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Considérations sur le traitement des fractures en général

Le traitement des fractures doit être envisagé, comme celui de toute autre lésion traumatique , au double point de vue de l’altération anatomique de la partie blessée et de l’état général du sujet. La blessure , en effet, détermine toujours udc réaction locale, indispensable au travail curatif, et fréquemment une réaction générale qui peut être suivie d’accidents plus ou moios graves. En outre, les conditions individuelles peuvent ,à leur tour, modifier l’état local , au point de susciter divers modes pathologiques qui n’éclatent qu’à l’occasion de la

ésicn traumatique. Ainsi, s’établit dans notre économie un véritable cercle , qui fait que parfois la blessure la plus légère retentit sur tout le système vivant qui , à son tour, vient influer, par son mode d’être, sur la marche, les tendances de l’état local.

Or, ce que nous disons des lésions traumatiques en général , s’applique fort bien aux fractures en particulier ; les analogies qui existent entre les parties molles et les os nous en donnent la raison suffisante. En effet , l'organisation du système osseux nous permet de constater une grande analogie entre les uns et les autres organes de l’économie. Ainsi , la gangue générale de nos parties, le tissu histogène , selon de Blain ville , le corps muqueux de Bordeu, le tissu unissant, coalescent de Kenle, existe en aussi grande quantité dans les parties solides; nous rappellerons encore les communications cellulaires du périoste avec les parties voisines , et de cette dernière enveloppe avec l’organe médullaire, soit dans ses cellules, le conduit des diaphyses ou les canaux de Howsip.

Les vaisseaux sont nombreux dans les os ; il y a trois ordres d’artères, désignées sous le nom de périostiques, de médullaires et inter-osso-périostiques. Les diverses ramifications artérielles s’anastomosent entr’elles ; « de cette importante communication , dit le professeur Cruveilher, il résulte que les vaisseaux , malgré l’extrême différence de leur mode de communication dans les os , peuvent se

suppléer réciproquement (1). » Ces parties solides possèdent aussi un nombre considérable de veines, logées dans dès canaux particuliers , qui sont seulement tapissés par la tunique interne de ces vaisseaux.' Les travaux de Fleury de Clermont, de Dupuytren et Breschet , de M. Bonnet de T,yon , ont démontré non-seulement leur existence, mais leur distribution, leurs anastomoses, soit entr’eîles , soit avec celles des parties environnantes. « Ces notions sur les veines des os sont fort importantes , dit Blandin , car elles peuvent servir à l’interprétation des phénomènes morbides, de la fréquence de la phlébite et des accidents formidables qui en sont trop souvent la conséquence dans les fractures compliquées (2). L’importance du périoste est anatomiquement marquée par ses nombreux rapports avec les parties voisines. %

Voilà donc les principaux éléments anatomiques du corps humain , il nous reste les nerfs à retrouver dans le système osseux ; or , les travaux récents des anatomistes ne laissent plus en doute leur existence. Ainsi , Bischoff, Valentin , Müller ont prouvé non-seulement que le système nerveux forme un tout unique, mais encore que les rameaux du cérébro-spinal s’irradiaient dans les os et en grand nombre. « J’ai vu, dit M. Cruveilher, un filet

(1) Anat. descrip., lre édition.

(2) Anat. gén. Bichat , t . m , note , pag. 43.

nerveux s’engager dans le trou nourricier du tibia.. . .; les os longs présentent indépendamment de leur nerf central ou médullaire, des nerfs péi iostiques , des nerfs propres au tissu spongieux , qui pénètrent par les trous des extrémités des os longs. » Les os ont donc des nerfs comme les autres organes.

Puisque les parties dures ont une trame cellulovasculo-nerveuse , elles doivent vivre comme les parties molles. En effet, l’observation nous prouve d’une manière péremptoire la vie dans les os-, leur formation , leur nutrition , leur réparation journalière ou accidentelle , leurs maladies enfin, démontrent surabondamment que la vie y existe avec tous ses attributs généraux.

Enfin , nous pouvons dire que les os sont exposés aux mêmes maladies que les parties molles. Ainsi , nous retrouvons ici les nombreuses lésions physiques , organiques, vitales qui se manifestent si fréquemment dans nos tissus et nos organes. Les fractures qui vont nous occuper, au point de vue de leur traitement , entrent dans la première classe de ces lésions : elles appartiennent aux lésions traumatiques.

C’est le seul traitement des fractures que nous avons en vue d’étudier. Notre travail se divise naturellement en deux parties, selon qu’il s’agit des fractures simples ou bien des fractures compliquées. Nous n’analyserons pas ce traitement dans tous ses

détails , voulant surtout arrêter notre attention sur les points principaux.

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