‹ Considérations sur le traitement chirurgical des thrombophlébites du sinus latéral et de la veine jugulaire interne et ses indicationsChapitre 6 sur 40 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

C'est sur les conseils de notre maître, M. le professeur Portmann, que nous avons rédigé ce travail. Pendant notre année d'internat dans le service de la clinique oto-rhino-laryngologique dirigée par M. le professeur Moure d’abord, puis M. le professeur Portmann, nous avons pu suivre cinq malades ayant présenté des complications veineuses graves au cours de mastoïdites. Nous avons été frappé de leur fréquence. En effet, dans l’espace de six mois (de septembre 1925 à mars 1926), 33 malades ont été opérés de mastoïdite dans le service. Parmi eux, 5 ont présenté des complications phlébitiques (4 thrombo-phlébites, 1 périphlébite). Cette proportion est notablement plus élevée que ne l’indiquent en général les statistiques. Cependant les observations de thrombo-phlébites sont relativement nombreuses. Grünert en a relevé 24 cas

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de 1896 à 1904. Rouget en signale 48 cas de 1904 à 1912. Dans sa thèse, Chatellier (Paris, 1922) consignant 174 interventions pratiquées au cours d’une année dans le service du professeur Sébileau pour évidement ou mastoïdite n'a constaté que 3 cas de thrombo-phlébite, soit 1,72 p. 100. Dans ces trois dernières années nous avons pu compter 36 observations publiées.

La thrombo-phlébite du sinus est une des complications endo-craniennes les plus fréquentes : la statistique de Kôrner, reposant sur 115 cas de complications endo-craniennes, compte 31 méningites, 43 abcès cérébraux, 41 thrombo-phlébites.

La gravité de cette complication a suscité depuis longtemps des discussions sur les méthodes de traitement. En effet, la thérapeutique chirurgicale instituée sous l'impulsion de Chipault et Grünert, malgré les succès qu’elle a obtenus, ne donne pas des résultats constants. Quand se sont développées les nouvelles méthodes médicales, contre les infections septicémiques, on avait pu espérer qu’elles fourniraient de meilleures armes Contre les streptococcémies. Ce fut la période où les interventions chirurgicales paraissaient, dans un avenir peu éloigné, devoir s’incliner devant la thérapeutique médicale. Depuis longtemps déjà des médications adjuvantes, telles que l’abcès de fixation, les injections intraveineuses d’électrargol et autres métaux colloïdaux étaient préconisées avec juste raison. La sérothérapie antistreptococcique, puis la vaccinothérapie, et surtout l’auto-vaccinothérapie, permettaient des espoirs plus justifiés. Ils n’ont donné jusqu'à présent que des résultats médiocres.

Dans ces dernières années, on utilise avec succès, contre les infections streptococciques d'origine puerpérale, la médication arsenicale (Novarsénobenzol et Sulfarsénol). Nous ne pensons pas qu'elle ait été tentée contre les streptococcies d'origine otique. Certes, l’action spécifique des sels arsenicaux est encore loin d’être démontrée par l’expérimentation. Cependant les résultats pratiques obtenus méritent de retenir l'attention.

Il semble qu'à l'heure actuelle la chirurgie, aidée sans au-

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cune réserve de toutes les ressources de la thérapeutique médicale moderne, doive conserver toutes ses indications dans les complications phlébitiques des -oto-mastoïdites. Nous nous proposons d'étudier les moyens dont elle dispose. Dans ce but, nous n'avons pas accumulé dans notre travail un grand nombre d'observations. Nous avons cru pouvoir nous limiter à celles qui nous paraissaient les plus propres à mettre en relief ce que nous voulionsdémontrer. Nous publions les observations des malades que nous avons personnellement suivis (obs. IT, V, VII, VII et IX), et certaines relatives à des malades traités dans le service antérieurement à notre arrivée (obs. I et VD. Nous avons introduit deux autres observations déjà publiées, qui nous paraissaient être les plus démonstratives à certains égards (obs. IL et IV).

Nous avons suivi, dans notre travail, le plan suivant :

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