‹ Considérations sur le Péroné Cannelé des races préhistoriquesChapitre 15 sur 27 · SOIR · texte numérisé non relu

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6 millimètres de profondeur, l'épaisseur totale de l’os n’étant que de 10 millimètres, mesurée des bords de la gouttière au bord interne qui en forme le fond. La morphologie de l’os s’en trouve profondément modifiée (voir DPLE fig. 2 et 3),

a) Face externe. — C’est la seule face profondément excavée. Le creusement en gouttière débute très haut, au niveau de l’union de l’extrémité supérieure et de la diaphyse, pour atteindre son maximum au 93° millimètre de la longueur de l’os. Cette gouttière correspond exactement à la surface d’insertion du long péronier latéral. Dans son quart supérieur cette face excavée regarde presque directement en avant. À la partie moyenne, la gouttière s’atténue et l’os prend la forme d’un prisme triangulaire dont les trois faces sont à peu près également creusées.

b) Face postérieure. — La face postérieure est plane, au lieu d’être convexe, et élargie au lieu d’être étroite dans son tiers supérieur où elle atteint 15 millimètres de large.

ce) Face interne. — La face interne présente en haut un sillon assez profond, répondant à l’insertion du jambier postérieur. La partie moyenne se creuse en une gouttière de 3 millimètres de profondeur; mais, fait frappant, cette face est lisse et ne présente ni la saillie de la crête interos-seuse, ni la facette rugueuse des extenseurs. [l semble qu’il y ait eu fusion de la crête interosseuse et du bord antérieur, avec persistance, seulement dans le quart supérieur, d’une facette regardant, non plus la face interne, mais la face externe. Le bord antérieur paraît d’autant plus mince qu’il est mis en saillie par l’évidement considérable de la face externe.

d) Extrémité. — L'’extrémité supérieure est assez grêle et devait répondre, comme tous les ossements provenant

opte

de la grotte de Bramabiau, à des attaches fines. Le tubercule du long péronier latéral est très marqué.

Ce péroné est done remarquable par sa forme générale en angle dièdre, due au creusement considérable de la face externe dont le fond répond au bord interne, l’élargissement et le creusement de la face postérieure, la disparition de la crête interosseuse et la fusion de cette crête avec le bord antérieur de l’os (voir les coupes pl. IE, fig. 1, 2, 3). Les gouttières sont, par ordre d’importance: l’externe, 6 millimètres ; l’interne, 3 millimètres; la POerEURe 2 millimètres. 2 DIT FTEEM

PÉRONÉ N° 2 DE BramarBrau. — C’est un péroné très robuste, dont l’extrémité supérieure manque (voir pl. I, fig. 2). La face externe est creusée en gouttière, bien marquée seulement au niveau du tiers moyen et limitée par des bords arrondis et épais. Je désignerai, sous le nom de sillon, cette forme de gouttière à bords épais. Cette face est élargie (19 millim.) et l’élargissement est surtout frappant au tiers - inférieur où la coulisse des tendons péroniers est peu marquée, les deux lèvres étant comme émoussées. La face postérieure est très élargie et assez profondément excavée à sa partie moyenne, au-dessous du trou nourricier. La face interne présente une légère dépression pour l’insertion du jambier postérieur. La crête interosseuse est nette, et la facette des extenseurs large, rugueuse et bien marquée (voir pl. IT, fig. 6). L’extrémité inférieure est peu volumineuse et présente cependant de fortes rugosités pour les ligaments.

À noter, dans ce péroné, l’élargissement considérable. avec creusement en gouttière de la face postérieure.

