‹ Considérations sur le traitement électro-radiologique des sciatiquesChapitre 12 sur 46 · COTE A · texte numérisé non relu

COTE A

longue durée pouvant aboutir en quelques séances à la disparition de toute douleur.

Cette modalité révulsive, assez propre à frapper l’imagination, sera encore employée avec profit chaque fois que, même en présence d’une névralgie de cause organique, on soupçonne l'existence d’un

élément psychique surajouté.

Haute fréquence révulsive.

Les courants de haute fréquence étudiés par d’Arsonval remplacent avantageusement les pratiques douloureuses de Pétincelle statique et de la faradisa-— tion [100] : ils sont plus maniables dans une gamme plus étendue.

Employés sous haute tension et en application unipolaire, ils constituent une excellente modalité révulsive.

Les courants de tension sont recueillis à l'extrémité du résonateur de Oudin que portent beaucoup d'appareils de diathermie à éclateurs. L’électrode active est connectée par un fil souple à l'extrémité supérieure du solénoïde de résonance ; à son extrémité inférieure on peut relier le patient si l’on recherche un effet intense. Mais le plus souvent on pratique des applications unipolaires.

Les courants de tension permettent de pratiquer soit l’étincelage, si l’électrode est au contact des tégu-

ments, soit l’effluvation si elle en est distante.

RLIBONER

19 L'étincelage, seul, possède un pouvoir révulsif et il est particulièrement utilisé dans le traitement des névralgies. Lorsque l’électrode est sur la peau, des étincelles éclatent,qui produisent des érosions minimes entraînant une vaso-dilatation intense. La révulsion est d’autant plus efficace qu’elle est forte.

On se sert, pour produire l’étincelage, soit d’électrodescondensatrices, soit, dans certaines condititions, d’électrodes métalliques nues qui donnent une réaction plus brutale. S

a) Le principe des électrodes condensaltrices est fondé sur la propriété que possède l’étincelle de haute fréquence de traverser les diélectriques avec la plus grande facilité. |

On peut se servir des électrodes à vide de Mac Intyre, dans lesquelles le diélectrique est constitué par le vide de l’électrode, les pôles du condensateur par le support métallique et le corps du malade. Les étincelles sont ténues et courtes, l’effet sédatif souvent marqué, la révulsion proprement dite peu intense.

L’électrode condensatrice de Oudin est la plus utilisée. Elle est formée d’une tige conductrice de charbon ou de cuivre, entourée d’un manchon de verre. Cet excitateur appliqué sur la peau forme condensateur avec les téguments : on voit une pluie de petites étincelles jaillir de la tige conductrice, traverser le manchon de verre et venir frapper les téguments. La révulsion est beaucoup plus énergique qu'avec l’électrode à vide.

b) Les électrodes métalliques nues, électrodes non condensatrices, produisent des effets puissants.

On emploie en pratique une électrode balai en fils métalliques fins, tenue par un long manche isolant (hérisson) ;

20 L’effluvation peut être obtenue avec ce « hérisson » maintenu à grande distance de la peau : on voit jaïllir dans l'obscurité de longues aigrettes violacées qui produisent un effet sédatif sans réaction révulsive.

Technique.

‘électrode est réunie, comme nous l’avons vu, à l'extrémité supérieure du résonateur de Oudin.

Elle est maintenue par le porte-électrode de Bisserié qui permet, en dérivant dans le sol par l’intermédiaire du corps de l’opérateur une partie ou la totalité du courant, de régler progressivement et suivant la susceptibilité du malade l’énergie utilisée.

a) L’électrode condensatrice est promenée sur la peau de la région douloureuse préalablement desséchée avec du talc pour faciliter le glissement. Les étincelles sont peu douloureuses et en général bien supportées. La séance dure 5 minutes environ : en pratique on s'arrête quand les téguments présentent une franche réaction érythémateuse.

b) Le hérisson est appliqué à travers les vêtements en une succession de brefs contacts : à distance, il produit l’effluvation ; rapproché, il provoque une réaction intense.C'’est un procédé un peu plus pénible, mais particulièrement efficace.

J. Bernard 3

LAN T cRS

En pratique on peut combiner dans une même séance l’étincelage de condensation et l’étincelage avec le hérisson. Ronneaux et Desgrez [26] dans un premier temps font une simple effluvation au balai, dans un second temps pratiquent l’étincelage d’abord avec l’électrode à vide ‘de Mac Intyre, puis avec un tampon de tissu métallique souple, qui réalise une révulsion beaucoup plus énergique.

