‹ Considérations sur le Traitement de l'Absence congénitale du PéronéChapitre 16 sur 52 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

OBSERVATION III (Service de M. Frœlich, 1908)

Absence partielle du péroné droit avec incurvation congénitale du tibia

A. C., âgé de 18 mois, est présentée le 6 juin 1908; c’est le quatrième enfant d'une femme dont les trois premiers enfants naquirent avant terme et moururent à six semaines et à sept mois de méningite. Vers la fin de sa dernière grossesse, la mère aurait été renversée par un veau.

Le cinquième orteil manque à chaque pied, le pied droit est en valgus, le tibia droit présente une forte incurvation à crête saillante antérieure, sur le sommet de laquelle existe une cicatrice longitudinale de 1 %, 5 de long et étoilée en son milieu; elle ne paraît pas adhérente. Le raccourcissement de la jambe droite est de 4 %h. La circonférence de la jambe est atrophiée.

Une radiographie est faite: le péroné à droite est anormalement petit et ne s'étend que dans sa partie moyenne. En arrière de la cicatrice, on remarque une zone claire indiquant la diminution de résistance de l’os au niveau de sa courbure.

Intervention en deux temps. — Le 15 juin, notre maître redresse le valgus après ténotomie du tendon d'Achille, puis immobilise en bonne position.

Le 10 juillet, pour remplacer la malléole externe absente, il prend, sur le tibia sain, un lambeau ostéo-périosté de 4 % de long sur 1 % de large et il le place sur le bord externe de l’astragale, l'extrémité supérieure de la greffe dans la prolongation de la partie inexistante du péroné. Réunion par première, puis immobilisation. L'enfant est revu en octobre 1908 et radiographié, la greffe tient toujours, le pied est en bonne position, grâce à une gouttière en feutre plastique. Le raccourcissement de la jambe est toujours de 4 Sn.

En octobre 1921, l'enfant revient à cause de la récidive du

valgus, qui est méme très prononcée, on sent très bien la saillie des péroniers sur la face externe du cou-de-pied. Le raccourciisement est augmenté et atteint 13 %, pour la seule mensuration de l'os; les cicatrices des interventions antérieures sont très visibles.

Une nouvelle radiographie est prise: le péroné présente à sa partie supérieure un noyau d'ossification, à la partie inféro-externe on voit un petit fragment osseux rétaché qui n'est autre que le reliquat du greffon antérieur.

Nouvelle intervention le 24 octobre 1921. — Elle consiste en une résection de 5 %, du tibia puis en un allongement du tendon d'Achille et du jambier antérieur. Redressement du pied, puis on pratique l’immobilisation dans un appareil plâtré: le jeune homme sera ensuite pourvu d’un appareil prothétique, pour éviter une claudication fatiguante.

OBSERVATICN III

III NOILVAXAHSAIO

OBSERVATION IV (Gazette hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie, année 1900)

Service de M. Frœlich

Absence totale du péroné droit avec tibia parfaitement droit

Lucien H., 3 ans, enfant unique, est amené par sa fnère à la clin'que de chirurgie infantile de Nancy, sa santé a toujours été excellente. Sa mère (une fille-mère) est probablement syphilitique. L'enfant est né avec une malformation portant sur le pied et la jambe droite. À l'examen, nous constatons que le membre inférieur droit est plus court que le gauche, le pied est placé en valgus et en équinisme. Ce pied n'a que trois orteils, les trois premiers, ils sont soudés en syndactylie charnue jusqu'à leur extrémité; le pied a la forme d'une tête de canard. Sur le côté interne du pied se trouve une bourse séreuse sous un durillon. Cette bourse est placée au-dessous d’une saillie osseuse qui est l’astragale et une portion de la malléole tibiale. La jambe est parfaitement droite, sans la moindre tendance à l’incurvation, comme le montre la radiographie. La jambe droite est plus courte que la gauche; celleci a 19 %, la droite 15 %,. La cuisse est également raccourcie de 2 centimètres. Sur la moitié antérieure de la jambe, au niveau de la crête du tibia, on voit une cicatrice linéaire longue de 1 ,. Le pied malformé a 13 %, de long, l’autre en a 16. La circonférence de la jambe atteinte est de 11 %, et, du côté sain, 15 Ya. En palpant le pied, on constate assez facilement qu'il n'existe que deux métatarsiens et que des osselets du tarse on ne peut découvrir que le calcanéum, fortement attiré en arrière par le tendon d'Achille, l'astragale et le scaphoïde. La radiographie confirme la rectitude du tibia et l'absence totale du péroné. Le tendon d'Achille est fortement rétracté, les autres muscles sont diminués de volume, les jambiers fortement atrophiés. L'enfant appuie sur le sol par le bord interne de son moignon de pied au niveau du durillon signalé. Tout le pied est rejeté sur le côté externe par suite de sa rotation autour de son axe antéro-postérieur. La marche est rela-

tivement facile, avec une claudication très forte due au raccourcissement et au valgus.

Traitement. — Redressement sous chloroforme, qui a placé le pied en continuité avec la jambe, en respectant l’équinisme, puis immobilisation pendant quatre semaines du pied redressé. Au bout de ce temps, nous avons fait porter à l'enfant une chaussure spéciale avec semelle surélevée en liège. Le redressement avait allongé le membre de 3 %:, en permettant au malade de marcher sur la pointe du pied; la chaussure a compensé le reste du raccourcissement. La marche est bien meilleure, mais il persiste toujours une certaine claudication.

Page 1