PÉRONÉ N° 3 DE BrAMABIAU. — C’est un péroné gauche a’adulte, de force moyenne, presque complet. Il ne manque

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qu’un morceau du bord antérieur. Sa longueur est de 344 millimètres, correspondant à une taille de 1 m. 60, d’après la table de Rollet. Les deux tiers supérieurs de la face externe sont occupés par un sillon étroit et profond. La gouttière des tendons péroniers est large et peu marquée. La face interne présente une cannelure assez prononcée dans ses deux tiers supérieurs, atteignant près de 3 millimètres de profondeur. La crête interosseuse a disparu et s’est confondue avec le bord antérieur qui est très mince ct très saïllant. La face postérieure ne présente rien de Lien particulier, sinon son élargissement et son creusement assez notables à l’union du tiers moyen et du tiers inférieur. Les extrémités sont peu développées, mais à fortes insertions ligamenteuses. En somme, ce péroné à sillon est surtout intéressant par la fusion presque complète de la crête interosseuse et du bord antérieur.

. PÉRONÉ N° 4 DE BRaMABrAU. — C’est un péroné gauche féminin, dont la moitié inférieure existe seule. La face externe est légèrement creusée en gouttière. La face postérieure est assez large et la crête interosseuse est bien distincte du bord antérieur. Ce péroné se rapproche du type actuel.

Péroné N° 5 De BrAMABrAU. — C’est'un péroné droit, probablement féminin, d’une longueur de 320 millimètres, -correspondant à une taille d’environ 1 m. 53. Ce péroné présente un aplatissement très sensible et un élargissement notable de la face postérieure qui n’est pas creusée en gouttière. La face externe est également très peu excavée; la coulisse des tendons péroniers est bien marquée.

Par contre, la face interne est profondément creusée dans son quart supérieur en une gouttière à bords min-

nn ces, de 5 millimètres de profondeur maximum, gouttière qui correspond à l’insertion du musele jambier postérieur (voir pl. L fig. 3 et pl. IT, fig. 5). Cette profonde gouttière donne, à la partie supérieure de la diaphyse, un aspect tout particulier en forme d’angle dièdre, le fond de la gouttière répondant cette fois au bord externe.

La facette des extenseurs est très étroite (2 millim.) et n'existe qu’à la partie supérieure. Il y a fusion très nette sur une longueur de plus de 3 centimètres. La surface d’insertion du péronier antérieur est ici bien marquée.

L'’extrémité inférieure est grêle. L’extrémité supérieure, brisée, paraît aussi avoir été peu développée; elle est très remarquable par son aplatissement latéral, et la gouttière de la face interne se prolonge à sa surface, lui donnant une forme très particulière (voir pl. IL, fig. 4).

À noter dans ce péroné le développement très considérable de la gouttière du jambier postérieur et l’effacement presque complet de la gouttière externe, ainsi que la fusion à peu près complète du bord antérieur et de la crête interosseuse.

J’ai retrouvé, sur un péroné actuel du Conservatoire d’anatomie de Montpellier, le type du péroné n° 5 de Bramabiau avec excavation de la face interne dans sa partie haute; la gouttière atteint près de 4 millimètres de profondeur et se prolonge également sur l’extrémité supérieure.

P£RONÉ N° 6 DE BRAMABIAU. — C’est un péroné droit, robuste. L’extrémité supérieure existe seule; elle est endommagée; elle paraît grêle et la facette tibiale est peu développée. Ce péroné montre un élargissement (15 millim. 5) ot un aplatissement notable de la face postérieure qui se trouve légèrement creusée à l’union du tiers moyen et du

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tiers inférieur. La face externe est très large (18 millim. 5) et présente une cannelure en sillon, assez marquée, dans ses deux tiers supérieurs (3 millim.), à bords épais au niveau du tiers moyen. La coulisse des tendons péroniers est large et faiblement indiquée. La face interne, assez élargie, est excavée surtout à la partie moyenne en une gouttière de 2 millimètres. On ne trouve pas de trace de la crête interosseuse, qui est confondue avec le bord antérieur, mince et tranchant. Cet effacement de la crête interosseuse est le point intéressant à noter.

Les péronés que je viens de décrire proviennent des fouilles que je fis, en 1909, dans la grotte sépulerale énéolithique de Bramabiau. Cette grotte, déjà fouillée par M. Fabre, inspecteur des Eaux et Forêts, lui a fourni trois crânes: un dolichocéphale (ind. 71) et deux sous-dolichocéphales (ind. 77), étudiés par M. G. Carrière dans un remarquable mémoire.

