III. — SÉQUELLES
Très souvent, la sciatique ne guérit pas rapidement. Les douleurs deviennent moins vives, les crises diminuent de nombre et d’intensité ; mais il persiste quelques troubles douloureux parfois très localisés et la marche provoque des sensations pénibles : ce sont les séquelles sensitives. Il faut d’ailleurs tenir compte dans certains cas d’un élément psychique surajouté (malades « persévérateurs »).
À côté de ces troubles habituels, il n’est pas rare de voir à la fin de l’évolution d’une sciatique s'établir une gêne fonctionnelle plus ou moins importante, sans rapport étroit avec les phénomènes douloureux. L'atrophie musculaire est marquée, l’hypotonie évidente : aussi la marche est-elle pénible et le malade s’épuise facilement. Dans cette forme particulière, véritable «forme sensitivo-motrice »(Delherm), il est très important de ne pas négliger les troubles trophiques et les troubles moteurs.
Les séquelles sensitives, qui prolongent souvent pendant plusieurs semaines l’évolution de la sciatique, peuvent être énergiquement traitées sans crainte d’exacerber les phénomènes douloureux. Aussi est-ce aux méthodes révuisives qu’on aura le plus volontiers
recours.
La haule fréquence révulsive est le procédé qui paraît donner les résultats les plus sûrs. Cette modalité des courants de haute tension, déjà ancienne et trop souvent ignorée, nous a donné dans les sciatiques trainantes une proportion très élevée de succès. L’électrode de Oudin et le « hérisson » permettent d'exercer une révulsion énergique et que l’on peut répéter sans crainte d’altérer les téguments.
Les rayons ullra-violels, en provoquant un érythème, assurent également une révulsion puissante bien propre à accélérer la guérison de ces sciatiques trainantes. Insistons encore sur la nécessité d’une application suffisamment prolongée pour déterminer une réaction intense, facteur essentiel du succès.
Les méthodes thermiques peuvent, si le malade est soulagé par la chaleur, exercer également un effet favorable et l’on pourra utiliser les infra-rouges et la diathermie qui, à cette phase, ne risque plus guère de provoquer une exacerbation de la douleur.
Les séquelles trophiques et motrices sont trop fréquemment négligées, surtout depuis la pratique souvent exclusive de la ræœntgenthérapie, qui agit seulement sur les phénomènes douloureux.
La gêne à la marche est persistante, le malade se plaint de faiblesse du membre inférieur ; parfois tous ces troubles s’aggravent même après une sciatique légère car il n’y a pas de rapport entre ces troubles moteurs et les phénomènes douloureux.
L'examen clinique révèle l’atrophie des muscles
fessiers et des muscles du mollet, l’hypotonie musculaire, l’exagération de la contraction idéo-musculaire et parfois même des secousses fibrillaires, signe d’atteinte plus sévère.
L'examen électrique est, dans ce cas, nécessaire pour établir le bilan des lésions et permettre d’établir un traitement rationnel. Ces troubles de réactions électriques ont été depuis longtemps mis en évidence par Babinski. Ils peuvent porter sur tous les muscles du nerfsciatique ou sur ceux de l’une de ses branches de bifurcation. Ils existent à tous les degrés, depuis la réaction de dégénérescence jusqu’à l’hypoexcitabilité simple. Les altérations légères peuvent être révélées par les pelils signes de Néri :
L’excitation par le courant faradique à interruptions rapides du sciatique poplité interne détermine du côté sain une contraction tétanisante des muscles du mollet, alors que du côté malade elle provoque des contractions nombreuses, fasciculées,en vagues et qui se succèdent sous forme d’ondulation : c'est la « danse des jumeaux ».
Un phénomène analogue peut être provoqué au niveau des muscles fessiers.
Enfin, l'excitation faradique de la plante du pied, au lieu de provoquer la flexion du gros orteil, peut déterminer son extension.
