HISTORIQUE
L'intervention chirurgicale dans les phlébites du sinus et de la veine jugulaire interne a été préconisée pour la première fois par Zaufal, en 1880, qui pratiqua la ligature, le lavage et le drainage de la veine jugulaire interne.
De 1890 à 1893, des auteurs anglais : Ballance, Kien, Klutton, Pritchard proposent les uns le lavage, d’autres le curettage du golfe et publient des observations avec guérison. Macewen (1893) met à nu le golfe sans décrire de technique.
En 1894, Chipault conseille la ligature de la veine jugulaire interne, puis l'ouverture et le curettage du sinus latéral jusqu'aux limites de la thrombose : « Le golfe de la jugulaire interne infecté par l'intermédiaire des veines venues du plancher de la caisse, et qui forme un foyer laissé de côté par les chirurgiens comme inabordable, doit être mis à nu. »
Leutert, au Congrès de Franclort de 1896, insiste sur la nécessité d'intervenir sur le golfe, soit que la thrombo-phlébite se soit propagée jusqu’à lui, soit que linfection reste limitée au golie.
Deux ans plus tard, Robineau propose également le lavage du sinus, du golfe et de la jJugulaire. |
En 1902, Stenger décrit un procédé de la mise à nu du golfe par trépanation du trou déchiré postérieur.
Piffl accède au golfe sur le vivant, par la caisse du tympan.
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La même année, Grünert étudie sur le cadavre la voie transmastoïdienne. C’est la première fois que fut précisée une technique d'accès sur le golfe, telle que l’avait conçue Chipault. C’est cette méthode qui est le plus souvent employée et qui reste à la base de toutes les interventions dans les thrombophlébites du sinus latéral et du golfe.
Cependant cette technique a subi, depuis, quelques modifications. Différents auteurs étrangers : Stenger, Hinsberg, Kürner, Panse, Voss, Ivannhoff ont décrit des procédés un peu différents.
P. Laurens, dans sa thèse en 1904, s'arrête au procédé de Grünert, n’y apportant que quelques modifications. Cet auteur s'attache surtout à une étude très détaillée de la topographie de la base du crâne.
Le procédé Grünert-P. Laurens fut pratiqué en France pour la première fois par Bellin et P. Laurens, en 1903, puis par G. Laurens, Guisez et Lemaître.
Laval, en 1905, donne sa préférence au curettage du sinus latéral.
Pélissier, de Bordeaux, dans sa thèse en 1908, publie un travail d'ensemble sur les thrombo-phlébites du golfe, et-conclut à l’inutilité de la ligature de la veine jugulaire. C’est la période de la querelle entre les ligaturistes et les antiligaturistes. Moure, dans son rapport au Congrès de Budapest de 1909, rassemble les différentes interventions qui sont préconisées sur le sinus et sur le golfe, et pose les indications de la ligature de la veine jugulaire.
Gibert, la même année, s'appuyant sur 35 observations du service du professeur Sébileau, repousse toute intervention.
Dans un travail paru en 1912, dans les Annales des maladies de l'oreille, Rouget fait une revue générale des traitements des thrombo-phlébites du sinus et du golfe. Il publie la technique employée par Lombard en 1910, connue sous le nom de voie atloïdo-occipitale. Ce procédé fut appliqué chez deux malades. Dans un cas, l'intervention fut primitive, dans l’autre, l’ouverture du golfe ne fut pratiquée qu’au cours de la quatrième