende, et où l’expérience le fit voir aux despens des entreprenneurs. Et de cette sorte, à la fin, il en vint à bout, mais non si longtemps que les assiégez ont eu de la terre pour se couvrir, à faute de laquelle, ils faisoient des parapets avecq leurs corps morts, n’y ayant jamais manqué d’hommes, qu’ils renouvelloient’par la mer, autant qu’ils vouloient ; par laquelle ils retiroient les blessez, qui estoit encore une grande commodité, se trouvant quelques fois autant d’assiégez dans la ville qu’il y avoit d’assiégeans dehors, sans que les vivres y ayent jamais manqué, non plus que toutte sorte de munitions de guerre.
Ce siège a. duré trois ans, deux mois dix-sept jours, la ville ayant esté rendue le 22 de septembre
1604, ne se pouvant plus dire ville, mais plustost une montagne de terre, ou à mieux dire un labyrinthe et une ruine; n’y ayant, en la ville, une seule maison, ains seulement des fossez, retranchements, allées couvertes et terres remuées, en laquelle paroissoient les ossemens et corps morts ; et au dehors, on y voyoit les approches, digues, trancheez, gailleries, gabbionades, blindes, plattes-formes, places d’armes, batteries et autres semblables inventions, avecq tant de tours et retours, pour éviter les offences de ceux de dedans, que ce n’estoit que confusion. Et cependant ces ruynesavoient cousté la vie, aux assaillans, à plus de cinquante mille hommes, et aux défendans , plus denonante mille, y comprennant les femmes etenfans des soldats, selon le rapport de Pompée Justinian', maistre de camp italien, qui fut tousjours à ce siège et selon celuy de Simon Antunez *, maistre de camp espagnol, qui y a aussy tousjours esté ; l’archiducq y a perdu six maistres de camp et quarante-trois sergeans-majors et adjudans, deux cent cinquante capitaines, dix-sept mille soldats ; et l’ennemy sept gouverneurs, quinze colonels, vingt-neuff lientenans-colonels et sergeans-majors, cincq cent soixante-cincq capitaines, trois cent vingt-deux lieutenans et alferes; deux mille un cent nonante-huict sergeans, quattre mille un cent nonante-huict caporaux , 56,683 sol-
> Pompeo Justiniano est auteur de Rerum Belgicarum commentaria, libri, VI. Montpleinohamp, 334, 354, 364, 370, 378.
* Ces données sont puisées dans le manuscrit 21, 964 de la Bibliothèque royale, attribué A Simon Antunez, ou à l'un de ses officiers et dont une partie a été publiée dans l’appendice de VHistoire de Farchiduc Albert, par Montpleinchamp, 240, note 1, .575 et suiv.
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dats, 881 matelots, 800 marchands et 2,198 femmes et enfans.
Cette Tille ayant cousté au roy d’Espagne et à l’archiducq la vie de tant de braves hommes et plus de sept millions d’or, fut entreprise, comme dit est, à la grande solicitation des Flamens, qui firent comme les enfans de Zébédée, ne sçachant ce qu’ils deman* doient, veu que pour une espine qu’on leur a tiré, laquelle ne les poignoit plus, estant bridée des forts de saint Albert, sainte Élisabeth, sainte Claire, saint Michel, Bredene, Blankenberge, Oldembourg* et Snauskerck*, de sorte que pas un soldat n’osoit sortir d’Ostende. Ce siège a donné commodité aux HoUandois de leur en planter trois autres , qui les picquent plus au vif et qui sont plus difficiles à arracher, à sçavoir : L’Escluse, Ysendyck et Ardembourg, que les Hollandois ont presque rendus imprennables; outre les villes de Grave, en Brabant, Wachtendonck, en Frise, et Reynsberg,en Cléves, qu’ils ont encore pris durant ce siège ; de façon que les archiducqs y ont plus perdu que gaigné et appris qu’il ne faut jamais s’engager tellement à un siège, qu’on ne réserve des forces pour protéger son pays, et empescher les entreprises de l’ennemy, qui se sçait si bien prévaloir de la diversion, qui est le moyen le plus utile pour se défendre, quand on n’a point le pouvoir de secourir une place d’importance, récompensant sa perte, par une prise équivalente et quelques fois meilleure.