Au point de vue du traitement, si le malade présentant de l’atrophie et de la parésie souffre encore, il est indispensable de guérir tout d’abord les phéno-
mènes douloureux. La voltaïsalion est alors tout indi-
quée, non seulement comme sédatif de la douleur, mais aussi comme agent trophique du muscle et du nerf.
Dès que la douleur a disparu, on fait des applications de courant excilo-moteur que l’on choisit en se guidant sur les résultats de l’électro-diagnostic :
S'il y a hypo-excitabilité simple, on applique le courant faradique tétanisant rythmé. S'il y a réaction de dégénérescence partielle, on associe au courant continu quelques courtes applications de courant faradique. S'il y a réaction de dégénérescence complète on choisit les ondes alternatives à longues périodes de Laquerrière. Enfin, si cette réaction porte sur un muscle isolé, on pourra le traiter par les courants de Lapicque.
Ces traitements, joints à la mobilisation, donnent des résultats favorables et rapides, sauf dans les cas, rares 1l est vrai, de réaction de dégénérescence, où
la guérison est tardive et parfois incomplète.
Cellulo-sciatique.
C’est une variété très particulière étudiée en France par Alquier, Forestier et l’école lyonnaise (Pavio et Lagèze). Le malade ne souffre pas au repos, mais tout mouvement réveille la douleur, celle-ci étant liée à l’existence de nodosités dans le tissu cellulaire souscutané.
Le massage serait très efficace pour faire diminuer ou disparaître les éléments cellulalgiques.
La chaleur sous forme d’infra-rouges,de diathermie, donne également de bons résultats. Enfin, on a préconisé l'ionisation à l’iodure de potassium.
Myo-sciatique.
Cette forme répond surtout à une conception pathogénique.
Certains auteurs, avec le professeur Roger, pensent que, si elle n’est pas aussi fréquente qu’on l’a soutenu, elle ne mérite pas moins d’être individualisée comme une variété particulière de sciatique.
Là encore, le massage et les diverses modalités thermiques sont efficaces ; mais, l’ionisation à l’histamine nous paraît particulièrement indiquée, étant donné son action favorable si particulière sur toutes les myalgies.
Sciatiques secondaires.
Insistons encore sur la nécessité, avant d’entreprendre le traitément d’une sciatique, d’un éxamen clinique complet. Les caractères particuliers bien mis en évidence par Sicard, une investigation étiologique négative, serviront à caractériser la sciatique dite rhumatismale. C’est sur cette variété, de beaucoup la plus commune, qu’on pourra pratiquer avec profit les traitements électro-radiothérapiques.
Les sciatiques secondaires ont avant tout une grande
J. Bernard 8
valeur séméiologique : ces névralgies permettent souvent de dépister un mal de Pott, une tumeur médullaire ou un diabète et d'appliquer le traitement causal.
Cependant, quelques: sciatiques secondaires bénéficient dans une certaine mesure des méthodes physiothérapiques. |
C’est ainsi que, dans la sciatique observée chez les cancéreux, la rœntgenthérapie paraît le meilleur traitement palliatif. Cette sciatique relève souvent d’une métastase rachidienne, parfois d’une compression pelvienne par propagation ganglionnaire d’un cancer utérin. Souvent bilatérale, elle a comme caractère d’être effroyablement douloureuse. La rœntgenthérapie, sans pouvoir arrêter l'évolution fatale, soulage beaucoup ces malades et donne même, dans certains cas de métastases rachidiennes, une survie appréciable. On se servira toujours d’un rayonnement très pénétrant et très filtré, seul capable d’agir sur les éléments néoplasiques qui enserrent le nerf.
Dans le mal de Pott, le traitement orthopédique ou chirurgicalest certes le seul traitementefficace. Cependant, chez un malade atteint de mal de Pott dorsolombaire et lombaire, tuberculeux pulmonaire, refusant de se soumettre à l’immobilisation, nous avons obtenu par la rœntgenthérapie rachidienne une sédation franche des douleurs lombaires et sciatiques.
