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QUELQUES IDÉES GÉNÉRALES SUR LA MASSOTHÉRAPIE

«Il ne faut pas rejeter systématiquement un moyen utile, seulement parce qu’il a été découvert et employé par des gens étrangers à l’art » (Nélaton, Path. chir ., t. II).

Beaucoup de médecins agissent ainsi pour le massage; et cela est d’autant moins rationnel, qu’il a déjà été employé avec grand succès par d’illustres médecins tant anciens que contemporains.

C’est au contraire, parce que, même dans des mains ignorantes, l’art de masser a été parfois celui de guérir, que l’on doit demander au massage, ce qu’il est, ce qu’il vaut. C’est à ces deux questions que nous tâchons de répondre.

En demandant qu’il soit soumis à une étude et à une expérimentation sérieuses, nous ne sommes que l’humble continuateur de praticiens distingués. Voici entre autres l’opinion de M. Piorry à ce sujet :

«L’heureuse alliance de la médecine et de la chirurgie a démontré que les moyens externes sont presque aussi importants dans les mala-

dies internes que Faction des médicaments ; ne pourrait-il pas être de quelque utilité d’appeler l’attention des médecins sur le massement des peuples de l’Asie? L’utilité des frictions, les indications qu’elles remplissent les font considérer par les médecins comme une des ressources les plus précieuses. Plus varié qu’elles , le massage ne peut-il pas les remplir dans une foule de circonstances? Son action sur l’économie ne peut-elle pas être plus énergique? Les frictions sèches sont employées dans une foule de circonstances où l’on se propose d'agir sur les muscles; on n’y parvient que d’une manière indirecte, le massement, portant son action directement sur ces organes, remplirait mieux les intentions des praticiens. L’influence de ce moyen sur les fonctions en général mériterait d'être mieux étudié.))

M. Piorry termine en espérant que « les gens de l’art chercheront à apprécier le degré d’utilité d’une pratique qui présente beaucoup d’avantages en théorie, et dont l’emploi ne peut être dangereux. »

En 1864, on peut encore émettre ce vœu, qui date de 1819.

Le massage n’est point un procédé neuf, il n’est pas tiré des basfonds du reboutage ou des pratiques accessoires des bains; c’est une vieille méthode de thérapeutique, une médication bien définie (la massothérapie), tombée en désuétude on ne sait pourquoi, et malgré Hippocrate. Cet oubli est à la fois dédain des recommandations des Anciens, ingratitude pour un procédé qui a rendu de nombreux services, négligence de précieuses ressources, le tout au profit des empiriques, au détriment du médecin et du malade. Le massage ne redoute pas l’expérimentation (et nous la réclamons pour lui), il a fait ses preuves; aussi continue-t-on à l’employer largement dans beaucoup de pays. Nous ne parlons pas de l’Inde ou de la Chine, mais du nord de l’Europe, où il est en grande vogue. En France, quoique pratiqué superficiellement et grosso modo , il a rendu cependant de notables services quand on a eu recours à lui à propos ; si bien qu’un moment, chez quelques illustres praticiens' et même à l’Académie, il a éveillé

une attention qui s’est malheureusement bientôt rendormie. Ainsi cette source nouvelle d’actions thérapeutiques n’est pas assez connue , ce qui fait que sa valeur n'est que pressentie.

Tant que le massage sera du domaine de l'empirisme et qu’on n’en retirera point les ressources qu’il offre, tant que la massothérapie n’aura point dans notre thérapeutique droit de cité, et dans un certain ordre de maladies la suprématie qui lui est due en tant que rationnelle et efficace, une étude comme celle-ci aura sa raison d’être1.

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