MÉTHODE DE PITRES
Cette méthode repose sur les rapports physiologiques qui existent entre le mouvement et la pensée d’une part, et la respiration d'autre part.
J.-R. Cruchet, dans sa thèse sur le «tic convulsif et son traitement gymnastique » (2), nous expliqueainsi cette méthode: « Le sujet tiqueur est placé droit, la tête fixe, le dos contre un mur, les talons joints, les bras appliqués tout d’abord contre les cuisses. Pendant deux ou trois minutes, il récite à haute voix une fable quelconque, en faisant fréquemment et régulièrement, tous les deux ou trois vers, par exemple, une inspiration lente et profonde.
(1) Dubois (de Saujon). — Traitement de la maladie des tics, p:914, 22.el 25:
(2) Faculté de médecine de Bordeaux, 15 février 1902,
AO
Les deux ou trois minutes consécutives sont consacrées à des inspirations ou expirations, également longues et profondes, avec l'élévation lente des bras dans l'inspiration, leur abaissement lent dans l’expiration.
Les premiers jours, on répètera ces exercices toutes les trois heures en moyenne, puis on espacera les intervalles en augmentant peu à peu la durée de chaque séance : on arrivera ainsi à faire des séances de douze à quinze minutes, rarement plus, trois ou quatre fois par jour. On continuera ainsi pendant un temps variable, selon Îles sujets, el on suivra alors, en sens inverse, les étages parcourues. Revenu au point de départ, on espacera alors les séances, on en réduira le temps peu à peu, et progressivement on finira par les supprimer complètement. »
La thérapeulique médicamenteuse, utilisée contre les maladies nerveuses, n’a guère donné de résultats dans le torticolis mental. Il semble cependant qu'il ne serait pas toujours inutile d’administrer les bromures. Dornbluth en aurait même obtenu plusieurs succès. L'hydrothérapie, tiède surtout, est excellente à titre d’adjuvant ; l'hygiène, tant physique que morale, les promenades, les distractions peuvent jouer un certain rôle.
Le traitement chirurgical du torticolis mental a été préconisé par plusieurs auteurs. De Quervain (1), prétend avoir obtenu 58 °/, de succès en employant la métode de Korcher. Cette méthode consiste à sectionner successivement les muscles alteints de secousses convulsives. On peut également faire l’élongation ou la section du spinal.
(1) De Quervain. — Le traitement chirurgical du Lorticolis spasmodique par la méthode de Korcher (Semaine médicale, 1896, 14 octobre, n° 51).
Le
Ces différentes méthodes ayant été exposées, voyons quelle est la meilleure.
La thérapeutique médicamenteuse, presque toujours sans effet, doit être écartée ; on rejettera de même toute intervention chirurgicale, souvent inutile et toujours dangereuse. Notre observation V en montre les inconvénients.
Seul, le traitement rééducateur donnera de bons résullats : que l’on emploie la méthode de Brissaud ou celle de Pitres, peu importe, les bases sont les mêmes et toutes les deux comptent de nombreux succès. On pourra même employer les deux à la fois. Actuellement, on place un miroir devant le sujet atteint de torticolis mental et on fait la méthode de Brissaud. De cette façon, voyant lui-même l'incorrection de ses attitudes, le malade prendra peu à peu, en faisant les corrections nécessaires, l'habitude de viser à la « suppression des actes automatiques inutiles », ce qui, d'après Brissaud, est la meilleure discipline qui soit ici applicable.
Il faudra s’armer de patience, car le traitement, pour être salutaire, doit être prolongé très longtemps. La plus grande difficuité vient des malades eux-mêmes ; il se faligueront vite des séances quotidiennes ; ou après une légère amélioration, se eroyant guéris, ne voudront plus se soigner.
D'autres fois ils promettront de continuer seuls le traitement, mais le médecin devra se défier. Ce sera à lui, médecin, d'exercer son influence d’éducateur et d’encou-
rager son malade.