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l'iodure, d’user du traitement dit progressif, c'est-à-dire commencer par une dose minime et monter jusqu'à la dose qui semble pouvoir être supportée et qui paraît proportionnée à l’état du malade. On peut done commencer par un gramme et aller jusqu'à dix et douze grammes. Ces doses massives se donnent surtout dans le tertiarisme menaçant quand il y a des ecthymas rebelles, des gourmes, des phénomènes cérébraux. Il est souvent utile d'adjoindre, même à la période tertiaire, le traitement hydrargyrique. Tout ceci, on le voit, est donc tätonnant. Ou plutôt, et pour être plus Juste, tout ceci est question de flair clinique.
Et fatalement, inéluctablement, on en revient à dire que le traitement spécifique doit être établi sur la marche de la vérole et la constitution de son possesseur. |
Mais ce que l’on ne doit jamais cesser ni interrompre, c’est le traitement constitutionnel proprement dit. Qu'on le modifie, qu'on change un remède mieux supporté pour un autre, qu'on emploie les sels chimiques ou les eaux minérales, qu’on fasse de lPhygiène en chambre ou au grand air suivant les cas, suivant les ‘exigences sociales, mais toujours il faut agir, peser sur la diathèse.
Ceci est capital pour le traitement préventif de la syphilis héréditaire. Aussi nous estimons que le meilleur moyen de prévenir ses néfastes effets est de traiter le générateur futur.
C’est que malheureusement le nouveau-né, l'enfant échappe au traitement diathésique. On ne connaît pas
encore sa diathése, on ne sait pas quels intérêts vont rapporter les capitaux paternels et maternels associés. Ce que lon sait mieux, c’est que si lun d’eux est syphilitique, le produit le sera sûrement. Maïs si, par un traitement approprié, on est parvenu préalablement à diminuer l’état de déchéance générale, l'enfant à de grandes chances de voir le mal s’amoindrir à sa venue au monde.
Quoi qu'il en soit, il faudra traiter spécifiquement cet enfant. Mercure et iodure seront employés concurremment avec prudence et sagacité. On pourra faire prendre le médicament à la nourrice, il reviendra par son lait. [l serait peut-être exagéré de croire que ce mode de traitement soit aussi efficace que le traitement direct ; il a cependant son bon côté, car il peut à la fois traiter l’une et l’autre des deux parties, la nourrice et le nourrisson. L
est à peine besoin d'ajouter que dès qu'on le pourra, si l'enfant échappe à la mort, il faudra emplover une médication tonique et réparatrice : phosphate de chaux, quinquina, iodure de fer, etc.
Les mêmes observations se peuvent faire pour la mère en état de grossesse. Traïter chez elle la syphilis acquise où probable et mettre son organisme en état de résistance dès le début et même dès qu'on soupçonne une infection possible.
Ces règles générales de traitement nous ont été soumises par nos maitres et par nos observations persomnnelles. Nous avons cru bon de les résumer et de donner notre modeste opinion. Si nous avons trop pré-
sumé de nos forces, nos juges trouveront, dans notre désir de bien faire, la seule excuse à notre témérité. Mais en ce temps où la pathologie générale, cette philosophie de la médecine, éclaire d’un jour nouveau et lumineux les grands problèmes de la santé humaine, il nous à paru instructif et digne d'intérêt de jeter sur notre foi médicale ee grand flambeau porté spécialement dans la syphiligraphie. Aussi bien nous sommesnous souvenus de €ette parole de Besnier : « Ne soyons pas svphiligraphes, mais médecins syphiligraphes. »