Enfin, si la sciatique liée à une compression par une tumeur pelvienne comporte des indications spéciales, certaines sciatiques d'ordre gynécologique
(scialiques « répercussives » de Cornil) sont améliorées par la diathermie, comme l’a montré Heitz -Boyer. C'est ainsi qu’au cours de traitements de salpingoovarite par la diathermie vaginale,nous avons observé la régression de douleurs irradiées à type sciatique.
Conclusions.
C’est l’examen clinique seul qui permet de poser les indications du traitement électro-radiologique de
la sciatique.
IT
Les modalités de ce traitement sont multiples et. dans l’ensemble, nous ont donné les résultats sui- .
vants :
a) Rœntgenthérapie :
Malades traités. 2 Let 297
GuÉrISONS PRE RE 193 65% AINÉLIOEA HONS PAPERS 65 29207 Échecs x: Tel Re ER SANTA ALGIANA ONE RENE 6 20e,
La rœntgenthérapie appliquée sur la colonne vertébrale, à l’origine du nerf, a une action complexe ; aussi doit-on lui réserver la dénomination purement topographique de rœntgenthérapie rachidienne. La rœntgenthérapie périphérique possède à elle seule une action incontestable ; associée à la méthode rachidienne,
elle en améliore les résultats dans une forte proportion.
Les doses moyennes et le rayonnement moyennement pénétrant constituent la technique de choix dans la plupart des cas.
b) Voltaïsalion avec ou sans ionisalion à l'azotate d’aco-
niline :
Malades traités... 100 CGHERISORS Een RENAN 44 44 % Améliorations... testée 38 38 % LEE TES GE ARMES TRANS SES 16 16% DÉSTAVANON MT en ne denses 2 2%
c) Les procédés révulsifs donnent des résultats intéressants ; la haule fréquence révulsive est parmi ces procédés l’un des meilleurs : appliquée chez 33 malades présentant des séquelles douloureuses, elle nous a donné :
CÉSAR Nr RS 99 01406 AMNÉNOTANONS ER AM en ce 6 18797 Etheca ins Sn ) 4592
L’'ionisation à l’histamine nous a donné également
d’'heureux résultats.
d) Les procédés thermiques sont contre-indiqués lorsque la chaleur exacerbe les douleurs : les infrarouges apportent une sédation trop souvent passagère ; la diathermie peut entraîner des aggravations. Les ondes courtes donneraient peut-être des résultats
plus favorables.
Les nombreuses modalités ne peuvent pas être classées par ordre d'efficacité : chacune d’entre elles comporte une indication particulière suivant la forme clinique et la phase évolutive de la sciatique en cause.
Sciatique rhumalismale :
19 A la période aiguë :
lumière bleue, lumière blanche et parfois
infra-rouges. | 20 A la période d'état, période ambulatoire : Dans les formes douloureuses avec crises ræntgenthérapie :
rachidienne dans la forme haute périphérique dans les formes moyennes et basses ; ou mieux associalion successive d’applicalion rachidienne et périphérique dans chacune de ces formes.
Dans les formes rebelles, traînantes, avec troubles trophiques, chez les malades souffrant d’une manière presque continue : ionisation à l’azolate d’aconitine.
Dans les formes légères, surtout dans les variétés basses : ultra-violets à dose érythéma-
leuse, haute fréquence révulsive, ionisation à l’hislamine.
3° A la période des séquelles :
S'il y a prédominance des troubles douloureux : méthode révulsive, en particulier haute fréquence révulsive.
S'il y a prédominance des troubles moteurs ou trophiques : vollaïsation et, dans certains cas : courant excito-moteur après électro-diagnostic.
Sciatiques secondaires :
Les indications du traitement électro-radiologique y sont très limitées, cependant la rœntgenthérapic est le meilleur traitement palliatif des sciatiques cancéreuses.
Le traitement électro-radiologique de la sciatique -est un des traitements majeurs de cette affection.
Vu : le Président de la thèse,
GOUGEROT.
Vu : le Doyen,