‹ Considérations sur le traitement chirurgical des thrombophlébites du sinus latéral et de la veine jugulaire interne et ses indicationsChapitre 34 sur 40 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

J... A..., 18 ans, entre d'urgence le 30 septembre 1925, à 8 heures du soir, parce qu'il a un écoulement de l'oreille droite depuis trois semaines et qu'il soulire de la tête.

Otorrée datant de l'enfance, mais qui avait cessé de couler depuis longtemps. La céphalée et la fièvre sont apparues depuis le 26, en même temps que des vomissements incoercibles. Le malade est obnubilé, accusant une céphalée violente, Température, 40 degrés. Pouls à 80.

Raideur de la nuque. Kernig très net. Ecoulement très abondant par le conduit. Douleur mastoïdienne peu accusée, un peu à la pointe, pas de modification extérieure.

Ponction lombaire. — Liquide en jet, avec prédominance de lymphocytose.

1% éléments par mme.

Lymphocytes, 74 p. 100.

Polynucléaires, 16 p. 100.

Leucocvtes, 10 p. 100.

(D' Pauzat).

Analyse chimique (Prof. Labat):

Albumine, O0 gr 25.

Sucre, 0 gr. 86.

Chlorures, 7 gr. 30.

Urée, O0 gr. 27.

4% octobre 1925 : Evidement pétro-mastoidien droit (Prof. Portmann).

Incision dans le sillon rétro-auriculaire. On pratique un évidement pétro-mastoïdien. La caisse paraît malade, pleine de fongosités, ainsi que l’antre. On est frappé surtout par la destruction de la paroi postérieure de l’antre qui amène sur le sinus latéral. En présence de ce vaste délabrement, on ouvre la mastoïde en totalité, la région sous-antrale, la pointe, la région postéro-inférieure et postéro-supérieure, et on met à nu un sinus latéral qui baigne dans un flot de pus. Sa paroi épaissie, de coloration gris sale, la sensation de cordon dur font songer à l'existence de thrombo-phlébite. On ponctionne le sinus en deux endroits : il ne vient pas de sang. Ouverture au bistouri sur un centimètre. La cavité sinusienne est remplie par un magma fongueux. On nettoie au chlorure de zinc l’ouverlure de ce sinus jusqu’au moment où, vers le sinus transverse, on retrouve le courant circulatoire normal. :

En bas, le caillot semblant organisé, on ne poursuit pas du côté du golle.

Tamponnement à la gaze iodoformée.

2 octobre : Dans la nuit du 1% au 2, frisson. Température, 40 degrés. Ponction lombaire, liquide très hypertendu.

3 octobre : Frisson dans la matinée, malade très agité. Ponction lombaire. Hémoculture négative.

4 octobre : Température à oscillations. Pouls très lent (56). Ker-

hig très marqué.

Ur CR

5 octobre : Frisson. Tempéralure, 39 degrés. Pouls, 60. Premier déméchage. Hémoculture négative.

6 octobre : Douleur de l'épaule droite sans modification de volume.

La palpation de la région carotidienne droite en avant du sternocléido-mastoïdien est douloureuse,

Ponction lombaire. — Liquide en jet:

2, 4 lymphocytes par champ.

Analyse chimique

Albumine, 0 gr. 10.

Sucre, 0 gr. 68 Chlorures, O0 gr. 80.

Urée, 0 gr. 22.

7 octobre : Frisson dans la nuit. Douleur persistante de l’épaule droite. On perçoit à la palpation un cordon dur en avant du sternocléido-mastoïdien. Kernig moins marqué.

9 octobre : Au cours du pansement, en déméchant, il sort un verre à liqueur de pus chocolat de la région du sinus, puis il vient du sang en grande quantité. On tamponne à la gaze iodoformée. |

Une heure après, frisson avec température à 39°6.

Examen du pus : Streptocoques.

11 octobre : Il s'écoule toujours du pus de la région profonde du sinus. Celui-ci ne saigne pas.

Vomissements à type central. Kernig toujours marqué. Nystagmus horizontal. Douleur irradiée tout le long du membre supérieur droit.

12 octobre : Il s'écoule du pus par l’orifice inférieur du sinus latéral. Ce pus, animé de battements carotidiens s'écoule en plus grande quantité quand on appuie le long de la veine jugulaire interne. Dans ces conditions, on décide une intervention immédiate (Prof. Portmann).

Chloroforme.

Incision le long du bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien commençant à l'os hyoïde et se terminant à un travers de doigt audessus de la clavicule On dégage le bord antérieur du sterno-cléido-

mastoïdien et sa gaine A travers le feuillet profond, on sent le lobe

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