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pratiquée. Dans le premier cas, il est d’une indication beaucoup plus impérative et peut à lui seul décider une intervention immédiate. Il est rare, en effet, qu’on ne trouve pas de lésion sinusale, ou périsinusale, qui justifie la trépanation osseuse large.
Le frisson peut survenir à la suite d’une opération au cours de laquelle on n’a pas été conduit sur le sinus par les lésions osseuses. Dans ce cas l’indication est plus difficile si d’autres constatations locales ou une hémoculture positive ne viennent pas apporter la confirmation de la propagation veineuse de l’infection. Toutefois, la reproduction à intervalles plus ou moins éloignés d’oscillations thérmiques avec frisson ne permet pas d'attendre plus longtemps. Il faut réintervenir et chercher à découvrir le foyer veineux causant la septicémie. L'observation suivante en est une démonstration caractéristique.
OBsERvVATION I (résumée).
G. C.., 28 ans, entre pour mastoïdite droite, le 15 octobre 1923, à l’hôpital du Tondu (Service du professeur Moure).
La malade a une otorrhée ancienne: Depuis quinze jours elle présente de la fièvre, des vertiges et des vomissements.
À l'examen, la mastoïde est soulevée et douloureuse, l'écoulement est abondant et fétide, le facies est pâle, paraît infecté, les lèvres et la langue sont sèches et fuligineuses. Liquide céphalo-rachidien normal.
Température : 37°5; pouls : 120.
En raison de l'intensité des signes généraux, on décide une intervention d'urgence.
1% octobre 1923 (D' Moreau) : chloroforme. On commence par une antrotomie; os éburné extrèmement dur à sculpter. Pas de cellules. On va à la recherche de l’antre très profond et très haut. Ne trouvant rien de suspect, on décide alors de faire un évidement pétro-mastoïdien. On découvre le canal tympano-mastoïdien et on termine l'intervention selon le procédé classique du service, Les différentes parois de la cavité opératoire sont parfaitement nettes. La caisse et le
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canal contiennent des matières cholestéatomateuses. Le facial tique à trois reprises au curettage de la caisse.
Suture rétro-auriculaire, plastique de la conque.
Suites opératoires. — 15 octobre : frisson. Température 40 degrés.
Hémoculture : négative.
16 octobre : matin, température, 37°6; soir, frisson, température, 40 degrés.
Pas de signes méningés. On pense à une phlébite du sinus et on intervient.
46 octobre : intervention (Prof. Moure), chloroforme. La plaie réouverte, on agrandit l’orifice osseux en arrière pour aller vers le sinus.
A mesure que la paroi s’amincit en bas, vers la région de la pointe, on voit sourdre un liquide grisâtre, paraissant venir de la partie inférieure de la mastoïde. On continue la résection osseuse et bientôt on aperçoit des battements intenses se produisant au niveau de la brèche inférieure. Puis apparaît un petit pertuis par lequel s'écoule un liquide gris sale «bouillon de fève ». L'ouverture est encore agrandie : on pénètre ainsi dans la cavité du sinus qui bat surtout vers sa partie inférieure, dans la région s'étendant au golfe. On fait alors sauter la pointe de la mastoïde, après avoir agrandi la surface cutanée, de façon à mettre à nu la lumière du sinus jusque dans sa partie profonde.
Nettoyage de la région à l’eau oxygénée. Puis se dirigeant vers la partie supérieure où il existe encore des battements, la curette ramène un peu de sang liquide qui continue à sourdre, indiquant que la lumière du sinus est encore perméable quoique son calibre soit notablement rétréci. Drainage du golfe. Pansement à plat à la gaze iodoformée. Mèche dans le conduit.
Suites opératoires. — 17 octobre : nuit calme. Température matin, 37°2; pouls, 84. Température soir, 39 degrés; pouls, 100.
18 octobre : température matin, 39°6; pouls, 106.
Au pansement, odeur très fétide. On supprime les mèches. La plaie présente une couleur grisâtre. Le sinus ne saigne pas. Nettoyage à l’eau oxygénée. Mèche à la partie supérieure, contre le sinus. Mise en
place de deux drains Carrel, l’un vers le golfe, l’autre dans le Despons )