INTRODUCTION
En prenant pour sujet de notre travail inaugural le Traitement constitutionnel de la Syphilis, nous avons tenu plutôt à consigner nos observations d’études sur ce point particulier que de nous attacher à telle ou telle autre particularité pathologique.
Un auteur spirituel disait qu’ « à Paris, la syphilis court les rues ». Ce n’est pas seulement vrai à Paris, car la province n’a pas échappé à la contagion. Les ruraux montent à Cythère tout comme les citadins, et, pas plus qu'eux, n’échappent aux coups de la déesse.
Peut-être même pourrait-on affirmer que par suite des craintes redoutables qu’inspire le mal vénérien, par suite du ridicule inexplicable qui semble s’y attacher, la syphilis non traitée est plus fréquente äux champs qu’à la ville. Ce manque de traitement mène aux conséquences les plus graves et provoque, tant dans le présent que dans l’hérédité, de profonds désastres.
Notre séjour dans les hôpitaux généraux et spéciaux
ay Dis
nous a permis de constater de visu les lésions déterminées par des syphilis antérieures, L'occasion qui nous a été offerte de voir de prés la clientèle civile nous a montré l'importance qu’il y à à faire des recherches et des fouilles dans le passé pathologique des malades au point de vue vénérien, Le diagnostic s’éclaire parfois soudainement, et le pronostic est, dans ces cas, rendu plus précis, souvent plus favorable.
Mais ce qui nous intéressait particulièrement était de suivre chez le malade les phases de son traitement, quand il avait pu et voulu se soigner.
Un nombre considérable sont allés chez des charlatans chercher le traitement végétal et dépuratif. Fort heureusement pour eux, il se compose (à leur insu, bien entendu) de mercure et d'iodure de potassium. Mais il est de ces spécialistes qui ont la probité de leur malhonnêteté et quise contentent d'’administrer des extraits .de salsepareille ou des sirops d’algues. Tous affirment la guérison en quelques semaines ou en quelques mois. Sur la foi des traités, le patient s'arrête à heure fixe. Sa syphilis sommeille et parfois le réveil est sinistre.
D'autres se sont faif soigner médicalement. Les uns se sont arrêtés de leur plein gré, quand ils ont supposé que le médecin avait suffisamment usé de la science et quand ils ont cru le moment venu de mettre son diagnostic en déroute. D’autres enfin, ont suivi consciencieusement leur traitement spécifique.
Ce sont ceux-là, le pétit nombre, il faut le dire, que nous avons surtout interrogés et suivis.
Or, beaucoup ont eu des désordres relativement gra-
ves. Certains ont été atteints dans leurs source#profondes, malgré le traitement spécifique.
Une étude comparative nous à permis de constater que Souvent on avait omis de joindre, d'une facon concomitante, le traitement personnel, diathésique, si l'on veut, au traitement du poison syphilitique,
I arrive très fréquemment que l’on croit, avec quelques grammes de mercure et quelques livres d'iodure, avoir guéri un syphilitique. Ce n’est pas suffisant, à notre avis. Chaque homme contaminé est un terrain spécial sur lequel évolue spécialement la graine syphihtique.
Nous avons voulu soumettre à approbation de nos juges notre opinion à ce sujet. Nous nous sommes efforcés de faire œuvre clinique et thérapentique. Si nous avons embrassé en quelques pages un aussi vaste sujet, c’est qu'il nous a semblé bon de résumer nos impressions personnelles, voulant faire œuvre sincère de recherche et de critique.
Notre excuse sera notre bonne volonté; car, dans ces questions si complexes, le témoignage même le plus humble, même le nôtre, sera toujours, nous l’espérons du momrs, accueilli avec indulgence et bienveillanee.
Nous sommes heureux de pouvoir remercier M. le professeur Debove pour le très grand honneur qu'il nous a fait en acceptant la présidence de notre thèse inaugurale. Nous le prions d'agréer l'hommage de notre respectueuse reconnaissance.
«Je croirai, avec Guy Patin, que non seulement Job, David, Salomon et Adam avaient la vérole, mais