Dans tous les cas les séances sont répétées tous les deux jours ou mieux tous les jours, sans inconvé-

nient puisqu'il n’y a aucune altération cutanée.

Résultats.

Les résultats sont souvent heureux et, dans les cas qui réagissent favorablement, l'amélioration survient dès les premières séances : aussi, lorsqu'une dizaine d'applications se sont montrées inefficaces, convientil de recourir à une autre thérapeutique [26].

Il faut savoir que les applications peuvent réveiller, pendant la séance même, une crise particulièrement douloureuse mais qui peut précéder de peu la guérison [54|.

Dans la sciatique récente, on peut obtenir de fortes améliorations, surtout dans les formes légères et chez les sujets jeunes [47] ; les sciatiques basses réagissent particulièrement bien à ce traitement [47, 91, 26|.

Mais c'est surtout dans les formes traïnantes, à la période de déclin de la névralgie, que les succès sont

LA ANS fréquents : quelques applications suffisent à faire disparaître la douleur là où elle était restée localisée.

Enfin, certaines sciatiques, rebelles même à la rœæntgenthérapie, peuvent être guéries par la haute fréquence révulsive.

On voit donc que, dans l’ensemble, les résultats sont assez favorables pour que cette méthode, très employée autrefois, mérite de garder encore une place importante dans le traitement de la sciatique.

Une thèse récente [26] a d’ailleurs souligné ces faits en relevant les résultats favorables de cette modalité révulsive, procédé simple qui a amené à lui seul la guérison dans un nombre important de cas.

Nous apportons ici une statistique faite avec le D? Nilus dans le service de notre maître le D' Delherm, qui montre les résultats de la haute fréquence, pratiquée chez 48 malades avec l’électrode de Oudin et le

« hérisson ».

1° Haute fréquence révulsive chez 33 malades déjà

améliorés par la rœntgenthérapie :

ÉAIÉTISONS MU UALEN EE ARS 22:» s0it 071% Améliorations .3trust dr) 6,1 so1td8; % RORÉCT N fe done sue 5,. soit 15 %,

2° Haute fréquence révulsive chez 11 malades ayant subi sans succès un traitement rœntgenthérapique :

CUÉRISODE ER AMP OT rer re 4 ADO OP TONER ML Mmes cena ed cod ù

30 Haute fréquence révulsive employée d'emblée

dans 7 sciatiques traînantes :

CTETISONS 2222 NP NS TTR EE PC " ATMÉOTAUON ES ANNEE RON PRES 1 Echécatrs Las RE NOR R RER 4 Acoravations Les in eee Pen nte À

Les résultats démontrent les heureux effets de la haute fréquence révulsive, dans les séquelles de scia-

tique en particulier.

Rayons ultra-violets.

Les rayons ultra-violets se rangent parmi les agents révulsifs utilisés dans le traitement de la sciatique . tous les auteurs qui les ont employés avec succès insistent en effet sur la nécessité de doses franchement érythémateuses.

C’est un procédé qui réalise une révulsion durable dont on peut graduer à volonté l'intensité.

Brustein [16] a attiré le premier l'attention sur les rayons ultra-violets en appliquant la lampe de Kromayer au traitement des névralgies ; il a publié en 1909 les résultats de ses recherches. Cette méthode, très utilisée en Allemagne et en Russie, à reçu en France un accueil un peu moins favorable ; certains travaux récents en ont cependant souligné la valeur [17].

Le mode d'action de ces radiations ultra-violettes, qui

ne pénètrent pas au delà de l’épiderme ou du derme,

De 07) AE

repose sur la révulsion que produit l’érythème actinique.

Il est difficile d'attribuer à certaines radiations du spectre une spécificité physique dans la production de l’érythème [48]. Toutefois cette réaction paraît surtout due aux radiations dont la longueur d'onde est comprise entre 2.500 et 3.130 uv. Mais il semble que les autres longueurs d’ondes concourent aussi à cette action complexe et difficilement dissociable, et le rôle antagoniste des rayons infra-rouges n’est nullement démontré [17].

Pour certains auteurs [39] il faudrait également faire intervenir les effets régulateurs des ultra-violets sur le système vago-sympathique, les glandes endocrines et le bilan calcique : si ces propriétés sont réelles, leur rôle dans le traitement des névralgies est bien loin d’être prouvé.

L'érythème est donc la condition essentielle du succès et il faut rejeter l’emploi de doses faibles et progressives vouées à l’insuccès.