L’année après, le roy et les archiducqs firent la paix
1 Audenboui'g.
* Snaeskerke.
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avec Jacques, roy d’Angleterre ; laquelle fl fit pour remédier aux plaintes que ses sujects lui faisoient de l’intérest qu’ils supportoient, par la privation de leurs commerces, qu’ils font principalement avec le Pays- Bas, et non pour intention qu’il eut de la garder, en ce qu’il estoit obligé de ne donner secours aux rébelles, qu’il continua depuis, comme auparavant, les princes ne faisans la paix, non plus que la guerre, que par intérest. Don Juan i de Velasco, connestable de Castille, la négocia de la part du roy, et le comte de Hereford la vint jurer à Bruxelles, de la part de celuy d’Angleterre, où il receut l’ordre de la Toison d’or.
L’archiducq ayant de plus prez considéré au moyen de faire utiUement la guerre aux rebelles, remarqua que jusques à présent l’on n’avoit pris le chemin pour les réduire, que par celle qu’on avoit faicten Flandres et en Brabant, où en prennent une ville et en perdant une autre, c’estoit perpétuer la guerre, sans enespérer la fin, et sans que les Hollandois et Zelandois, ny les autres provinces , sentissent aucune incommodité en leurs maisons, ny courussent aucune fortune; ce qui le fit résoudre, avecq l’advis du marquisSpinola,quiy estoit grandement porté*, de transporter la guerre en
* Don Juan Ferdinand de Velasco, duc de Prias, connétable de Castille, qni avait été gouverneur de Milan, signa le traité entre l’Espagne et l’Angleterre, le 29 août 1604. Un traité de commerce fut conclu entre la France et l'Espagne, le 12 octobre de la même année. Celui-ci fut la conséquence du premier et aussi de la prise d'Ostende. Sismondi, XV, 202, 203 ; Van Me- TBBEN f>» 547 et suiv. Huns, Histoire dC Angleterre. VIII, 183.
2 C'est & Spisola, et non A l’arcbiduo, qu’il faut attribuer l’idée de porter la guerre au cœur des Provinces-Unies. BentivooLio, IV, 379; Montpleinchamp, 451.
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Frise, laquelle estoit notablement' ennemye et dont les rébelles tiroient des grosses contributions, estant encore par là l’entrée plus facile en Hollande, ce qui fairoit aussi descharger les provinces obéyssantes du faix de la guerre, qu’elles avoient soutenu jusques à présent. Ensuitte de laquelle résolution, le marquis Spinola, ayant une armée plus puissante que jamais, entra dans le pays de Frise, n’ayant laissé pour la garde de Flandres et de Brabant, que quelques trouppes, soubs le commandement du comte Frédéricq Van den Bergue*, où d’abord il prit OldenzeeP; et puis Lingen*, ville forte et importante, pour le passage, estant frontière de l’Allemagne et de Frise, qu’ilassiégea contre l’oppinion de plusieurs, qui n’approuvoient point qu’il laissasse tant de places derrière, tant ennemyes que neutrales, voulant qu’il prist celles-là auparavant, et qu’il s’asseurasse de celles-cy ; mais il le fit sur ce qu’il sçavoit n’y avoir à Lingen, que cincq cens hommes de garnison, gens nouveaux, non capables de la défendre, ce qui le £aisoit s’asseurer qu’il la prendroit en peu de temps, et avant qu’elle puisse estre secourue, ce qu’il ne pourroit faire, s’il s’arrestoit aux autres ; lesquelles il faisoit estât d’attacquer, et après, en venir à bout aisément, pour n’estre si fortes ; et pour les neutrales, il estoit d’accord avecq elles, pour les vivres, en
• Notoirement.
«•Frédéric do Berg, qui avait rempli la charge do maître de camp général, était gouverneur de l'Àrtois et fut chargé du commandement de l'armée laisaée en Flandre. Momtplkun’chahp, Appendice, 578.
