INTRODUCTION
En suivant les cliniques de chirurgie infantile, durant l’année qui vient de s’écouler, nous avons eu l’occasion d'examiner un enfant, atteint d'un pied bot gauche pourvu de trois orteils seulement. Sa mère, qui l’accompagnait, demandait le traitement rapide de la lésion. Ce cas, qui aurait pu paraître banal pour un observateur superficiel, fut remarqué par notre maître, M. le Professeur Frœlich, qui attira spécialement notre attention sur le tableau symptomatique concomitant. Il nous en révéla le diagnostic après palpation soigneuse de la région jambière; nous nous trouvions en présence d'une absence partielle du péroné, affectant ici le côté gauche, cette malformation congénitale rare, déjà relevée cependant une centaine de fois dans la littérature médicale, fut confirmée ici par une radiographie.
Confondue pendant longtemps avec les fractures intrautérines de la jambe, l'absence congénitale du péroné a maintenant une individualité bien nette, ses symptômes cardinaux la font aisément reconnaître parmi le grand nombre de difformités humaines susceptibles d'être remarquées dès la naissance. Sa pathogénie nous est moins obscure, depuis les travaux et les recherches de Dareste; cet auteur a bien nus en lumière le rôle de la compression et des adhérences amniotiques dans la genèse de cette difformité. Etudiée déjà par Lefebvre et Dubrac à un point de vue général, M. Fræœlich, en
nous exposant la technique opératoire qu'il se proposait dei
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suivre ici, nous montra l'intérêt qu'il y aurait à synthétiser, dans une étude particulière, les divers traitements préconisés jusqu'alors. Nous acceptâmes avec plaisir d'y trouver là le sujet de notre travail inaugural.
Notre étude, assez limitée, est divisée en quatre chapitres principaux; nous en avons volontairement écarté ceux qui ont trait au diagnostic, au pronostic et à la pathogénie.
Le premier chapitre est réservé à l'historique de la malformation, nous y avons exposé aussi brièvement les diverses théories pathogéniques émises jusqu'à ce jour. Plus loin, nous étudions l'anatomie pathologique des lésions observées et la symptomatologie qui en découle. Nous réservons enfin au traitement proprement dit la plus grande partie de ce travail. Le traitement prothétique, puis le traitement chirurgical avec ses diverses techniques opératoires sont successivement envisagés.
Mais, avant de commencer notre travail, la tradition nous impose ici un bien doux devoir, celui de la reconnaissance envers nos Maîtres de l'Ecole de Médecine de Besancon et de la Faculté de Nancy, qui ont pris part à notre formation médicale.
Nos remerciements s'adressent tout d'abord à M. le Professeur Frœlich, qui a bien voulu nous confier ce travail, et qui n'a cessé de nous manifester sa bienveillance en mettant à notre disposition tous les documents que possédait son service. Nous nous souviendrons toujours avec plaisir de ses cliniques si instructives, qui nous serviront plus tard de guide dans maintes occasions.
Que M. le Professeur Fruhinsholz trouve ici l'expression de notre reconnaissance pour son amabilité à notre égard: notre stage à la Maternité, avec ses exercices pratiques jour-
naliers et les leçons magistrales si claires, nous ont permis d'acquérir les notions d'obstétrique indispensables à tout médecin et nous ont habitué à raisonner notre conduite dans ce domaine particulier.
Nous remercions M. le Professeur Binet de l'honneur qu'il nous fait en acceptant de juger ce modeste travail: nous avons tiré grand profit de son enseignement si clair de la pathologie chirurgicale.
M. le Professeur Thury a bien voulu faire partie de notre Jury, nous lui exprimons ici nos sentiments de vive gratitude et nous nous faisons l'interprète de notre famille en l’assurant de nos sentiments les plus respectueux.
Au moment où nos études se terminent, notre pensée va aussi vers nos Maîtres de l'Ecole de Médecine de Besançon, qui ont guidé nos premiers pas. Nos sentiments de reconnaissance s'adressent particulièrement à M. le Directeur, le Docteur Prieur, et à M. le Docteur Manderau, qui nous ont toujours manifesté lewr bienveillance; nous nous rappellerons toujours avec plaisir les causeries familières si intéressantes de nos maîtres, les Docteurs Chapois, Heitz et Ganderon, dont nous avons été l’interne; qu'ils soient assurés ici de notre gratitude.
Nous remercions spécialement M. le Docteur Bauffle, de nous avoir largement ouvert l'accès de son service pendant plusieurs semaines, en nous faisant bénéficier ainsi de sa haute compétence et de ses conseils éclairés.
Nous adressons enfin un suprême hommage à nos camarades du groupe des Brancardiers de la 37° Division tombés
au champ d'honneur.
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