‹ Considérations sur le torticollis mentalChapitre 11 sur 25 · RES · texte numérisé non relu

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maintenue longtemps, le tiqueur se fatiguant très vite: on commencera par la faire conserver quelques secondes seulement, puis on augmentera peu à peu la durée du temps ; les séances, au début, seront courtes, de deux à cinq minutes, el répétées de quatre à six fois par jour en moyenne, toujours aux mêmes heures. Quand on aura réussi à obtenir une immobilité assez longue, cinq à six minutes par exemple, immobilité jusque-là au repos, le malade étant assis, et tous les muscles de son corps demeurant immobiles, on cherchera alors à faire garder limmobilité du groupe musculaire atteint de lie, dans le passage de la station assise à la station couchée, puis à la station debout ; cette immobilité devra être maintenue ensuite dans divers mouvements simples, surtout des membres supérieurs et inférieurs: marche, élévation, abaissement, eircumduction, adduction,abduction, flexion, extension, etc. La seule condition est que ces mouvements soient toujours effectués en dehors du territoire musculaire affecté.

Progressivement, on augmentera la durée des séances, jusqu'à une demi-heure environ, en même temps qu'on pourra en diminuer le nombre : deux à trois suffiront quotidiennement.

Quand on a obtenu l’immobilité des muscles, jusque-là convulsés, alors on fait faire des exercices de mouvements exécutés au commandement, mouvements qui devront être lents, réguliers et variés.

Enfin on fait effectuer, d’une manière alternative, des exercices d'immobilité et de mouvements dans les groupes musculaires atteints de tics, en même temps que le sujet se livre à des mouvements divers, plus ou moins compliqués dans les muscles voisins.

Au furet à mesure que l’on gagne du terrain, on tend

Are à espacer les séances ; de biquotidiennes elles deviendront quotidiennes, puis on n'en fera que tous les deux jours, jusqu'au moment où la guérison sera définitive.

Mérnope pe Dupois (de Saujon)

Dans la séance du 27 mars 1901 de la Société de thérapeutique de Paris, Dubois (de Saujon) faisait une importante communication sur le «traitement de la maladie des Üics » :

Cette méthode est de même ordre que celle de Brissaud. Dubois songea, lui aussi, à une rééducation possible des neurones. « Je pensai, dit-il, qu'en habituant, par des exercices méthodiques, le malade à rester immobile comme une statue dans une position favorable au repos et pendant un laps de temps déterminé; qu’en faisant cela avec autorité, par suggestion verbale (sans hypnose), on arriverait à imposer suffisamment l'image du calme possible pour que ce calme puisse se réaliser dans l'inconscient et impressionner ainsi les centres producteurs des divers tics QE »

Dubois fait des réserves en ce qui concerne les mouvements d'immobilisation de Brissaud. Cela lui paraît «plutôt nuisible qu'utile ». « En effet, dit-il, le mécanisme et le siège de l’action curative se trouvent, pour Brissaud, dans l'organe de l’activité psychologique, l'écorce du

(1) Dubois (de Saujon). — Traitement de la maladie des tics, p:5, 4,22 et23:

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cerveau. Done, la rééducation d'un muscle, en tant que muscle, n'existe pas; elle ne peut être qu'une rééducalion centrale par fixation de l'attention. Ce qu'il faut chercher à obtenir, c'est de fixer sur les centres l'image du repos possible. Je le fais par l’immobilité absolue, consentie etvoulue par le sujet qui cherche à m'obéir ; mais si, immédiatement après, je lui fais faire des mouvements plus où moins savants, je détourne son attention du but visé. C’est en cela que ma méthode, toute suggestive, diffère de celle que MM. Meige et Feindel appellent la méthode de Brissaud (1).»

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