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REMARQUES SUR LE MASSAGE DANS L’ENTORSE

Les ressources classiques contre l’entorse sont : les fomentations résolutives, la compression, les saignées générales et locales, les émollients et les narcotiques, le repos avec la position; enfin, l’immersion

1 Deux longues et intéressantes observations dans la Gazette médicale de Paris, n°7,

4 863: Entorse du pied droit compliquée d’un épanchement de la face latérale de la jambe; 2° entorse du pied droit avec violente contusion (docteur Rizet).

Le mémoire de M. Girard se termine par 25 observations d’entorses simples ou compliquées traitées avec succès parle massage.

2 L’entorse est un déplacement partiel, brusque, momentané des surfaces articulaires, constituant le premier degré de la luxation. Son intensité est variable et dépend de la gravité des lésions anatomiques: ainsi les ligaments sont allongés , tiraillés, déchirés partiellement ou en totalité; les surfaces articulaires peuvent être contusionnées avec rupture de la synoviale, les muscles, les tendons, les vaisseaux péri- articulaires distendus ou rompus.

dans beau froide prolongée et le bandage non flexible de Baudens, et en dernier ressort, les eaux thermales.

Eh bien, malgré tous ces moyens, cc il n’y a peut-être pas de maladies pour lesquels les rhabilleurs et les rebouteurs soient autant en possession de la confiance du public1» (Nélaton). Certes, le public n’est point mal inspiré dans cette préférence2.

En effet, nous avons cité bon nombre d’entorses traitées avec succès par le massage, procédé de quelques rares médecins et de la plupart des rebouteurs; pour trouver l’autre terme de comparaison, nous en appelons aux souvenirs des médecins; tous se rappellent quelques entorses qu’un traitement classique n’a guéries qu’à la longue ou même n’a pas guéries.

Nous pourrions encore rapporter toutes les observations que Baudens donne comme des succès 3.

Notre obligeant collègue, le docteur G. Beaugrand, a recueilli pour nous à l’hôpital militaire de Strasbourg, dix observations d’entorses traitées classiquement (on n’avait pas à se louer du résultat du traitement). Nous avions presque les éléments d’une statistique. Nous n’avons pas voulu en faire, d’abord parce que nous pensons avec Cruveilhier que les faits médicaux n’étant pas des unités du même ordre, ne veulent pas être comptés; ensuite, parce qu’il est facile de voir souvent les résultats des traitements classiques en fait d’entorse.

En résumé, l’on voit que le massage (même entre les mains d’un

1 Rien de tel que le rebouteur pour les nerfs foulés ou démis , dit le vulgaire.

2 Cependant il est parfois la victime d’erreurs grossières, d’applications fausses inévitables dans ces mains ignorantes. Auprès du médecin il jouira en toute sécurité des avantages du massage.

3 De l’entorse du pied et de son traitement curatifs par Baudens : Entorse tibio-tarsienne simple traitée par un pédiluve froid continué pendant trois jours et par un bandage non flexible; guérison en douze jours. Voilà un succès obtenu par ce grand chirurgien au moyen d’un traitement supérieur à tous les autres; on a vu dans nos observations ce que nos mains inexpérimentées ont obtenu au moyen du massage. La comparaison de ces résultats proclame la supériorité du massage.

rebouteur) guérit en quelques tours de main une affection que la médecine savante aurait laissée parcourir les longues périodes de sa cure spontanée.

Nos conclusions sont celles de M. F. Rizet :

1° La guérison par le massage est d’autant plus prompte et plus assurée que le remède suit pour ainsi dire l’arrivée du mal ( Principiis obsta).

2° La guérison s’opère par le massage dans l’entorse simple et dans l’entorse compliquée, sauf le cas de fracture des extrémités articulaires.

Nous ajoutons :

3° Ce traitement de l’entorse est le plus rationnel, le plus sûr (pour le présent et l’avenir de l’affection), le plus prompt; il devrait donc être le premier des traitements classiques de cette affection (parce qu’il est le meilleur).

Conclusions.

Nous avons essayé d’indiquer les ressources qu’offre la massothérapie. Mérite-t-elle le dédain et l’indifférence? Vaut-elle la peine d’être retirée aux empiriques pour être étudiée et appliquée par les médecins?

Au terme de notre travail, nous voyons ce qu’il resterait à faire pour compléter cette étude; malgré notre bonne volonté, le temps et l’expérience nous manquent pour l’entreprendre.

Il faudrait préciser les indications auxquelles répond la massothérapie, les modes de traitement qu’elle doit aider ou remplacer, ses contre-indications; et aussi mieux expliquer son action.

Malgré cette grande lacune, nous croyons pouvoir conclure :

1° Que le massage constitue toute une antique médication bien définie ayant sa place naturelle , légitime, dans la thérapeutique parmi les médications les plus efficaces.

2° Que, dans un certain ordre de maladies, la massothérapie peut être employée très-utilement soit seule, soit en aide à d’autres médications.

3° Que la prétention du massage à être classique est fondée, parce que plusieurs cas morbides réclament son emploi comme utile, parfois même comme le plus efficace, et qu’alors son action est aussi explicable au moins que celles de beaucoup d’autres traitements classiques.

4° Enfin, qu’Hippocrate a raison : a. Le médecin doit posséder l'expérience de beaucoup de choses et entre autres celle du massage. *

Vu par le président de la soutenance, P. RIGAUD.

Permis d’imprimer.

Strasbourg, le 20 décembre 1864.

Le Recteur, DELCASSO.

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