« Oldenzeel se rendit le 10 août 1605. Ibid, 583.
* Linghen capitula le 18 août. Inio, 584.
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payant ; et de faict, il prit la ville deWachtendoncq i, et quelque temps après Lochem, Grol et Rheymberge et fit le notable secours de Grol, que les Hollandois tenoient assiégé, avecq quinze mille hommes de pied et trois mille chevaux, n’ayant l’ennemy que huit mille hommes de pied et douze cents chevaux qui furent constraints de marcher la pluspart du temps en l’eau; le comte Maurice ne les ayant osé attendre, à cause qu’on l’alloit attacquer, en un endroict où ses fortifications n’estoient encore achevées, ne jugeant pas estre seur, pour luy, de combattre, entre la ville et l’armée ennemye ; en quoy Spinola acquit plus de réputation qu’en aucune action qu’il ayt faict, ayant obtenu, sans coup férir, une des plus signalées victoires que l’on avoit entendu de longtemps, et le comte Maurice y perdit de son crédit, non seulement à l’endroit des Espagnols, mais aussy des Hollandois ®.
Ces bons succès furent suivis de diverses mutina^ tions des soldats, desquelles son Âltesse estant merveilleusement irritée, il commanda qu’on les tinsse pour ennemys de l’Estatet en fit tailler en pièces une bonne partie, et puis fit un édict par lequel il leur commanda de sortir de tous ses pays, endéans vingt-quatre heures, sans y retourner, ny à ceux du roy, sur peine de la vie ; et de fait, autant qu’on en trouva après furent pendus, laquelle rigueur fut cause que depuis il n’y a plus eu de mutination®.
> Le comte de Bncquoy prit Wachtendonck, le 27 octobre 1605, c'est le 23 juillet de l'aimée suivante, que Lochem se rendit Spinola. Montflunchamp, 589, 596.
* Bentivoglio, IV, 421 ; Montplbinchamp, 457, 596.
3 Van Meteren, P» 599, recto .
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Ces victoires continuelles, donnant des justes appréhensions de pis aux Hollandois, leur firent mettre de l’eau en leur vin, et les disposer à entendre les propositions d’un accord, duquel auparavant ils n’avoient voulu seulement ouyr parler ; lesquelles leur furent faictes par frère Jean Neyen*, commissaire général de l’ordre de saint François au Pays-Bas, qui estoit Zelandois de naissance, homme fort intelligent ès affaires, et qui avoit beaucoup d’amis et parens en ce quartier-là ; qui négotia, si bien que fut accordée une tresve ou suspension d’armes, pour huict mois, qui fut publiée le 4' jour de may 1607 ; laquelle fut continuée diverses fois, cependant qu’on traitoit ; jusques à ce qu’à la fin, au bout de deux ans, ne s’ayans sceu accorder pour une paix, on conclut une tresve, pour douze ans, soubz les conditions reprises au traitté cy-dessous transcrit :
« Comme ainsy soit que les sérénissimes archiducs princes Albert et Isabel-Clara-Eugenia, archiducqs d’Austriche, etc., ayent dèz le 24* d’avril de l’an 1607 fait une tresve et suspension d’armes, pour huict mois suivans, avecq les illustres seigneurs, les Estats généraux des Provinces Unies , ès Pays- Bas, en qualité et comme les tenants pour Estats, provinces et pays libres, sur lesquels ils ne prétendent rien; laquelle tresve doit estre ratifiée, par semblable ratification et déclaration de sa Majesté le roi catholicque, en tant qu’elle le puisse toucher et se
* Bentivoglio, IV, 438 ; Van Mkteren, 649, 656 et 657 ; Mont- PI.EINCHAMP, 487 et suiv. ; le seigneur du Cornet, II, 107; le président Jkannin, Négociations de la trêve des Pays-Bas, M. S. de la Bibliothèque royale.
