‹ Considérations sur le Péroné Cannelé des races préhistoriquesChapitre 12 sur 27 · RACES NÉOLITHIQUES, ÉNÉOLITHIQUES ET PLUS RÉCENTES · texte numérisé non relu

RACES NÉOLITHIQUES, ÉNÉOLITHIQUES ET PLUS RÉCENTES

A. Races brachycéphales. — Dans la race de Furfooz, de la Truchère, de Grenelle, caractérisées par leur brachycéphalie ou leur mésaticéphalie, les fémurs, les tibias et les péronés sont, au dire de Broca, absolument semblables à ce qu'ils sont chez les Français modernes, et diffèrent entièrement des caractères qu’ils présentent chez les dolichocéphales de Cro-Magnon.

B. Race des Baumes-Chaudes. — Ta race des Baumes- C’haudes représente le prolongement dans les temps néolithiques de la race de Cro-Magnon avec une taille moindre (1. 60 de taille moyenne). C’est un type de Cro-Magnon, moins grand et plus affiné, mais pur de tout métissage ‘brachycéphale. Elle a été étudiée par le docteur Prunières,

le

en 1878, et c’est elle qui occupait la haute vallée du Tarn au début des temps néolithiques. Les particularités du squelette sont très voisines de celles de la race de Cro-Ma. gnon. On retrouve ici le fémur à pilastre, le cubitus incurvé La platyenémie est fréquente. Quant au péroné, il est cannelé à des degrés divers, quelquefois aussi profondément que chez le grand vieillard des Eyzies, parfois très peu, et on trouve tous les intermédiaires, comme on peut en juger par le grand nombre de ces os trouvés à Baumes-Chaudes.

À cette race, il faut rattacher, me semble-t-il, les trentetrois squelettes découverts, an 1874, par Lartet et Chaplain- Dupare dans la grotte de Sordes, qui ont été étudiés par Hamy et présentent des caractères analogues.

C. Race de l’'Homme-Mort. — La race de l’Homme-Mort, probablement plus récente que celle des Baumes-Chaudes, a été décrite par Broca, en 1873, dans son étude sur les crânes de la caverne de l’Hoïme-Mort. Cette caverne, fouillée par le docteur Prunières, contenait les restes de cinquante individus au moins. Par tous ses caractères, cette race se rapproche de la race de Cro-Magnon, avec une taille moins élevée (1 m. 62 en moyenne) et un squelette relativement plus grêle. Mais ici, il semble y avoir un métissage brachycéphale, métissage moins marqué que dans les dolmens de la région, dont la race est sans doute contemporaine de ces descendants des chasseurs de renne du paléolithique. s

Comme à Baumes-Chaudes, nous retrouvons le cubitus incurvé, le fémur à pilastre, et sur deux des trois péronés de cette grotte, Broca a retrouvé les cannelures observées pour la première fois par lui chez le vieillard de Cro-Magnon.

La race de l’'Homme-Mort représente le type sans doute

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le plus répandu en France vers la fin du néolithique. Elle occupait aussi l'Espagne, le Portugal, l'Italie et c’est à des hommes de cette race qu’on doit attribuer la construction des monuments mégalithiques de la Tunisie, de l’Algérie et du Maroc. Ces migrations des descendants néolithiques de la race de Cro-Magnon ont été étudiées par le professeur Verneau qui a montré la survivance de ce type chez les Berbères de l’Algérie avant la conquête romaine, et les Guanches des Canaries avant la conquête espagnole. Elle formerait aussi le fond de la belle race antlanto-méditerranéenne qui peuple encore les-rives de la Méditerranée occidentale.

C’est à cette race de l’Homme-Mort que nous devons rattacher les squelettes de la grotte de Baye, étudiés par Broca. Sur seize péronés de cette grotte, six sont manifestement cannelés. Il faut y ramener aussi les squelettes fournis par la plupart des grottes sépulcrales du Midi de la France, comme l’ossuaire de Montouliers (Hérault), si bien étudié par le professeur Mayet, de Lyon, et qui sur les restes d’une trentaine d'individus, a fourni un péroné cannelé. De même, les ossuaires de Rousson, Durfort, la Sartanette, dont les crânes ont été décrits par G. Carrière, de Nimes, dans son excellent mémoire sur la palethnologie des Cévennes. De même enfin, l’ossuaire de Bramabiau (Gard) et les ossuaires divers d’où proviennent les péronés que nous allons étudier dans le prochain chapitre.

L'âge de ces ossuaires est bien fixé par leur industrie, caractérisée par le mélange du cuivre et de la pierre polie qui, malgré la présence du métal, est contemporain du Robenhausien de de Mortillet; or, le Robenhausien.ne semble pas exister dans le Midi de la France. Comme le constate le professeur Cartailhac dans une note manuscrite qu'il m'a fait le grand honneur d’écrire à mon intention: « Plus

ut Ce

les collections affluent dans notre Muséum de Toulouse et plus on peut constater que le néolithique pur du Nord et de l'Est de la France n’existe pas dans le Midi, et que le Robenhausien y est envahi par l’Enéolithique ». C’est à cette race et à cette époque qu'il faut rattacher les ossements

qui feront l’objet de notre description anatomique ultérieure.

D. Race des dolmens de la Lozère et de l'Aveyron. — T1 s’agit d’une race sans doute plus mêlée que la race de l’Homme-Mort, présentant un fort métissage brachycéphale. La taille est moyenne (1 m. 66). Le squelette, robuste et massif, a des insertions musculaires puissantes. On trouve encore des tibias aplatis et des péronés cannelés, mais ils sont moins fréquents que dans les races précédentes.

E. Races modernes. — Les péronés cannelés se retrouvent dans les races actuelles, et spécialement dans celles qui habitent le pourtour de la Méditerranée, et dont la filiation avec la race de Cro-Magnon paraît bien établie. Parmi les populations actuelles, Marangoni a constaté leur fréquence relative chez les Toscans, et il en figure un type très caractérisé provenant d’un Toscan ancien.

De cette revue rapide des caractères du péroné dans les diverses races préhistoriques, nous pouvons conclure que le péroné cannelé n’existe pas dans toutes les races préhistoriques, il est spécial à certaines, :

Nous avons vu que les races brachycéphales et la race de Néanderthal ne le présentent pas, et qu’il caractérise la race de Grimaldi et la race de Cro-Magnon, ainsi que les races qui en sont dérivées dans les temps néolithiques et jusqu’à nos jours. |

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