‹ Considérations sur le Péroné Cannelé des races préhistoriquesChapitre 13 sur 27 · ETUDE ANATOMIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE ANATOMIQUE

Après avoir examiné les caractères du péroné dans les diverses races préhistoriques, nous allons passer à l’étude anatomique du péroné dit cannelé. Cette expression de péroné cannelé a été généralement adoptée. On la retrouve dans tous les traités d’anthropologie. Elégante et imagée elle mérite d’être conservée. Il me paraît cependant nécessaire, pour la clarté de l’exposition, de la compléter par un substantif nouveau, comparable au mot platycnémie, créé par Busk pour désigner l’aplatissement du tibia. Je. propose le nom de solénie (de owknvos gouttière, cannelure) plus simple que solénopéronie ou solénoparacnémie, le mot péroné étant simplement sous-entendu. Je/désignerai done, sous le nom de solénie, le caractère spécial que présente le péroné dont les faces sont creusées en gouttière.

Avant d’entamer la description d’un certain nombre d’échantillons provenant, soit de ma collection, soit du Muséum d’histoire naturelle de Toulouse, je voudrais rappeler certaines notions anatomiques concernant le péroné de l’homme actuel pour les opposer à celles qui nous seront fournies par l’étude des péronés préhistoriques, notions qui pourront nous permettre de rendre plus claire une description forcément un peu abstraite,

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Le péroné, à ne considérer que la diaphyse, présente, chez l’homme actuel, la forme générale d’un prisme triangulaire dont les faces sont presque planes, ce qui ne veut: pas dire qu’on ne puisse quelquefois y trouver des cannelures, mais celles-ci sont rares et moins accentuées que sur les péronés préhistoriques. Les trois faces, orientées comme celles du tibia portent le même nom. La face externe est, en général, légèrement excavée à sa partie moyenne. La face interne est divisée en deux par une crête longitudinale qui donne insertion au ligament interosseux. La partie de cette face qui est en avant de la crête forme une bande très étroite où s’insèrent l’extenseur commun des orteils, l’extenseur propre du gros orteil et le péronier antérieur. Pour simplifier la description, nous l’appellerons la facette des extenseurs. La face postérieure est étroite et fortement convexe, Elle s’élargit un peu à sa partie moyenne pour donner insertion au fléchisseur propre du gros orteil, et, dans son quart inférieur, elle tend à devenir interne, donnant au péroné une apparence de torsion. De tous les os longs, le péroné est en effet le plus tordu sur lui-même, et c’est celui sur lequel on peut le mieux, comme le dit Cruveilhier, vérifier cette loi d’ostéologie, savoir que, toujours les torsions des os sont en rapport avec les changements de direction, soit des tendons, soit des vaisseaux. La diaphyse considérée sur une section perpendiculaire à son grand axe offre la forme d’un triangle à base courbe, avec un léger angle sur la face interne, déterminé par la crête interosseuse, presque toujours en très faible saillie.

Le péroné a trois bords comme le tibia que nous nommerons antérieur, interne et externe. Des extrémités, Je ne dirai rien, car c’est surtout la diaphyse qui est intéressante pour cette étude.

Il y a lieu de rappeler ici la remarque faite par les an-

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thropologistes qui ont pu étudier les squelettes des races dérivées de la race de Cro-Magnon; c’est que, à côté de péronés fortement cannelés, on en trouve d’autres qui le sont beaucoup moins. « Les péronés, écrit le D' Prunières, à propos de la race des Baumes-Chaudes, qui sont parfois aussi profondément cannelés que sur le vieillard de Cro- Magnon, le sont quelquefois très peu; ils offrent, d’ailleurs, tous les degrés intermédiaires ».

Par une étude attentive, même les péronés dont les cannelures ne sont pas très prononcées, nous fourniront des observations intéressantes qui nous permettront de mieux interpréter les cas extrêmes, où la morphologie de l’os se trouve complètement transformée.

Je décrirai d’abord les péronés provenant des fouilles que j’ai faites, en 1909, dans la grotte de Bramabiau, commune de Saint-Sauveur-des-Pourcils (Gard).

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