CONSIDÉnATlONS
deroit consigner telle ratification et déclaration trois mois après le commencement de laditte tresve, auxdits seigneurs Estais, comme s’est ensuivi par patentes du 18" de septembre ensuivant, depuis a esté d’abondant donné, par Sa Majesté, spéciale procuration , de son consentement royal , par iceluy roy, le 10" de janvier de l’an 1608, auxdits sérénissimes archiducqs, affin que tant en son nom , qu’en leur nom aussy, ils fissent tout ce qu’ils trouveroient convenable, pour parvenir à une bonne paix, ou à une tresve de plusieurs années, en vertu de laquelle procuration, lesdits sérénissimes archiducqs nommèrent, par leurs lettres de commission du 27 du mesme mois, et députèrent commissaires, pour en conférer et traiter ès dits noms et qualitez; et pour ce, ayant esté consenty et accordé que ladite tresve seroit prolongée, par plusieurs fois, spécialement depuis le 20‘ de may 1608, jusques à la fin de laditte année, pour ce qu’ après s’estre assemblez plusieurs fois, avecq les députez desdits seigneurs Estats, qui avoient aussy puissance, en leur procuration, en date du 5« de febvrier de laditte année, l’on n’avoit pu venir à accords pour laditte paix, pour plusieurs et grandes difficultés qui se présentoient, entre les parties, advint que les ambassadeurs des roys très chrestien et de la Grande-Bretagne, des princes électeurs, du comte palatin du Rbyn, dû marquis de Brandenbourg, du marquis de Hansbacq ' et du lantgrave de Hesse, y envoyez desdits leurs roys et princes, pour ayderà une si bonne œuvre, voyans que
• Le raargravc d'Anspach.
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SUB LB QOUVBBNBHBIIT DBS PATS-BAS.
le traitté estait pour se çompre du . tout, et venir à néant, se mirent entre deux et interviendrent, proposans une tresve de plusieurs années, soubz certaines conditions, contenues en un escrit, qui fut par eux donné aux parties discordantes, avec adjonction de prières et exhortations de s’y conformer; sur lequel se suscitèrent encore plusieurs autres difficultés, et enfin aujourd’huy, 9* jour du mois d’avril 1609, se sont assemblez les seigneurs Ambroise Spinola, marquis de Frenafro*, chevalier de l’ordre de la Toison d’or, des conseils d’Estat et de guerre de sa Majesté catholicque et maistre de camp général de ses armées; Jean Eichardot*, seigneur de Berly, du conseil d’Estat et chef-president du conseil privé de leurs Altezes sérénissimes ; Jean Mancicidor®, du conseil de guerre et secrétaire de sa ditte Majesté catholicque ; le révérend père F. Jean Van Neyen , commissaire général de l’ordre de saint François; Louis Vereycken, chevalier, audiencier et premier secrétaire desdites Altèzes, tous en vertu de la procuration desdits sérénissimes archiducqs, pour traitter en leur nom et au nom de sa Majesté catholicque; et de l’autre part : le seigneur Guillaume Ludovicq, comte de Nassau, Catzenellebogen , Vianden, Diest, seigneur de Bilsteyn, gouverneur et capitaine général en Frise, de la ville de Groeninge, d’Ommelandt et Drente; Wallerand*, seigneur de Bréderode.de Vianen, viscomte d’Utrecht, seigneur d’Armeyden et
* Venafro.
2 Montplbinchahp, 179, note 4, et 489.
3 Ibid, 489 ; Bkntivoolio, IV, 478.
* Walrave.
