‹ Considérations sur le traitement chirurgical des thrombophlébites du sinus latéral et de la veine jugulaire interne et ses indicationsChapitre 11 sur 40 · FIÈVRE · texte numérisé non relu

FIÈVRE

La fièvre, au cours d’une phlébite venant compliquer une oto-mastoïdite, se présente assez régulièrement sous un type uniforme : c’est le type de la fièvre intermittente, avec frissons, comme dans toute septico-pyohémie.

La température est, au moment des frissons, très élevée; elle

atteint généralement 40°, quelquefois 41°, indépendamment de la température du matin et du soir, qui, elle, peut rester normale ou voisine de la normale.

Les frissons sont intenses, ils sont quelquefois précédés de prodromes qui permettent au malade de l’annoncer. C’est un certain état de malaise, une lourdeur de tête, souvent de petits frissons prémonitoires. Un de nos malades les décelait presque à coup sûr et nous prévenait ainsi plusieurs heures à l’avance de l'approche de l'accès fébrile.

Il se produit à des moments väriables. Dans certains cas cependant, il peut se reproduire à heure presque fixe. Ainsi, dans une des observations que nous publions plus loin, le frisson survenait le plus fréquemment vers onze heures du matin. Fréquents dans les cas graves, en général ils ne se produisent qu'une fois dans la journée. Ils peuvent faire défaut pendant plusieurs jours, ce qui, à tort souvent, donne l'espoir au malade et à l’entourage que l'infection est enrayée.

Nous avons souvent constaté que les frissons étaient en relation avec les manœuvres pratiquées dans la région malade : pansements, lavages, instillations de Dakin, exploration un peu prolongée ou traumatisante. Parfois, ils survenaient chez des malades à qui on avait permis le lever, parce que leur température basse, l’heureuse évolution de la plaie opératoire, paraissaient offrir toutes garanties. La durée du frisson est longue : vingt minutes en général, souvent plus longtemps, quelquefois une heure. Elle impressionne le malade, et est un avertissement grave qui ne peut échapper au chirurgien.

Les deux stades suivants de chaleur et de sueur se succèdent d’une façon régulière; leur intensité étant en rapport avec la durée du frisson.

Une sensation de bien-être leur fait suite. Le malade, oubliant les angoisses passées, conclut de ce soulagement à une améloration définitive de son état, jusqu’à ce qu’un nouveau frisson, plus ou moins éloigné, vienne dissiper ses illusions.

Le frisson peut survenir, soit avant une opération au cours d’une mastoïdite, soit dans les suites d’une intervention déjà

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