‹ Considérations sur le massage et son application dans l'entorseChapitre 5 sur 21 · DÉFINITION ET DESCRIPTION · texte numérisé non relu

DÉFINITION ET DESCRIPTION

« Omnes partes corporis, manibus variis modis « pertractant atqiie exercent. » (Albinus).

« Percurrit agili corpus arte tractatrix , «Manumque doctam spargi omnibus membris.»

(Martial.)

Blassage. — Massement (ail. Massiren , angl. S champ o oing) , de f. ictooeiv , pétrir, ou du mot arabe mass, pression.

Il comprend un ensemble de pressions graduées et intermittentes, alternant avec des frictions, des froissements méthodiques et des chocs. Il se complète par des mouvements normaux articulaires et des tractions exercées sur les articulations. Ces manœuvres, faites dans un but hygiénique ou thérapeutique, sont pratiquées avec les mains ordinairement nues, parfois munies d’un gant, d’une brosse, d’une éponge ou d’une palette1.

M. J. Estradère a trop bien et trop complètement décrit et expliqué l’art du massage, pour que nous le tentions après lui; cette partie de notre travail n’est qu’un emprunt et un résumé un peu modifié de ce qu’il dit.

1 En un mot, c’est, l’art de travailler le corps à l’extérieur de diverses façons.

1° Arsenal du masseur.

i° Brosse de chiendent ou de crin qu’on peut remplacer par un morceau de flanelle.

2° Gant de peau servant à la friction et à la percussion.

3° Strigil , raclette , décrit déjà par les anciens auteurs, sorte de faucille à bords mousses. Le linge, l’éponge surtout, le remplacent très-bien.

4° Roulette , elle est formée de plusieurs petits disques traversés par une tige que termine un manche. Elle produit une pression douce, égale, rapide.

5° Palette , férule ou battoir , petite planchette employée depuis fort longtemps pour la percussion.

6° Faisceau de branches , sert surtout à la flagellation.

7° Onguents , pommades , huiles , savons , leur principal avantage c’est de faire glisser facilement les mains.

2° Manœuvres du massage .

4° Frictions : sèches ou humides.

2° Pressions

^douces .

| moyennes ou rudes .

/ douces .

\ fortes .

(onctions.

passes, j frôlements.

( attouchements.

. frictions.

! agacements, chatouillements, titillations, taxis.

/ pétrissage.

I malaxations.

J froissement.

] pincement.

I foulage.

\ sciage.

/hachure . .

i claquement.

3° Percussions : douces ou fortes. . /vibrations .

percussion .

4° Mouvements

j pointées.

\ profondes.

/ poing fermé.

. j palette.

( flagellation.

/ flexion.

I extension.

! adduction, abduction, pronation, supination, rotation, circumduction.

tractions, torsions.

\ secousses.

Quelques mots sur les moins connus de ces termes .

1° Les frictions peuvent être courbes, anguleuses , spirales ou rectilignes, excentriques ou concentriques.

2° Le pétrissage est une pression plus ou moins forte des doigts écartés ou joints sur les masses charnues, en faisant ramper la main.

La malaxation est à la fois pression et préhension.

Le froissement est un pétrissage avec une malaxation superficielle.

Le pincement s’emploie dans quelques affections nerveuses.

Dans le foulage, les mains étant opposées, glissent en pressant du centre à la périphérie , et vice versa.

Le sciage est un mouvement de scie fait avec le bord ulnaire de la main.

3° La percussion se fait avec la main nue ou gantée, armée de verges et le plus souvent de la palette1; douce et modérée au début, elle devient graduellement plus forte. Elle est employée dès la plus haute

1 On remplace parfois la partie plate de la palette par une vessie enflée.

D. îî

antiquité (cependant MM. Trousseau et Pidoux en attribuent la découverte à M. Sarlandières1). Galien recommande la férulation pour faire réunir des emplâtres contre l’atrophie; c’est, dit-il, un moyen propre à ramener les sucs nourriciers dans les parties où ils semblent n’avoir plus accès.

M. Sarlandière a remarqué (chose étonnante) qu’après une percussion bien faite et un peu prolongée la température est moindre qu’avant; il prétend que le succès de la médication n’est jamais aussi assuré que quand on remarque ce phénomène.

La hachure se fait avec le bord ulnaire de la main, souvent alternativement avec les deux mains.

Le claquement se fait avec la face palmaire de la main.

Le pointillage (ou vibrations pointées) est un choc avec les extrémités des doigts.

Les vibrations profondes se font avec le poing, le bord de la main ou sa face dorsale.

4° Mouvements Ce sont diverses attitudes passagères que l’on fait prendre aux différentes parties malades, attitudes que le patient ne pouvait plus prendre, soit par manque d’exercice, soit pour une cause pathologique. Dans le massage, les mouvements sont passifs ou mixtes*1 , les mouvements actifs n’en font point partie.

Les torsions s’exercent surtout sur les muscles. Les Brahmanes insistent sur cette manipulation.

Les secousses sont des mouvements d’agitation vive et en saccade.

Maintenir l’équilibre des fonctions , activer leur jeu , voilà tout ce

1 L’expression se battre les flancs vient de l’habitude de percussions en tous sens sur les hypochondres dans les engouements du foie et de la rate.

2 Les mouvements mixtes sont produits en même temps par le patient et par le masseur ; passif -actif ou double concentrique, si le masseur exécute le mouvement et que le patient y résiste; il est au contraire actif passif ou double excentrique, quand le mouvement est produit par le patient et que le masseur y résiste. En usage surtout en Suède et en Chine.

que l’homme sain peut demander au massage. Chez le malade on tend à rétablir l’équilibre en stimulant une fonction paresseuse, en modérant la suractivité d’une autre, parfois en réveillant celles qui sont endormies, ou en ranimant même celles qui sont éteintes.

Le mode du massage doit donc être différent suivant le but à atteindre. Il y a un massage hygiénique ou de l’homme sain, et un massage thérapeutique ou de l’homme malade.

Pratiqué au point de vue hygiénique ou physiologique, le massage est général; mais si on l’emploie dans un but thérapeutique, il est souvent indiqué d’insister et sur telles manœuvres massothérapiques et sur telle partie de l’organisme. Il faut, pour ainsi dire, localiser le massage pour une affection locale.

Décrire les diverses particularités du massage dans les différentes parties du corps, serait trop long et trop minutieux pour notre travail, qui, du reste, n’a point la prétention d’être complet1.

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