Kloetingen; Cornille de Qand, seigneur de Loeven, Meinersweyk, viscomte et juge de l’empire et de la viUe de Nimègue; Jean d’Olden Barnevelt*, chevalier seigneur de Tempel, Eodonrys, advocat et garde du grand seau des chartes et registres de Hollande et Frise occidentale; Jacques de Malderée, chevalier, seigneur de Heyes, chef et représentant la noblesse ès Estats de la comté de Zelande ; Gérard de Renesse, seigneur de van der Aa, Streefkercke , Nieuleckerlandt, etc. et Giles Hallama, docteur ès loix et conseiller du conseil ordinaire de Frise; Jean Sloeth, seigneur de Sallick, potesta* du pays de Vollenhove etchastelain de la seigneurie deCuinder; AbelCoenders de Helpen, seigneur en Faen etCuntes, tous au nom des susdits Estats généraux, en vertu aussy de leurs procurations et lettres de commission ; tous lesquels députez de l’un et l’autre party, par l’intervention et par l’advis de très nobles et très prudens, Pierre Janin®, chevalier, baron de Chagny
> M. Van Deventer a publié récemment les mémoires de Jean d’Olden Barneveld, à La Haye, chez Nyhoff.
Z Sénéchal.
Z Jeannin (Pierre), né à Autan, en 1540, était fils d'un tanneur ; après avoir fait ses études a Paris, il retourna en Bourgogne, où il épousa la fille d'un médecin assez riche. Il se mit en relation avec le duc de Mayenne, gouverneur de la Bourgogne et chef de la ligne, qui le nomma membre du conseil de l'Union. En 1591, il fut envoyé en Espagne, chargé d'une mission importante auprès de Philippe II. Dès l'année suivante, il entama, pour le duc de Mayenne, des négociations avec Henri IV et enfin il conclut, par le traité de Folembray (1595), la paix entre les deux princes. Il se retira en Bourgogne, avec le dessein d’y vivre dans la retraite; mais bientôt le roi, qui avait apprécié son caractère austère et sa c.tpacité supérieure, le fit appeler. Il le
SUR LB GOUVBENBMENT DBS PAYS-BAS.
et Montheux, conseiller du roy très chrestien, en son conseil d’Estat, et son ambassadeur extraordinaire près lesdits Estais généraux et Elie delà Fiasse*, chevalier, seigneur de Bussy, viscomte de Machauld, semblablement conseiller audit conseil d’Estat, et gentilhomme ordinaire de la rhambre dudit roy, Bailly et capitaine de Vitry-le-François et ambassadeur ordinaire, résident, pour sa Majesté très chrestienne, près les mesmes Estais; de Eichard Spencer, gentilhomme ordinaire de la chambre privée du roy de la Grande-Bretagne et son ambassadeur extraordinaire près lesdits seigneurs Estais et Eudolphe Winood *, chevalier et conseiller du mesme roy de la Grande-Bretagne, au conseil d’Estat et ambassadeur près les mesmes Estais ; et
chargta de rédiger un mémoire destiné à préparer la paix de Vervins; c'est vers cette époque que le roi lui donna une charge de président au parlement de Dijon. Dès lors, il devint le négociateur que Henri IV choisissait pour les affaires les plus délicates; les négociations de la trêve de douze ans, entre l’Espagne, les Pays-Bas, les Provinces-Unies, la France et l’Angleterre mirent le sceau à sa réputation d'habileté. Après la mort du roi, il fut nommé surintendant des finances; il se retira enfin en Bourgogne, où i^mourut le 31 octobre 1622, à l’âge de 82 ans. Ses négociations Ont été recueillies et publiées dans la collection Petitot, 2' série, XI-XV. — Tallemant des Rbaux, Historiettes, IV, 107 et suiv. ; Sismondi, Histoire des Français, XIV, 82, 422, 431, 446, 494 ; XV, 46, 82, 128, 142, 177, 195, 212, 220, 265 et 451.
* De La Place (Élie), seigneur de Boissy, était fils de Pierre de La Place, président de la cour des aides, massacré à la Saint- Barthélemy, qui a laissé des Commentaires de VEstat, de la religion et de la république sous les rois François I, Henri II et Charles IX, publiés dans le Panthéon littéraire.
* Rodolphe Windwood.
