‹ Considérations sur le traitement chirurgical des thrombophlébites du sinus latéral et de la veine jugulaire interne et ses indicationsChapitre 25 sur 40 · A. —— [INTERVENTIONS SANS OUVERTURE DU GOLFE · texte numérisé non relu

A. —— [INTERVENTIONS SANS OUVERTURE DU GOLFE

Les premières comprennent : le lavage, le drainage, le curettage et le tamponnement.

Le lavage a été pratiqué pour la première fois par Zaufal. La technique consiste d’abord dans une double ligature de la veine jugulaire, et une section de celle-ci entre les deux ligatures. Ensuite on met à nu le sinus et une injection est poussée d’une extrémité à l’autre. Différentes solutions ont été employées pour le lavage : le sublimé à 1/2 de 1000, l’eau bouillie, enfin le plus fréquemment, le sérum physiologique. Grünert a défendu longtemps cette méthode. Elle a été pratiquée en France par Robineau et Sébileau.

Le drainage est d’une pratique aussi ancienne et découle du reste des mêmes principes. La technique est analogue à celle du lavage. On pratique ou non celui-ci, mais on introduit une sonde de Nélaton ou un drain, soit de la jugulaire dans le sinus, soit du sinus vers la jJugulaire.

Alexander propose l’abouchement du bout périphérique de la veine à la peau. Celle-ci assure seule le drainage du sinus.

H. Chatellier a pratiqué une fois l’opération suivante avec un plein succès, dans un cas de thrombo-phlébite du sinus et

rives

du golfe. Il imagina ce procédé dans le but de détruire l’angle aigu provoqué dans le sinus par l’apophyse jugulaire.

Après dénudation large du sinus sigmoïde, l'ouverture de celui-ci ne produisit d’hémorragie que du seul bout supérieur.

Dans un deuxième temps, il pratiqua la ligature de la veine jugulaire interne au-dessus du tronc thyro-linguo-facial.

Par voie mastoïdienne, il procède à la destruction de }'apophyse jugulaire. Celle-ci, chargée sur une curette, est abrasée à la gouge, en ayant soin de ne pas aller trop en dehors à cause du facial. Une large brèche est ainsi ouverte, qui permet de curetter prudemment le golfe et qui surtout transforme le canal sinuso-jugulaire en deux canaux désormais rectilignes, l'un sinusal, l'autre veineux, s’unissant en un angle droit (le golfe).

Le curettage est une méthode due à Pritchard, qui l’'employa en 1893. Elle fut pratiquée pour la première fois en France par Chipault, en 1894. Après avoir lié le sinus latéral et la Jugulaire, on ouvre le tronc veiueux et on curette le thrombus jusqu’à ses limites supérieure et inférieure. Cette opération appliquée par Lambotte, Wolff, Hennebert, Collinet, est depuis longtemps rejetée par la plupart des auteurs.

Le tamponnement pratiqué par Grünert, en 1896, consistait à obstruer le sinus sigmoïde jusqu’à l’abouchement du sinus pétreux. « Le but, dit Moure, était d'interrompre la circulation à ce niveau et d'empêcher le transfert du thrombus par voie rétrograde. »

Page 1