‹ Considérations sur le Péroné Cannelé des races préhistoriquesChapitre 21 sur 27 · RARE · texte numérisé non relu

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tuels, Marangoni a observé une fréquence relative du péroné cannelé chez les Toscans, anciens ou modernes, dont ni la civilisation ni les habitudes ne permettent de supposer un développement musculaire excessif.

De même, il est difficile de comprendre pourquoi la platycenémie, qui existe chez la plupart des anthropoïdes, ne se retrouve pas chez l’orang, dont les habitudes sont très analogues. Manouvrier invoque l’indolence de cet animal ou quelque particularité inconnue de sa locomotion, explication notoirement insuffisante.

La théorie classique ne peut pas non plus expliquer la discordance qui existe dans la race de Grimaldi, où nous trouvons un péroné cannelé à côté d’un tibia triangulaire. La même discordance se retrouve inversée chez les anthropoïdes, où nous avons un péroné cylindroïde, à côté d’un tibia aplati. J’ai observé enfin, comme pour le tibia, que les péronés les plus puissants, ne sont pas toujours les plus profondément cannelés.

Ces objections semblent venir contredire la théorie classique qui voudrait tout expliquer par l’excitation fonctionvelle. Pourtant, nous verrons plus loin qu’elle mérite d’être conservée, en y apportant certaines modifications.

f) Théorie ethnique. — Cette théorie donne au péroné cannelé, comme au tibia aplati, une valeur ethnique. Emise par Broca, elle a été soutenue par beaucoup d’auteurs, jusau’à l’apparition des travaux de Kuhff et de Manouvrier. Elle est très vraisemblable, et permet d’expliquer les différences que nous avons observées parmi des peuplades donf le genre de vie est analogue ; mais elle a le tort, à mon sens, de ne pas montrer, comme la théorie fonctionnelle, la morpvhogénèse du caractère déclaré ethnique. La seule vraie difficulté de la théorie ethnique est d’expliquer la platyenémie dans certaines races: chez les Indiens d’autrefois, chez

les sauvages d’Océanie. Il est vrai que si on considère la platycnémie, la solénie, etc., comme des caractéristiques de la race de Cro-Magnon et des races qui en sont dérivées, la platycnémie des Indiens et des Océaniens pourrait à la rigueur être interprétée comme un phénomène de convergence.

g) Théorie transformiste. — T’explication fournie par À. Bloch me semble logique. Elle cadre très bien avec tous les faits et, à mon sens, n’est pas incompatible avec la thèse de Manouvrier. D’après cette théorie, nous devons considérer le péroné cannelé comme une variété de la forme normale apparue sous l’influence de la variation. Cette théorie, de même qu’elle explique très bien la proportion des tibias triangulaires qu’on rencontre parmi les tibias aplatis, permet de comprendre aussi qu’à côté de péronés profondément cannelés, on puisse en trouver qui le soient très peu, ce qui. étonnait le docteur Prunières dans ses fouilles de la caverne de l’Homme-Mort.

6° EXPLICATION PROPOSÉE. — J’adopterai, pour ma part, une théorie éclectique. En effet, toute explication générale, si parfaite qu’elle puisse paraître, n’a jamais qu’une valeur provisoire et, dans toute interprétation appuyée sur les faits, il se trouve une part de vérité.

À mon sens, l’excitation fonctionnelle qui agit si puissamment sur le développement des organes, ne suffit pas à tout expliquer. Je n’adopterai donc la théorie classique qu’en la modifiant, de façon à pouvoir l’appliquer à la généralité des faits.

La variation corrélative explique très bien l’apparition des caractères portant simultanément, sur des parties du squelette ontogéniquement distinctes, ensemble de caractères qui suffisent pour déterminer une race. Cette théorie

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