Ü3 sont demeuré d’accord, en la forme et manière suivante : »
* 1. Premièrement les seigneurs archiducqs déclarent en leur nom, comme aussy au nom du roy catliolicque, qu’ils sont contens de traicter avecq les susdits Estats généraux des Provinces-Unies, en qualité et comme les tenaus pour pays, provinces et Estats libres, sur lesquels ils ne prétendent rien, et de faire avecq eux, comme ils font, par ces présentes capitulations et articles , une tresve avecq les conditions ci-après escrites et déclarées : »
« 2. A sçavoir , que ladite tresve sera bonne, stable, loyale 1 et pour le temps et terme de douzi> années, durant lesquelles cesseront tous actes d’hostilité, en quelque manière que ce soit, entre les susdits roy, archiducqs et Estats généraux , tant par mer®, que par terre, et tous leurs royaumes, pays, terres et seigneuries, et pour tous leurs sujects et habitans de leur pays, de quelle qualité, ou condition qu’ils soyent, sans exeption du lieu, ny des personnes. »
« 3. Chacun jouyra et possédera® par effect des pays, villes, places, terres et seigneuries qu’il tient et possède à présent, sans y estre troublé, ny inquiété, de quelle façon que ce soit, durant ladite tresve; en quoy s’entendent compris les bourgs, villages, maisons et plats pays qui en dépendent. *
> « Inviolable », suiraut le texte donné par V.\N Mkterbn, 1'“ 058, V», et le M. S. n“ 10,393.
* « Et autres eaux. > Ibid.
3 « Un chacun retiendra etjouira réellement des provinces... • Ibid.
SUE LE GOCVKSNEMBNT DBS PAYS-BAS. 23
« 4. Les sujects et habitans des pays des susdits roy ,archiducqs etEstatsauront et tiendront entre eux, toutte bonne correspondance et amitié, durant laditte trevp, sans se ressentir * des offences et pertes receues par le passé, et pourront aussy fréquenter et résider ès pays les uns des autres, et y exercer leur traficq et commerce, avecq toute seurté, tant par mer que par terre. Ce que toutesfois le susdit roy entend estre restreint et limité ès royaumes, pays, terres et seigneuries qu’il tient et possède en Europe, et ès autres lieux et mers où les sujects d’autres roys et princes, ses amys et confédérez, exercent le traficq de son consentement*; et quant à ce que touche les lieux, villes, ports et costes de mer que Sa Majesté tient hors lesdites limites, lesdits seigneurs, Estats et leurs sujects ne pourront y exercer aucun traficq, sans sa permission expresse; bien pourront-ils faire ledit traficq, si bon leur semble, ès pays de tous autres princes, potentats et peuples, qui le leur voudront permettre, mesme hors desdites limites, sans que la susditte Majesté, ses . officiers et sujects dépendant d’icelle, donnent aucun empeschement à cette occasion auxdits princes, potentats et peuples qui le leur auroient permys,. ou permettront à eux et aux particuliers, avec lesquels ils auroient exercé, ou exerceront ledit traficq. »
« 5. Et pour ce qu’il est besoîng d’un longtemps, pour ad vertir ceux qui sont desjà hors desdites limites, avecq forces et navires, qu’ils désistent des actes d’hostilité, a esté accordé que la très ve ne commencera
‘ Sans ressentiment.
- - Par mutuel consentement. «
ès dits lieux, que d’aujourdhuy en un an; bien entendu toutesfois, que si l’advis de laditte tresve y peut arriver plustost, dèz cette heure là l’hostilité y cessera ; mais si après ledit temps d’un an, quelque hostilité y estoit commise , le dommage sera réparé sans remise ^ »
a 6. Les sujects et habitans ès pays dudit roy, des archiducqs et des Estats généraux traficquant ès pays les uns des autres, ne seront tenus payer plus grandes taxes ou impositions que les sujects d’iceux et leurs amys confédérez »
« 7. Les habitans et sujects des pays des seigneurs Estats, auront la mesme seurté et liberté ès pays desdits roy et archiducqs qu’a esté accordée aux sujects du roy de la Grande-Bretagne, au dernier traitté de paix^ fait par le connestable de Castille \ » « 8. Pareillement les navires, marchandises et autres biens appartenans aux marchands, maîtres des navires, pilotes et matelots ne pourront estre saisis, séquestrez, détenuz ou arrestez, soit en vertu d’aucun général ou particulier mandement, et pour quelle cause que ce soit de guerre ou autrement, ny mesme soubs prétexte de s’en vouloir servir pour la conservation et défence du pays; ne s’entendent toutesfois, en cecy, estre compris, les séquestres et actes de justice
1 •* Sans aucun délay. ♦*
2 “ Que les subjects des amis et alliez, qui seront le moins chargez. »»
3 M Et les secrets articles de paix, faits.,. *»
* Les trois articles relatifs â la liberté de religion, insérés dans le traité du 2 septembre 1604, entre l’Espagne et l’Angleterre, sont reproduits par Van Meterbn, à la suite de la Trêve de douze anSf f° 660, r®.
