LE ROUE
DIATHERMIE
Technique.
Les générateurs ordinaires de diathermie débitent des ondes de haute fréquence dont la longueur varie de 300 à 500 y environ.
Les appareils à lampes donnent des ondes complètement entretenues ; ils fournissent une chaleur considérable, fonctionnent ensilence et, ne donnant lieu à aucune sensation faradique, constitueraient peutêtre la source de choix dans le traitement des névralgies.
Les appareils à éclateurs, plus robustes et plus réguliers, donnent des ondes amorties dont la différence de potentiel est environ 20 fois supérieure à celle des ondes entretenues, d’où un effet électrique particulièrement puissant.
En pratique, la supériorité de l’un ou l’autre appareil n’est pas démontrée et pour beaucoup d’auteurs les résultats sont identiques.
Applicalions. — Les particularités les plus importantes sont le mode d’application des électrodes et surtout le choix de l'intensité.
Les électrodes d’étain de quelques dixièmes de millimètres d'épaisseur sont taillées suivant la région où elles s'appliquent. Dans tous les cas, les bords doivent être réguliers et les angles arrondis. On peut aussi employer les électrodes souples.
Ag
Ces électrodes, appliquées directement sur la peau, sont soigneusement maintenues par une bande Velpeau correctement serrée, surtout sur les bords.
Toutes ces précautions associées à une surveillance étroite durant les applications éviteront tout incident, en particulier les brûlures profondes. À
L’électrode supérieure est placée sur la région dorso-lombaire (un coussin glissé sous la concavité vertébrale aide à l'y appliquer). L’électrode inférieure peut être mise sous le pied ou mieux au cou de pied, en bracelet [40]. Si la douleur s’arrête plus haut, on applique l’électrode sur la partie antérieure de la jambe, près dela rotule et non au voisinage du creux poplité où la plus grande partie des lignes de force passe naturellement ; il serait même indiqué de faire fléchir la cuisse sur le bassin, la jambe sur la cuisse, de façon que les deux électrodes soient parallèles : ainsi tout le courant suit le trajet du sciatique au lieu de le croiser.
Bordier |15|, à la place de la 2e électrode métallique emploie le rouleau nu ou spongieux mouillé qu’il promène sur tout le trajet douloureux : il combine ainsi à l’action de la haute fréquence sur les filets nerveux une révulsion superficielle très énergique.
Enfin, Kowarschik [in gr] place une électrode audessus du genou et deux autres connectées ensemble, la première sous la fesse, la deuxième en bracelet audessus de la région tibio-tarsienne.
Mais c’est surtout l'intensité employée qui paraît intervenir dans les résultats. Pour l'apprécier, on à
LUCE l'habitude de se fonder sur les indications du milliampèremètre ; mais on se laissera davantage guider par les sensations éprouvées par le malade, car ces sensations sont variables d’un malade à l’autre et, chez un même malade, d’un jour à l’autre.
Trop souvent, on élève l'intensité jusqu’à la limite tolérable et certains auteurs ne craignent pas de la pousser jusqu'à 1.200 et 1.500 mA et même jusqu’à 2.000 mA pour les électrodes plus larges.
Actuellement, on tend au contraire à n'employer qu’un courant peu intense. Duhem conseille de ne pas dépasser 300 mA. [4o|. Cette précaution paraît essentielle à beaucoup d’auteurs pour éviter les exacerbations durables assez souvent constatées. Ces observations cliniques s'accordent parfaitement avec cette opposition entre l'effet thermique et l'effet électrique proprement dit que nous avons signalée précédemment.
Les séances durent environ 30 minutes et sont
répétées 3 fois par semaine.
Résultats.
Sur 30 observations de sciatique rhumatismale traitée par diathermie dans le service de notre maître Delherm, nous avons relevé les résultats suivants :
F'SUÉTISONS, PS0 ECTS DAME RU 42 améliorations, soit..... nn ee ee AD 8 eftets nuls......... RER ASE LRU EE
D EXACÉTHAUONSL à SANTA VUE AO
sn PP
Dans l’ensemble ces résultats sont peu brillants : d’ailleurs les effets de la diathermie sur les névralgies et la névralgie sciatique en particulier ont été très diversement appréciés.
Pour Bordier, c’est un traitement de choix, celui qui donne les résultats les plus rapides, surtout dans les formes récentes. Il est certes fréquent de constater une exagération des phénomènes douloureux au début du traitement ; mais elle se manifeste durant une courte période et rapidement elle est suivie d’une forte diminution de la douleur. Le temps que met la douleur à disparaître est d’ailleurs assez variable : quelquefois après s'être amendée notablement elle reparaît avec son intensité initiale pour diminuer ensuite. La diathermie à pu guérir des sciatiques rebelles aux autres méthodes physiothérapiques ou aux injections para-nerveuses. En Angleterre et en Amérique elle reste très employée.
Beaucoup d’électrologistes au contraire avec Loubier [71] s’étonnent de la vogue que la diathermie a connue dans le traitement des névralgies ; ils considèrent que les exacerbations durables si souvent provoquées par cette méthode doivent la faire abandonner. En tout cas, la plupart des auteurs sont d’accord pour suspendre les applications s’il se produit à plusieurs reprises, soit pendant la séance, soit après elle, des douleurs plus violentes : cette exacerbation en effet, loin d’être souvent l’indice d'une sédation prochaine, indique que le nerf est de plus en plus
sensible au courant diathermique; les paroxysmes