‹ Considérations sur le traitement électro-radiologique des sciatiquesChapitre 27 sur 46 · M VASE · texte numérisé non relu

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du seul courant une action médicamenteuse propre. Peut-être faut-il faire intervenir aussi [100] l’imprégnation par l'ion employé des branches terminales du nerf.

Bourguignon pense au contraire que l’action essentielle de la « diélectrolyse » est la fixation de l’ion véhiculé par la circulation au sein des tissus, sur le trajet des lignes de force : cette fixation est beaucoup plus importante que le mode d'introduction qui peut se faire par voie buccale [15, 17].

Technique.

La technique ne diffère de la galvanisation que par l’imprégnation d’une électrode avec la solution contenant l’ion médicamenteux dont la charge électrique doit toujours être de même sens.

Il est nécessaire d'employer des solutions préparées avec l’eau distillée et de réserver pour chacune d’elles des compresses particulières lavées avec de l’eau distillée. Ces précautions permettent d'éliminer le plus possible les ions parasites qui s’opposeraient à la pénétration de l’ion choisi. | À

Le titre de la solution employée est peu élevé, la dissociation des molécules en leurs ions étant d’au tant plus poussée que la concentration est faible : le taux de 1 % est en général tout à fait indiqué.

On a préconisé, dans les névralgies, l'emploi d’hyposulfureux, de quinine, de salicylate, d’iode, d'aconitine, de calcium. L’azotate d’aconitine et le chlorure

de calcium sont les plus employés. Quant à l’histamine, nous avons déjà étudié sa diélectrolyse dans le chapitre consacré aux procédés révulsifs.

Delherm emploie le plus souvent l’ionisation à l’azotate [d’aconitine avec une technique identique à celle dela galvanisation : des compresses placées sous le pôle positif sont imbibées de la solution.

Bourguignon {[15] préfère le chlorure de calcium, appliquant ainsi aux phénomènes d'irritation sensitive l’action sédative de ce médicament constatée dans les irritations du système moteur. Il insiste sur les détails de la technique :

série de 15 séances en 4 semaines avec repos de trois semaines entre les séries ;

séances de 30 minutes ;

intensité faible et électrodes de petite taille ;

surtout localisation rigoureuse du courant au foyer d’irritation nerveuse et à cet égard les appli-

cations diffèrent suivant le type de sciatique :

Sciatique faniculaire. — Sur la colonne vertébrale, de LIII à S2, petite électrode de 3 cm. de large au maximum, reliée au pôle positif et imbibée de la solution de chlorure de calcium.

Sur le triangle de Scarpa, électrode reliée au pôle

négatif.

Scialique tronculaire. — On place les électrodes au niveau de la portion du nerf supposé irrité en

employant un courant transversal.

Ye TER Scialique radiculaire. — Voie trans -cérébro-médullaire.

Il est bon de faire ingérer au malade pendant toute la durée du traitement, deux heures au moins avant

chaque séance, 1 gr. de chlorure de calcium.

Résultats.

Nous apportons ici les résultats de l'ionisation à l’azote d’aconitine appliquée à des malades atteints de sciatique rhumatismale.

Pour 39 cas traités par 15 séances en moyenne,

nous notons :

1 SUCHSONS OI PRO AL PESION 46 améliorations SOUL MA UT TRE 410% T'échecs SONT EME PS na 18 % 2iexacerDALIONS CONS ER ee 5%

L’azotate d’aconitine est parfaitement bien supporté et, dans les applications au membre inférieur, on n’a jamais observé ‘de phénomènes d’intolérance ; souvent on note à la fin de la séance une coloration rouge cramoisi en même temps qu’une hypoesthésie du territoire traité.

La guérison survient dans les mêmes conditions que lors des applications de courant galvanique simple : en comparant nos statistiques, il ne nous semble pas que la guérison soit plus fréquente ni ‘plus rapide avec la diélectrolyse. Le nombre de cas observés est, il est vrai, trop faible pour pouvoir conclure avec assurance.

PTE

Rappelons que pour Bourguignon, qui rapporte 83 %, de succès, la diélectrolyse au chlorure de calcium est la méthode de choix, à condition, dans

certains cas, de poursuivre longtemps le traitement.

D. — RŒNTGENTHÉRAPIE

La roentgenthérapie est une méthode tout à fait remarquable par son efficacité et la rapidité de son action.

Depuis longtemps, on s'était aperçu que des malades atteints de névralgie étaient parfois soulagés quand on les soumettait à des examens radiologiques fréquents ou prolongés.

Dès 1906, Béclère et Haret avaient signalé un certain nombre de guérisons de névralgies symptomatiques de tumeurs sensibles aux Rayons X sous linfluence de leur irradiation. On tenta le traitement par ces applications de névralgies du trijumeau : mais les guérisons furent relativement rares.

La radiothérapie était donc considérée comme assez peu favorable au traitement des névralgies, quand elle entra dans une phase tout à fait nouvelle à la suite des travaux et publications de Babinski et Delherm en France, Freund en Allemagne.

En octobre 1907, Delherm, sur les instigations de Babinski [4], soumit à la radiothérapie rachidienne un malade atteint de spondylose rhizomélique avec douleurs sur le trajet des deux sciatiques. Le résul-

tat fut aussi brillant qu'inattendu : dès les premières

LES, re

séances, la taille du malade se redressa, la marche devint possible ; au bout de 22 séances réparties sur une durée de 5 mois et correspondant à 25 unités H environ, les douleurs avaient complètement disparu.

Vers la même époque, Freund [45] publia dans la Wiener Klinische Wochenschrift l'observation d’une malade chez laquelle coexistaient un néoplasme du sein et une sciatique très violente rebelle à tous les traitements. Dans l’idée d’une métastase possible à la colonne vertébrale, cause de la sciatique, l’auteur établit à titre d’essai des applications radiothérapiques sur la région lombaire et, après la deuxième séance, il obtenait la disparition complète de la douleur. Il traita avec le même succès trois sciatiques dans les mois qui suivirent.

Si Haret eut des résultats médiocres chez une dizaine de malades, Laquerrière et Loubier [66|, Morat [76] confirmèrent le résultat des premiers auteurs. Zimmerun et Cottenot publièrent en 1912 huit observations de sciatiques guéries par la méthode rachi-

dienne; Dariaux [27] en cita quatorze autres dans sa thèse,

Enfin, la radiothérapie s’est employée de manière courante dans le traitement de la sciatique ; depuis la

guerre elle est devenue classique.

Mode d'action. — Ia roentgenthérapie ne possède par elle-même aucune action analgésique : elle agit avant tout sur le point de départ de l'irritation ner-

veuse et à cet égard peut être considérée comme un

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