qui se fairbnt par la voye ordinaire, à cause des debtes, propres obligations, contracts valides de celuy sur lequel lesdits séquestres ou arrests- pourront avoir esté faicts ; en quoy sera pourveu,' selon la coùstume, par les loix, droit et raison. »
« 9. Et quant au commerce du Pays-Bas et aux daces ^ et impositions qui se prendront sur les marchandises, s’il se trouve après, qu’en cela il y ayt excès, et que pour cette cause on soit incommodé, à la première requeste qui en sera faicte d’une part ou d’autre , seront députez commissaires pour les régler et modérer, par commun advis, si faire se peut, sans que pour cette cause, la tresve se rompe, en cas qu’ils ne puissent demeurer d’accord. » a 10. Si quelques sentences ou jugemens avoient esté donnez, entre personnes de divers partis, non défendues, soit en matière civile, ou criminelle, ils ne pourront estre exécutez contre les personnes condemnées, ny sur leurs biens, pendant laditte tresve. » «,11. Les lettres de marque et représailles ne seront octroyées, durant ledit temps, si ce n’est à connoissance de cause et des cas ès quels il est permy , parles loix et constitutions impériales, et selon l’ordre estably par iceUes. »
« 12. On ne pourra aborder, entrer, ny s’arrester aux ports, havres, bayes et rades ès pays des uns et des autres, avecq navires et gens de guerre, en un nombre qui puisse donner soubçon, sans le congé et permission de celuy soubs lequel sont les ports, havres, bayes et rades, si ce n’estoit qu’ils y fussent jettez par tempeste et constraints par force et 1 De l’espagnol dacioSf droits, impôts.
CONSIDéBATIONS
nécessité, et pour éviter quelque péril de mer.
I 13. Ceux desquels les biens ont esté saisis et confisquez, à cause de la guerre, leurs héritiers et qui y ont action, jouyront, durant la tresve, desdits biens et en prendront la possession de leur authorité privée et en vertu du présent traité, sans qu’il leur soit besoing recourir au bras de justice, non obstant toutes les incorporations au fisc, engagemens, donnations faites, traitez, accords, transports et toutes renonciations qu’on pourroit mettre en avant avoir esté mises ès transactions, qu’on en pourroit avoir faict, pour exclure de partie desdits biens, ceux à qui ils doivent appartenir; avecq condition néantmcdns qu’ils n’en pourront disposer, ny les changer ou diminuer, pendant le temps de laditte jouyssance, sinon qu’ils en ayent obtenu la permission desdits seigneurs, roy, archiducqs ou Estats. *
« 14. Ce qui aura aussy lieu au profit des héritiers du défunct seigneur prince d’Orange, mesmement pour les droicts qu’ils ont ès salines de la comté de Bourgoigne, qui leur seront remises et délaissées, avecq les bois qui en dépendent. Et quant au procès de Chastel-Belin, intenté du vivant dudit prince d’Orange, au parlement* de Malines, contre le procureur général du roy catholicque, lesdits seigneurs archiducqs promettent de bonne foy y faire rendre justice, dans un an, après la poursuitte qui en sera faicte, par lesdits héritiers, sans aucun délay*. *
« 15. Si le fiscal de l’un ou de l’autre party a
* • En la cour. »
< > En toute équité eisincérité. «