J’ai recueilli, dans cette grotte, en dehors des six péronés ci-dessus décrits, un assez grand nombre d’ossements, à savoir : six humérus qui m'ont donné, d’après les tables de Manouvrier, les tailles respectives de 1 m. 55 et 1 m. 51 pour les hommes, 1 m. 52 pour la femme; onze cubitus, dont deux sont incurvés, m'ont donné les tailles de 1 m. 69, 1 m. 66, 1 m. 64 pour les hommes ; 1 m. 55, 1 m. 52 pour les femmes ; un fémur sans pilastre, ne présentant ni fossette hypotrochantérienne, ni troisième trochanter, et qui m’a donné l’indice de platymérie de 70, correspondant à une platymérie très marquée; deux radius dont l’un, masculin, me donne 1 m. 63. En dehors de ces os, sept clavicules, un os coxal masculin, quelques fragments de bassin, trois omoplates, dix côtes, neuf vertèbres, quatre calcanéums, un astragale, une rotule, deux premiers -métatarsiens, un

En." ee deuxième métatarsien, une phalange, quatre demi-maxillaires inférieurs à dents fortement usées.

En ce qui concerne la taille, j'obtiens 1 m. 61 en moyenne pour les hommes, et 1 m. 53 pour les femmes, ce qui correspond tout à fait, de même que les données fournies par les crânes, aux caractères de la race de l’Homme-Mort de Broca. à

Je crois devoir signaler un fait qui n’est pas sans intérêt pour notre étude, c’est, sur les cubitus, la minceur du bord antérieur et la saillie de la crête médiane de la face postérieure qui la divise en deux gouttières profondes. La souttière postérieure devait donner sans doute insertion au muscle cubital postérieur, muscle peu développé chez l’homme actuel, et probablement très développé chez nos ancêtres néolithiques. La face interne, par contre, est plus plane que sur les cubitus actuels. Cette particularité du creusement de la face postérieure du cubitus n’a pas été signalée à ma connaissance et doit, à mon avis, être mise en parallèle avec la solénie. ;

Un des radius présente aussi un caractère intéressant, c’est l’amincissement très notable de la cupule radiale du côté externe et son allongement en dehors, si bien que l’axe de l’os ne coïncide pas avec le centre de figure de la cupule.

Je vais décrire maintenant un certain nombre de péronés appærtenant au Muséum de Toulouse, généreusement mis à ma disposition par M. le professeùr Cartailhac.

PÉRONÉ DE LA GROTTE DE SORGUES (Aveyron). — Il s’agit d’un péroné droit, comparable au péroné n° 1 de Bramabiau, quoique un peu moins profondément cannelé (voir. pl. L, fig. 5 et pl. IT, fig. 7). Comme chez celui-ci, la moitié supérieure existe seule et la forme générale est la même.

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a) Face externe. — La gouttière la plus profonde se trouve sur la face externe. Elle atteint 4 millimètres de pofondeur, et, dans son quart supérieur, regarde presque directement en avant. Elle répond à la surface d'insertion du long péronier latéral et s’atténue beaucoup à la partie moyenne de l’os, où elle n’atteint que 2 millimètres de profondeur. ;

b) Face postérieure. — Elle est élargie et atteint 17 millimiètres à la partie moyenne; franchement aplatie en haut, elle est légèrement excavée vers la partie moyenne de la diaphyse. :

c) Face interne. — La face interne, faiblement creusée dans toute sa longueur, devient franchement antéro-interne à la partie moyenne du corps de l’os. On constate l’effacement complet de la crête interosseuse et de la facette des extenseurs. Seule, une petite surface ovoïde, vers le quart supérieur de la diaphyse représente sans doute cette facette; il y a eu fusion de la crête interosseuse et du bord

antérieur en une crête tranchante qui est antéro-interne dans la partie supérieure par suite du déplacement en avant de la face externe.

Pour les bords, rien de particulier, sauf ce qui vient d’être dit pour le bord antérieur.

