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A. — MÉTHODES RÉVULSIVES

Les agents révulsifs ont de tout temps joui d’une faveur très grande dans le traitement de la sciatique [10] ; il est facile de retrouver dans les ouvrages les plus anciens les indications relatives à la guérison de douleurs siégeant dans toute la cuisse et la jambe, et que Cotugno, en 1764, arriva à différencier des lésions articulaires de la hanche.

La cautérisation fut peut-être un des plus anciens remèdes employés. Gallien signale la possibilité de soulager les douleurs par l’application de pierres rougies au feu ; Albucassis (1106) précisait la localisation de trois cautères au pourtour de l'articulation de la hanche : deux sous la face postérieure de la cuisse et un au-dessus du tendon d’Achille. Cotugno surtout à mis en valeuremplâtres et vésicatoires,expliquant leur action bienfaisante par l'attraction hors du nerf de l'humeur âcre provenant du cerveau.

Citonsencore,serapprochant de ces méthodes, toutes les cautérisationssuperficielles ou profondes pratiquées à l’aide de potasse, chaux vive, acides ou moxas [ro]. Plus près de nous, Debove utilisa avec succès le stypage ou le siphonnage au chlorure de méthyle.

Actuellement la plupart de ces procédés ont dis-

paru, cependant on voit encore appliquer les vésicatoires, les pointes de feu, et chez certains paysans les frictions d’orties [26]. Enfin quelques auteurs ont repris la vieille méthode de l’acupuncture des Chinois.

Les agents physiques de la thérapeutique moderne bénéficient du succès parfois réel qu’ont connu ces anciennes méthodes ; mais ils ont l’immense avantage d'être à peu près indolores et de ne pas léser la peau, ce qui permet de les appliquer sur une large surface et surtout de les renouveler fréquemment.

Ces différents procédés révulsifs soulèvent un double problème : le mécanisme de l’irritation cutanée et celui de leur effet sédatif sur la douleur profonde.

L'irrilalion cutanée produite par les diverses méthodes physiques peut réaliser une rougeur qui traduit la dilatation des capillaires et parfois des phlyctènes qui reflètent l’augmentation de leur perméabilité. Elle a été rapprochée de ia réaction érythémateuse ou œdémateuse que provoque l'introduction d’histamine dans la peau. On a supposé que lhistamine ou des substances voisines (substances H des auteurs allemands) pouvaient être libérées par des procédés révulsifs de natures diverses (peut-être par décarboxylalion de l’histidine, amino-acide contenu dans la kératine de la couche cornée). A cet égard les propriétés du sérum de phlyctènes provoquées par les vésicatoires à la cantharide ont été l’objet de nombreuses re—

na

cherches : elles ont montré que, parmi les substances actives qu'il contient, on doit attribuer une valeur spéciale à l’histamine et ses dérivés [77, 84].

A côté de ce facteur humoral encore mal élucidé, il faut faire intervenir l'influence du système neurovégétatif ; on peut d’ailleurs admettre avec Roussy qu’une cyto-hormone voisine de l’histamine est indispensable à la miseen œuvrede réactions sympathiques

locales provoquant un érythème [84|.

Le mode d’action de mélhodes révulsives, qui aboutissent à la dérivation des phénomènes douloureux de la profondeur à la périphérie, reste encore très obscur. Les expériences physiologiques de Buchenow et Heidenheim montrent qu’une excitation des terminaisons cutanées sensitives peut annuler l’action d’une autre excitation plus profonde [31]

Cetteinhibition, agissant par voie sympathique, peut être de nature comparable à celle que détermine une injection intra-dermique d’analgésique, telle que la novocaïine [8] ; toutefois la méthode de Lemaire s'applique seulement aux algies d’origine viscérale [71, 49]. Ajoutons que, par balancement, la révulsion réalise des modifications circulatoires profondes [ro] qui pourraient intéresser la nutrition du nerf ou même celle de ses racines : d’où l'application de la révulsion non pas à la région douloureuse, mais au voisinage de l’émergence des nerfs.

Quel que soit le mécanisme de la révulsion, c’est une méthode que les agents physiques modernes ont

faite plus aisée et plus efficace. Nous en exposerons les diverses modalités suivant l’ordre chronologique.

Les courants fournis par la machine statique et le courant faradique utilisés il y a de longues années ont déjà pu rendre d’utiles services.

Machine statique.

Le courant de la machine statique, qui est la forme la plus ancienne de l'électricité médicale (il fut utilisé dès le XVIII: siècle) peut réaliser une révulsion puissante.

On sait qu'une machine statique produit un courant de force électro-motrice très élevée (plusieurs dizaines de milliers de volts) et d’une intensité très faible.

Aussi un Corps en rapport avec la source électrique perd il sa charge dans l’air ambiant et, si l’on approche de ce corps une boule métallique reliée à la terre, une étincelle jaillit.

Le malade étant placé sur le tabouret de la machine statique, on fait tomber une pluie d’étincelles sur la région douloureuse au moyen d’un excitateur à boule tenu à la main. Les étincelles doivent être puissantes, de 3 à 4 cm. de longueur. Le point frappé est d’abord extrêmement anémié, puis il devient le siège d’une vaso-dilatation qui chez certains sujets prend même une apparence urticarienne [31].

Les séances d’abord quotidiennes, puis tri-hebdomadaires, ne durent pas plus de trois minutes.

Elles peuvent donner de bons résultats, mais les

applications sont assez douloureuses,

PAR To

En Angleterre et en Amérique, on s’est surtout servi de la machine statistique pour produire les cou rants de Morton ou courants frankliniques interrompus : ils se rapprochent des courants de haute fré-

quence.

Révulsion faradique.

On se sert du courant faradique fourni par la bobine à fils fins qui donne une quantité d'électricité faible sous un voltage élevé. On emploie comme électrode active le pinceau de Duchenne (l'électrode indifférente étant en place) ou le râteau de Tripier (les deux pôles de la bobine étant reliés chacun à une borne du râteau pour empêcher la diffusion du courant).

Delherm et Laquerrière en précisent la technique [31]: on enduit ia région à traiter d’une mince couche de vaseline pour augmenter la résistance de la peau. Après avoir réglé le trembleur de façon à obtenir des interruptions très rapides, on promène rapidement sur le territoire douloureux le pinceau ou le râteau en utilisant un courant aussi intense que le patient peut supporter.

Chaque séance dure deux à trois minutes. Au bout de ce temps, la peau est très rouge, une révulsion extrêmement énergique a été réalisée sans lésion de l’épiderme. Les applications peuvent être répétées à volonté sans inconvénient ; en général, elles sont d'abord quotidiennes, puis tri-hebdomadaires. On

délermine ainsi une analgésie de plus ou moins

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