Tous les auteurs sont d’accord pour rechercher un érythème très vif, très poussé : érythème rouge violet avec léger œdème et suivi de desquamation ; c’est l’érythème du 2° ou du 3° degré des auteurs classiques [17]. Mais on évitera la phlycténisation préconisée cependant par certains, car elle est pénible et empêche la répétition fréquente des applications [91].

D'ailleurs, le degré de l’érythème devra être variable avec l’âge du malade, sa résistance et le

caractère plus ou moins aigu des douleurs.

ns

Il est bon de prévenir le malade qu’on va lui faire volontairement un « coup de soleil » et de lui faire connaître la marche de la réaction. Celle-ci n'apparaît que 6 à 12 heures après l'irradiation ; elle s’accompagne de prurit et persiste deux à trois jours. Cet érythème est suivi de desquamation à caractères variables en même temps qu’apparaît la pigmentation.

On renouvelle à plusieurs reprises cette réaction en tenant compte du phénomène d’accoutumance qui oblige à prolonger le temps d'exposition : on réalise ainsi une véritable série d’érythèmes vifs [16].

Les détails de la technique sont discutés :

10 Le choix de la source tout d’abord n’est pas encore déterminé.

Autrefois on employait la lampe de quartz à vapeur de mercure donnant un spectre discontinu riche en ultra-violet, pauvre en infra-rouge :'cet appareil, de maniement commode, d’entretien facile, reste encore utilisé, surtout par les auteurs allemands et russes [16, 42, 69], qui l’emploient pour traiter un nombre considérable de malades.

Mais depuis qu'à l’arc à charbon pur (donnant un spectre continu, surtout intense dans la région de l’infra-rouge) s’est substitué l’arc à charbon métallisé (qui l’enrichit en ultra-violet), celui-ci est couramment employé dans la production de l’érythème. Cette lampe à arc aurait un effet plus rapide [89] et

produirait une révulsion plus profonde grâce aux infra-rouges qu’elle émet [16].

La douche actinique est réalisée avec un arc au charbon métallisé entouré d’un réflecteur ; le bâti supportant ces pièces est entraîné par une chaîne mue par un moteur électrique et peut ainsi se déplacer d’un mouvement alternatif dans un plan horizontal à la vitesse de 10 cm. à la seconde. Cet appareil permet d'utiliser des effets d’alternance en soumettant les tissus à une phase d’excitation et à une phase de repos se succédant à intervalles régulier ; il évite en même temps l’action thermique trop énergique du faisceau [21] ;

20 La durée de la séance nécessaire pour obtenir l’érythème vif est très variable et dépend de plusieurs facteurs : la puissance de la source, sa nature (les temps d'exposition sont schématiquement doubles pour l'arc à charbon métallisé), sa distance à la peau, allant de 50 à 80 cm. (pour la lampe à arc une distance plus courte produirait une chaleur désagréable ou nuisible); enfin, pour une part importante, il faut faire intervenir les réactions particulières du malade : c’est ainsi que les sujets à tendance sympathicotonique font très facilement un érythème intense [8].

Pour déterminer le degré d’érythème voulu, il est bon d'étudier la sensibilité cutanée au moyen de deux ou trois irradiations d'épreuve à doses diffé-

rentes pratiquées sur de petits territoires : on applique

le lendemain l’irradiation sur toute la région douloureuse dans des conditions ainsi définies [gr, 69]. Le test sensitométrique de Saidman peut à cet égard

donner des précisions [89] ;

3° Le champ d'irradiation comprend toute la région douloureuse, le reste du corps étant protégé par des serviettes ; certains auteurs traitent également la région des racines nerveuses. Pour Lepsky [69] un érythème diffus est beaucoup moins efficace qu’un érythème plus vif étroitement localisé, et il pratique à chaque séance l’irradiation de deux surfaces carrées

de la taille de la main nettement délimitées ;

4° La répélilion des séances est réglée par l’évolution de l’érythème : dès que celui-ci pâlit, on fait une nouvelle application un peu plus durable que la première. On répète ultérieurement ces séances en les allongeant progressivement afin d'éviter le plus possible l’écueil de l’accoutumance.

Certains auteurs, qui emploient un érythème peu poussé, les répètent tous les jours ou tous les deux jours [65], à 15 ou 20 reprises.

D’autres, avec Chagnon [17], qui recherchent un érythème beaucoup plus intense, font une séance par semaine et la renouvellent à 6 reprises.

Enfin, Biancani [8] préconise une technique particulière : le premier jour, il localise l’érythème à la région lombaire du côté atteint : le deuxième jour, il

4 >: A LES | Lé LA provoque un érythème de même degré à la région

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