L’extrémité supérieure est assez volumineuse et présente une dépression pour l’insertion du soléaire.

En somme, ce péroné remarquable, comme celui de Bramabiau n° 1 se rapproche des péronés signalés sur les squelettes paléolithiques de Cro-Magnon et de Laugerie.

La grotte de Sorgues a fourni quatre crânes qui font partie des collections du Muséum de Toulouse.

PéRoné N° 1 DE LA GROTTE De VerDter (Tarn). — Ce péroné gauche, complet, correspond à une taille de 1 m. 54. 11 est presque exactement rectiligne. La face postérieure

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est très élargie à sa partie moyenne (18 millim.). Elle est aplatie et même légèrement concave dans le sens transversal. La torsion apparente est très marquée dès le quart supérieur de l’os, et la partie moyenne élargie de la face postérieure tend à verser du côté interne. En bas, cette face vient se confondre avec la partie inférieure de la face interne, par effacement du bord interne dans le quart inférieur. La face externe, arrondie et convexe, en haut près de l’extrémité supérieure, s’excave en un sillon de 2 millim. 5 de profondeur à la partie moyenne de l’os. La coulisse des tendons péroniers est large, mais peu accentuée, par suite de l’effacement de ses lèvres.

La face interne est convexe dans son quart supérieur; elle s’excave en un sillon de 2 millimètres dans sa partie moyenne. Elle devient plane ensuite, puis se confond avec le bord interne dans la partie inférieure. La crête interos-' seuse est bien marquée à sa partie moÿenne, délimitant une facette des extenseurs très nette, de 7 millimètres de large et qui offre ce caractère particulier d’être sensiblement parallèle à la face postérieure, au lieu d’être oblique. L’os à 13 millimètres d’épaisseur, de la facette des extenseurs à la face postérieure, d’où un aplatissement assez notable de la diaphyse, d’autant plus évident que la face postérieure est plus élargie.

Le bord antérieur est effacé en haut, où la face interne tend à se confondre avec la face externe, assez bien marquée ensuite, surtout dans le tiers inférieur. Les extrémités sont grêles. |

I] faut surtout noter, dans ce péroné, l’élargissement et l’aplatissement de la face postérieure, ainsi que le peu de saillie du bord antérieur, en rapport avec des cannelures peu développées.

PÉRoONÉ N° 2 DE VERDIER. — Fragment de diaphyse de péroné gauche masculin. La face postérieure est aplatie et élargie (15 millim); la face externe est fortement excavée en gouttière de 4 millimètres de profondeur, surtout marquée dans la partie supérieure et moyenne de la diaphyse. La facette des extenseurs est bien visible. Pas de gouttière interne.

PÉéRoNÉ N° 3 pe Vernier. — Moitié inférieure de péroné gauche; se rapproche du type actuel. A noter l’élargissement et l’aplatissement de la face postérieure. La facette des extenseurs est large, bien dessinée, légèrement excavée, et sensiblement parallèle à la face postérieure. Se rapproche par son type du péroné n° 1 de la même grotte. |

PÉRONÉ N° 4 DE VERDIER. — Moitié inférieure de péroné droit masculin. Rappelle le précédent. La face postérieure, large et excavée est postéro-interne, de telle façon que la face interne devient antérieure, le bord antérieur tendant à devenir externe et la crête interosseuse occupant la position du bord antérieur. À retenir dans ce péroné, la disposition antérieure de la face interne, l’élargissement et l’aplatissement de la face postérieure, la largeur et l’excavation en gouttière de la facette des extenseurs.

Péroxé x° 5 pe Verpier. — (C’est une diaphyse de péroné gauche de jeune enfant. Les extrémités manquent. La forme générale est eylindroïde. La face interne présente une facette plane pour les extenseurs, égale à la moitié de la lar-

-geur de cette face. |

Péroxé x° 6 ne Verprer. — Moitié inférieure de péroné wauche. À noter seulement l’élargissement et l’excavation

légère de la face postérieure.

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